Monsieur le président, mes chers collègues,

Monsieur le vice-président Brumm je vais commencer par faire amende honorable envers vous. Lors de la commission finance j’ai dit que la PPI de Grigny était de zéro euro. Or il n’en est rien puisqu’aujourd’hui nous votons la somme de 720 000 € à la PPI de Grigny. 720 000 € c’est une somme importante, mais bon en 2019, c’est simplement 38 400€. Mais évidemment comme beaucoup d’habitants de la métropole, l’investissement dans les égouts ce n’est pas ce qui motive le plus. Alors on oublie facilement que la métropole investit. En fait à Grigny on oublie facilement que la métropole investit puisque la totalité de la PPI lancée sera dans les égouts et dans une station de relevage. 5 300 000 euros dans une station de relevage c’est important mais là encore ça ne fait pas rêver les gens.

Les habitants de la seconde couronne, de cette grande banlieue, on rêve d’une PPI qui investit dans l’avenir, une PPI qui se voit, une PPI qui améliore le cadre de vie, une PPI qui offre de nouveaux espaces à vivre, une PPI qui améliore les déplacements. A Grigny, comme dans beaucoup de villes on imagine une PPi qui transforme la ville, comme la Part-Dieu, comme la confluence ou encore à Gerland. Que nenni une grande partie des investissements seront dans les égouts. Une autre partie sera dans le déficit d’une Zac de Chantelot, dans le déficit de cette zone que personne ne veut car les comptes de nos prédécesseurs sont tellement opaques.

Mais Grigny n’étant pas le centre de la métropole pour la plupart d’entre vous, je vais essayer d’avancer sur la PPI de la métropole. En 2015 vous nous avez dit Monsieur le vice-président Brumm, que nous allions investir 3,2 milliard en cinq ans. Le chiffre est important. La liste est belle. La mariée semble bien dotée. Tout est fait pour que nous puissions rêver, mais dans les faits ou en sommes-nous? Vous nous dites : «  à la fin du mandat 85 % de la PPI sera fait ». Le chiffre est beau. Mais la question qui seront les dossiers des 15 % qui ne seront pas faits ? Pour certains dossiers de cette liste, nous aurons de bonnes raisons, des chantiers qui prennent du retard avec des intempéries et des gilets jaunes qui freinent les camions. Mais pouvons-nous avoir enfin une vraie liste, indicée en euros sur cette fameuse PPI. Les sommes pour les autorisations de programme, qui nous donneraient ces 3,2 milliards et les crédits de paiement pour les années 2018 et 2019. Ce que nous donnons dans tous nos conseils municipaux, pourrions-nous les avoir pour la Métropole !! Aujourd’hui rien n’est disponible de votre part, c’est inadmissible. Nous voulons le rapport d’application de la mise en œuvre de la PPI !!

Mais la question la plus prégnante est : Comment faire 85 % sachant que cette année sur les 650 millions d’euros prévu sur 2018, seuls 451 sont mandatés. On peut estimer que d’ici la fin de l’année avec une petite extrapolation qu’on arrivera à 500 millions d’euros. Mais nous ne sommes pas à 650. Le compte n’est pas là. Cela signifie que seuls 75 % seront faits en 2018. Sur cette première année où la PPI devait arriver à son rythme de croisière nous sommes-en deçà et largement en-deçà de ce qui était prévu. On peut imaginer que l’an prochain et l’année suivante seront du même acabit, alors Monsieur le vice-président Brumm et Monsieur le président comment ferons-nous pour tenir le cap de ces 3,2 milliards qui sont inscrits à la PPI. Comment ferons pour que cette métropole qui se voulait vertueuse, ne se transforme pas en une collectivité classique de fonctionnement qui ne pourrait finalement dégager que de l’ordre 15 % de son budget pour l’investissement d’avenir. Est-ce déjà le chant du cygne pour la Métropole ? Finalement au bout de trois ans les faits montrent ce que nous dénoncions depuis le début : la métropole n’est plus une collectivité d’investissement mais simplement une collectivité comme les autres.

Finalement à l’issue de ce mandat, ne sommes-nous pas au sein de la métropole de Lyon, sur un nouveau paradigme, celui de la fin des communes ? Privée de représentant à la métropole. Privée de moyens en investissement par une PPI qui est avant tout Only Lyon. Privée de l’aide à l’investissement qui existait auparavant au département du Rhône qui permettait à chaque collectivité d’investir dans ses écoles, dans ses gymnases, dans ces bâtiments de service public de proximité. Oui la métropole investit dans ses champs de compétences, la voirie, la voirie, le développement économique si c’est sur Lyon, pas trop dans l’évolution de la réduction des déchets pas, trop dans les mobilités extérieures à Lyon. Tous les choix sont des choix qui sont faits par l’exécutif, souvent centré sur les choix Lyonno-Lyonnais. Que reste-t-il aux 58 maires de cette métropole ? Ceux de la première et de la deuxième couronne ? En 2020 pour beaucoup, ils ne seront ni représentés, ni en capacité d’investir. Ils deviendront des maires d’arrondissement métropolitain, avec bien peu de pouvoir et bien peu de marge de manœuvre. Monsieur le président il vous reste deux ans pour démontrer que vous voulez changer la gouvernance , changer les paradigmes pour que nous soyons encore en capacité sur cette métropole d’avoir des maires responsables, d’avoir des maires bâtisseurs, d’avoir des maires représentatifs, et en cette période de crise institutionnelle où les maires ont encore une certaine aura auprès de leur population il serait déplorable qu’il n’existe plus aucun lien entre les gilets jaunes et le haut de l’État. La balle est dans votre camp, à vous de savoir la saisir et redonner à ce Grand Lyon ces lettres de noblesse, celle de l’investissement d’avenir.

Xavier ODO – Investissement, on en est-où ?