Merci, monsieur le Président. Monsieur le Président, mesdames et messieurs, mes chers collègues, notre groupe votera ce rapport. Nous sommes en effet favorables à l’attribution de la subvention de fonctionnement de 75 000 € au profit de l’association Uni-Est dans le cadre de la plateforme mobilité emploi insertion pour l’année 2016, comme nous avons été favorables à l’ensemble des subventions au sujet de l’insertion.

L’attribution n’est pas contestable sur le fond car, en effet, comme le montrent différentes études et notamment celle de l’Agence d’urbanisme, la mobilité est une condition majeure pour accéder au travail. Etre mobile est un impératif en matière de parcours professionnel, un impératif difficile pour les personnes les plus fragiles qui voient là un frein important à leur insertion dans le monde du travail.

C’est donc pour lever ces freins et développer les actions de mobilité sur le territoire de l’agglomération lyonnaise que la plateforme mobilité emploi insertion a été mise en œuvre en 2009. Une pluralité d’actions est proposée : aides financières, favoriser l’accès à des moyens de transports, développer l’accès à l’information, entre autres.

Je souhaite cependant que ce rapport nous donne l’opportunité d’évoquer notre réflexion sur la politique métropolitaine en matière d’insertion et d’emploi.

Vous connaissez tous la situation du PLIE Uni-Est, structure associative née de la volonté des Communes, qui a connu, début 2016, des difficultés financières en partie dues aux nouvelles règles instaurées par l’Europe, ce qui a entraîné d’importants décalages de trésorerie et qui, par ailleurs -il faut aussi bien le dire-, a traversé des soucis importants de management et de choix non anticipés. Ces difficultés ont largement fragilisé voire menacé son existence. Les Maires des Communes membres du PLIE Uni-Est ont assuré un front commun et ont su faire preuve de réactivité et de créativité pour sortir de l’impasse. Je me suis personnellement toujours impliqué, avec quelques autres, dans l’adaptation de cette structure dont l’existence doit perdurer, de manière allégée bien évidemment, au moins pour 2017.

Nous entrons dans une année charnière au cours de laquelle il faudra aboutir sur la mise en place du dispositif d’insertion métropolitaine, sur lequel nous travaillons avec notre Premier Vice-Président David Kimelfeld et notre Conseillère déléguée Fouziya Bouzerda.

Reprenant la compétence, la Métropole sera, dès janvier 2017, le chef de file de la politique de l’emploi et de l’insertion sur le territoire, devenant le gestionnaire du fonds social européen (FSE) sur le territoire. Il appartiendra à l’exécutif de répondre aux problématiques de tous les publics, et pas seulement celui relevant du dispositif RSA, en menant une réflexion sur l’accompagnement des publics demandeurs d’emploi qui ne trouvent pas de réponse à travers Pôle emploi. Il faudra mettre à profit l’expertise locale, celle des structures partenaires et le travail partenarial Villes-Métropole devra se poursuivre.

J’attire votre attention sur le fait que les Communes souhaitent conserver une porte d’entrée pour leurs habitants sur le champ de l’emploi et de l’insertion.

Comme l’association Uni-est, d’autres structures d’insertion et de soutien à l’emploi sont menacées, alors même que notre combat commun contre l’exclusion du monde du travail nous demande des efforts toujours plus soutenus. Je pense à l’IFRA (Institut de formation Rhône-Alpes) mais aussi aux missions locales et à tout le tissu associatif. Les missions locales, en effet, sont malmenées par la mise en place du nouveau dispositif “garantie jeune” qui nécessite la mobilisation de moyens financiers et humains importants, obérant les autres actions. Point de vigilance sur ces structures fragilisées avec un équilibre financier précaire mais dont les bénéficiaires locaux ne sauraient se passer. Les Communes sont déjà sollicitées financièrement.

Nous savons pertinemment que l’effort de formation conduit, s’il peut répondre ici ou là à ces demandes, ne permettra pas globalement une mise à l’emploi. L’objectif est plus large ; diplôme ou non, jeune ou senior, le chômage porte atteinte à de nombreux équilibres, les publics les plus éloignés de l’emploi paient le prix fort. Que les changements institutionnels ne soient pas sources de désillusion ou d’abandon.

Je vous remercie, monsieur le Président, et compte sur votre appui sur un sujet qui ne peut laisser personne indifférent tant il est au cœur de nos préoccupations quotidiennes.

Uni-Est