Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Il est facile de constater que pour communiquer en matière de développement industriel vous avez l’art et la manière. Dans le numéro de février du magazine des agents de la Métropole, le dossier était consacré à « La Métropole de Lyon, capitale de l’industrie du futur », dans lequel il est écrit que l’un des 4 axes qui concourent à la réalisation de cette stratégie consiste à « créer, maintenir et développer de nouveaux espaces industriels ».

La semaine dernière encore nous avons pris la peine de vous écouter lors de la 30e édition du MIPIM, pour présenter les clés du développement économique d’une métropole de talents.

Force est de constater que le train-train de la communication fonctionne quand la politique de développement industriel, elle, déraille.

Je pourrai bien évidemment vous rappeler que, dans la petite ville de Grigny, le départ de Five, entreprise de recherche, 160 salariés, dont 80% d’ingénieurs. Elle est partie sur une zone d’activité développée par la SERL sur Vienne Agglo … Mes efforts et mes propositions depuis 3 ans n’ont pas suffit. Je vous parlais de train-train de la communication, force est de constater que le dialogue n’est pas parfait entre la Métropole et la SNCF réseau. Car à Grigny nous n’avons pas avancé d’une traverse de chemin de fer sur la possibilité de développer une activité industrielle, voire industrielle et universitaire sur la gare de triage de Badan, vide de toute activité sur près de 35 ha. Je me dis que Grigny est le cadet des soucis de la Métropole.

Mais dans le même temps nous apprenions que la société SAFRAN, employant 91000 salariés et présente au niveau international dans les domaines de l’aéronautique, de l’espace et de la défense, ne parvenait pas à investir 230 millions d’euros sur la Métropole pour créer une usine de production de disques de freins en carbone.

Au point que le Directeur général a exprimé son exaspération en ces termes : « Ce n’est pas facile d’ouvrir une usine en France, il faut vraiment en avoir envie. La solution de facilité serait d’investir à l’étranger, où on me proposerait des aides et où je serais accueilli à bras ouverts. Rien n’est fait pour aider l’industriel à investir en France. Et je ne peux pas vous confirmer qu’on y arrivera ».

Dont acte puisque le groupe a ouvert dernièrement deux usines, aux Etats-Unis et en Malaisie et que celle sur la Métropole ne l’est toujours pas.

Monsieur le Président, entre vos grands discours et la réalité de terrain il y a une différence réelle qui est préjudiciable à la Métropole et à ses habitants.

Il existe des blocages liés à l’acquisition des terrains et à l’aménagement urbain, donc de la responsabilité de la Métropole. Vous avez proposé tardivement une solution de terrain à prix réduit. Mais comment est-il possible qu’un tel dossier soit bloqué depuis plus de 3 ans ?

Et si on veut bien croire que tous les blocages ne dépendent pas de la Métropole, comment se fait-il que face à un projet d’une telle envergure, l’accompagnement de l’ADERLY ne soit pas plus efficient ?

En tout cas, cela semble assez grave pour que Bruno Le Maire, ministre de l’Economie prenne en charge personnellement le dossier à croire que entre le Président de la Métropole, les 9 élus qui se partagent la compétence économie au sein de votre exécutif, vous n’étiez pas assez nombreux pour prendre ce dossier à bras le corps.

Dans cette multitude d’acteurs, de dysfonctionnements et d’inefficacité, il ne manque plus que l’intervention de Gérard Collomb qui a eu lui aussi à traiter ce dossier en qualité d’ancien président de la Métropole !

Monsieur le Président, quand on se vante d’être une Métropole attractive on s’en donne les moyens techniques et politiques, en tout état de cause, ce n’est pas encore le cas à Lyon !

Xavier ODO – Attractivité économique