Monsieur le Président, chers collègues, c’est toujours difficile quand on intervient le dernier parce que tout a été dit mais il y a au moins des points sur lesquels nous sommes d’accord, c’est la distance des travaux, le nombre d’arrêts et l’objectif attendu. Donc je ne vais pas tout reprendre, cela évitera de réentendre tout cela.

Je profite tout de même de ce sujet touchant la ligne C3 pour faire une dernière intervention avant le début des travaux qui vont commencer dans quelques mois. Comme vous le savez sans doute, je me suis tout de suite intéressé à ce projet, tout d’abord parce qu’il impactait fortement le sixième arrondissement et que je trouvais opportun de modifier cette ligne de transport en commun qui ne correspondait plus -comme vous l’avez tous dit aux déplacements de tous les usagers, aux 55 000 voyageurs par jour.

Pour faire court et simple, j’ai un peu raturé, coupé, pour que ce ne soit pas trop long, vous m’excuserez s’il y a quelques erreurs.

Après plusieurs réunions de concertation, j’ai vite compris que ce projet était un peu bouclé et qu’on n’avait pas étudié, éventuellement, d’autres solutions, peut-être faire que la moitié du parcours et donc que ce projet n’avait pas été aménagé avec d’autres solutions et que, dans tous les cas, il ne serait pas à la hauteur de l’enjeu.

A l’issue de l’enquête publique, le commissaire-enquêteur a rendu son rapport, fin juillet, dont j’ai retenu deux conclusions principales : il faut lancer le projet proposé mais vite et il faudra rapidement réfléchir à une autre solution -il faut lire le rapport- car la pérennité de ce projet n’est pas assurée à moyen terme, eu égard au développement du nombre de voyageurs qui vont être concernés par cette ligne.

De cette conclusion, il m’est venu très rapidement une expression un peu familière mais peu pragmatique : “Faire et défaire, c’est toujours travailler !” Oui, mais à quel coût, pour quel objectif et avec quel impact ?

Le coût a été annoncé, 55 M€ HT, sachant que c’est beaucoup ou pas beaucoup : c’est peu si, dans un projet structurant, tout cela permet d’améliorer fortement la ligne, sachant que, pour un chantier de cette nature, nous ne sommes pas à l’abri de quelques surprises ou aménagements complémentaires et on sait déjà qu’il va y avoir un traitement du sol à faire assez rapidement ; est-ce prévu ou pas ? Enfin, en tous les cas, voilà 55 M€, c’est le début.

Pour quel objectif ? Le gain espéré de 10 minutes -oui c’est bien le gain espéré- sur l’ensemble du parcours soit, pour le passager qui cabote -cela a été dit par tout le monde- et c’est le gros de la population qui circule, c’est 2 à 3 minutes.

Pour quels impacts, en dehors des perturbations classiques pour ce type de travaux (circulation sur les axes coupant les zones de travaux, baisse d’activité des commerces, nuisances pour les habitants, problèmes de trafic classiques) ; on fait des travaux, il y a des impacts immédiats. Alors, quelques exemples d’impacts un peu plus conséquents : on va avoir une réduction des espaces piétonniers et trottoirs alors que 40 % des déplacements sont piétons. L’importance de la suppression du stationnement : on parle de plus de 400 places ; je sais qu’aujourd’hui, la ville sera de moins en moins avec des voitures -on est tous d’accord- et de plus en plus électrique. Il n’empêche qu’aujourd’hui, sur l’ensemble du parcours, et notamment là où l’activité commerciale sur le cours Lafayette est très présente, la suppression des six arrêts de bus augmente le temps de marche des piétons puisqu’ils doivent aller plus loin ; notamment, on a parlé de l’arrêt Sainte Geneviève -je pense qu’il y a peut-être une petite négociation à faire sur ce sujet- qui dessert un quartier important et, à terme, les logements et activités qui trouveront leur place dans le projet des anciennes blanchisseries des HCL, qui est un projet important pour la Ville de Lyon et important notamment pour ce secteur Bellecombe qui a besoin d’être dynamisé.

Cela n’a pas été dit, on aura la coupure définitive du boulevard des Brotteaux, on verra comment cela se passe et, surtout, c’est le dossier du jour, c’est le traitement : il n’y a pas de traitement paysager ou urbanistique remarquable pour le cours Lafayette. C’est une artère structurante de la ville. D’ailleurs, sur ce point précis, je dis bien “sur ce point précis”, notre groupe votera contre cette résolution.

Après avoir commencé par “Faire et défaire, c’est toujours travailler !”, je conclurai par “Maintenant, il faut tout faire pour intégrer au mieux cet aménagement”. J’ai eu un rendez-vous avec madame la Présidente du SYTRAL. Cela s’est bien passé, j’ai senti qu’elle arrivait et qu’elle était favorable aussi à mieux intégrer les travaux dans tout cela. Comment ? En étant très attentifs pour prévoir et améliorer les effets collatéraux de ce projet, notamment sur les informations régulières à apporter aux riverains et aux commerçants.

J’avais cru comprendre aussi -et j’ai modifié un petit peu mon intervention- qu’une étude serait lancée au cours de ce mandat sur l’option tramway, pour faire face, selon les chiffres du SYTRAL, à une augmentation de la fréquentation. Si j’ai bien entendu le Maire de Villeurbanne et le groupe Socialiste et républicains métropolitains, a priori, déjà ce projet est enterré. Je propose juste qu’on fasse l’économie de l’étude.

Je vous remercie.

Un double site propre pour la ligne C3 : une solution pas à la hauteur
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