Véronique Sarselli est intervenue en Conseil de la Métropole du 9 juillet 2018 sur l’aqueduc du Gier

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Ce rapport de PPI concerne l’avenue de Limburg dans le quartier de la Gravière, artère sud d’entrée de ville à Sainte-Foy-lès-Lyon.
Cette avenue est reliée à un axe majeur de l’ouest lyonnais, la route départementale 342, axe de transit pour les habitants d’Oullins, de Sainte Foy- lès-Lyon, Francheville, Tassin, Brignais, Chaponost et au-delà.

Les travaux actuels (et ceux d’ores et déjà programmés) de requalification de la route départementale 342 en boulevard urbain ne pouvaient s’envisager sans intervention sur la voirie au niveau de l’avenue de Limburg. C’est bien la sécurisation de tous les déplacements qui est ici en jeu, notamment par la création de trottoirs aux normes et cheminements piétons, l’aménagement d’itinéraires cyclables, le recalibrage de la voirie, et le maintien d’une offre de stationnement.

Pour Sainte-Foy-lès-Lyon, et j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’enjeu est de taille : c’est le nouveau visage de l’entrée sud de la commune qui se dessine.

Il prendra forme avec le réaménagement des berges de l’Yzeron, la requalification de ces voiries, mais également la valorisation et la restauration de l’aqueduc romain du Gier, site remarquable et patrimoine exceptionnel qui vient d’être sélectionné par la mission Bern comme l’un des 18 sites emblématiques du Loto du patrimoine, le seul de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

L’aqueduc romain du Gier est le plus long et le plus monumental des aqueducs qui desservaient en eau la colonie romaine de Lugdunum. Depuis le sud de Saint-Chamond, son tracé long de 85 kilomètres pour un dénivelé de 110 mètres lui permettait d’amener l’eau jusqu’à la colline de Fourvière. Il représente un témoignage extraordinaire des capacités techniques des romains. Le pont siphon de Beaunant, situé sur la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, classé monument historique en 1875 en constitue un ouvrage majeur.
Il permettait à l’aqueduc de franchir une vallée de 2,6 km de largeur et 140 mètres de profondeur.

Nous avons le devoir de sauver notre patrimoine. A Sainte-Foy, c’est ce que nous nous employons à faire. Les travaux de restauration programmés débuteront dès cette fin d’année pour une durée prévisionnelle de 4 ans. Ils seront consacrés à la restauration et la mise en valeur des arches 1 à 29. Un itinéraire touristique empruntant le linéaire de l’aqueduc, reliant Fourvière aux sources du Gier, avec bornes interactives sur site et signalétique dédiée, est actuellement en préparation.

La sélection de l’aqueduc romain du Gier par la Mission Bern parmi plus de 2000 dossiers, en dit long sur la richesse de ce passé romain alors que vous-même Monsieur le Président, n’en avez perçu ni la portée patrimoniale ou touristique, ni même vu l’intérêt pour la Métropole !

Madame la vice-Présidente déléguée à la culture, vous l’avez qualifié de « patrimoine exceptionnel » dans votre préface du magnifique ouvrage MÉMOIRE D’EAU, l’Aqueduc Romain du Gier édité par le Musée Lugdunum Musées et théâtres Romains. Malgré cela, vous n’avez jamais accompagné les communes/ notre commune dans sa préservation et sa sauvegarde.

Alors que Paris se mobilise pour l’Aqueduc à travers la mission Bern, mission diligentée par la Présidence de la République, qu’avez-vous prévu de faire pour ce patrimoine exceptionnel ? Ce loto sera-t-il l’élément déclencheur pour que la Métropole se saisisse enfin de cette priorité ?

Nous souhaitons donc que la Métropole participe à la sauvegarde de ce patrimoine métropolitain et nous accompagne dans le projet de valorisation de l’Aqueduc, notamment à travers notre projet touristique. Aujourd’hui, nous souhaitons connaître vos engagements pour ce patrimoine et nous attendons une réponse concrète et favorable de votre part.

Je vous remercie.

Véronique SARSELLI – Aqueduc du Gier