Le Président de la Métropole a, par des propos malheureux, créé une polémique sur le niveau de ses propres indemnités. Déclarant faussement percevoir un montant de 4 000 € mensuels, alors que son montant d’indemnité est plafonné à 8 272,02 €, il a expliqué avoir subi une baisse partielle pour ses absences constatées au Sénat et de s’en plaindre puisque cela lui ferait vivre « un vrai cauchemar ».

Ces propos sont choquants :

– Ils laissent à penser que les élus sont au-dessus des règlements de leur propre institution.
Puisque si Gérard COLLOMB reconnaît ses absences au Sénat, il en conteste la sanction
pourtant justifiée par son comportement.

– Ils démontrent, ce que tout le monde peut constater au quotidien, qu’il n’est pas en capacité d’assurer l’ensemble de ces mandats et fonctions mais que de par sa volonté de concentrer le pouvoir, il refuse d’envisager de remettre en jeu ses mandats.

– Ils donnent des arguments au populisme et à l’anti-parlementarisme dont le principal enjeu est de décrédibiliser les élus pour favoriser un vote extrémiste. Ils démontrent l’éloignement du Président de la Métropole de la situation réelle des français et son incapacité prendre en compte les difficultés sociales et économiques que partagent nombreux des grands lyonnais. En cela, Gérard COLLOMB jette l’opprobre sur l’ensemble des élus municipaux dont l’engagement et l’investissement sont la défense de l’intérêt général des citoyens métropolitains.

Toutefois, ces propos ne sont que la poursuite de l’aveuglement dont le Président de la Métropole fait preuve dans la gestion des indemnités des élus.

Dès la création de la métropole, Gérard COLLOMB a fait voter une augmentation de 86% des indemnités des membres de la Commission permanente dont il a réservé la composition aux membres de son propre exécutif. Alors qu’un conseiller métropolitain perçoit une indemnité de 1 311,51 € bruts mensuels, les membres de la majorité qui siègent à la commission permanente perçoivent une indemnité de 2 444,34 € bruts.

Plus que cela, il a décidé que cette indemnité n’était plus liée au travail des élus mais seulement à leur fidélité, bref à leur « Collombophilie ». C’est ainsi que Gilles VESCO qui n’exerce plus aucune délégation continue à percevoir l’indemnité maximale de membre de la Commission permanente.

Alors que Gérard COLLOMB se vante d’avoir réalisé 1 million d’euros d’économie sur les indemnités des élus par la création de la Métropole de Lyon, les chiffres des comptes administratifs lui donnent tort. Les montants des indemnités, cotisations retraites et sécurités sociales pour l’ensemble des élus de la Métropole sont les suivants :
2014 : 3 296 405 €
2015 : 4 290 193 €

S’il y a bien eu une baisse des indemnités, ce n’est pas à la métropole de Lyon, mais du côté du Département du Rhône :
2014 : 2 819 775 €
2015 : 976 033 €

Gérard COLLOMB considère que ses « faibles revenus » ne lui permettront plus d’exercer convenablement ses mandats et que de ce fait, le Sénat serait alors composé « des mauvais, des apparatchiks de partis et des retraités ».
Au regard des propos de ce retraité de l’Éducation nationale, qui a fait carrière dans le sillage du Parti Socialiste qu’il dénonce bien tardivement au nom de ses ambitions politiques personnelles, on peut penser que ses propos s’appliquent à lui-même !

Un Sénateur-Maire et Président de la métropole de Lyon ne devrait pas dire ça…