Retrouvez l’intervention de Michel Rantonnet
  • (seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Nous avons voté encore une salve de subventions pour des associations œuvrant pour l’amélioration de la qualité du tri sur le territoire de la Métropole. Je ne critiquerai pas le travail de ces associations, des salariés et bénévoles qui y travaillent car je suis certain que leur engagement est louable et que leurs intentions sont de mieux agir et faire agir en faveur du développement durable. C’est plutôt sur la pertinence des financements métropolitains en faveur de la politique de tri qu’il convient de s’interroger. Depuis plusieurs années nous contestons votre méthode empirique qui consiste à chaque fois qu’une nouvelle idée émerge de « mettre au pot », soit pour voir, soit pour tenter, soit pour palier à une incapacité de l’action publique. Cette situation démontre une absence totale de réflexion sur la manière d’organiser la politique de prévention du tri sélectif. Or, votre carence a un impact financier et écologique majeur. Les chiffres sont malheureusement consternants. Les refus de tri sont passés de 30,2% en 2016 à 35,8 % en 2018. Ce sont 2 838 tonnes qui ont dû trouver une autre forme de gestion que le recyclage. Alors on enterre, on brûle car on ne se donne pas les moyens d’avoir une vraie ambition pour le tri dans la 2e métropole de France. Sur ce sujet du tri, l’argent public transféré à une association masque mal votre inertie à mettre en place un mode opératoire de traitement amont/aval. L’évolution de ce 1er janvier est flagrante de votre incapacité à mettre en œuvre une politique de tri. Depuis le 1er janvier 2020, le bac de tri des grands Lyonnais accueille tous les emballages en plastique en plus des emballages en carton, papier et métal déjà acceptés. Encore un effet d’annonce pour dire que vous anticipez sur une obligation qui s’imposera en 2022. Cela devrait représenter 10 500 tonnes de plus sur un tonnage 2018 évalué à 38 760. Autant dire que c’est un changement majeur des conditions de traitement. Et bien, dans nos communes, ni la contenance des bacs, ni les conditions de ramassage n’ont été adaptées pour se mettre en conformité avec cette nouvelle pratique. Au 20 janvier, nous sommes toujours sans nouvelle d’une évolution de l’organisation et que dire de nos concitoyens qui ont découvert cela sans trop comprendre quand d’ailleurs ils en ont été informés. Ce n’est pourtant pas les moyens financiers qui manquent puisque comme l’a encore une fois relevé le tribunal administratif en condamnant la Métropole, vous utilisez les recettes de la taxe sur les ordures ménagères pour payer le train de vie de la collectivité sans rapport avec la gestion des déchets. Remarquez, comme cela se fait avec le vote bienveillant des élus Europe écologie les Verts au moins cela vous donne au moins bonne conscience ! Pour notre part, Monsieur le Président, nous ne pouvons pas nous contenter de votre bonne conscience, nous souhaiterions plutôt des actions concrète et efficaces.
Tri des déchets