Christophe Quiniou

Christophe QUINIOU
Conseiller municipal de Meyzieu
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président. Chers collègues, le développement durable est né étymologiquement il y a un peu plus de 25 ans. Il fait désormais parti de notre vocabulaire quotidien. Si l’on interroge un Grand Lyonnais, cette thématique sera assurément une des 3 qu’il juge essentielle de développer dans les orientations politiques de la Métropole.

Prendre en compte l’impact de ses actions pour les générations futures : cela semble évidemment mais encore fallait-il formaliser non seulement des actions mais également les outils d’évaluation nécessaires à toute amélioration. En effet, on n’améliore que ce que l’on mesure, cela est bien connu. Le rapport du développement durable de cette année, claire et méthodique, transcrit bien la volonté générale de l’institution tant au niveau technique que politique d’agir dans le respect de la logique d’un développement soutenable.

Monsieur le Président, je pourrais m’arrêter là, dans l’autocongratulation quasi générale, cependant … Si les objectifs sont partagés par tous, la mise en oeuvre peut parfois diverger entre nous.

J’évoquerai plus particulièrement la politique des transports qui fait partie des thématiques délicates car quotidiennes, universelles et d’impact immédiat pour les habitants.

Les choix de nos politiques de transports ont comme objectifs de limiter les différentes pollutions induites par ce secteur, qu’elles soient locales ou globales. Cependant les choix effectués ne sont pas tous pris à la bonne échelle.

Pour faire simple, le Grand Lyon a établi un plan de déplacement urbain, à l’échelle d’un territoire qui n’est pas qu’urbain, et c’est bien là le problème. Les solutions compatibles avec la ville centre ou la 1ère couronne, ne peuvent s’étendre dans les zones plus éloignées ou les contraintes sont différentes et les
solutions à adapter.

Je souhaiterai aujourd’hui évoquer la nouvelle politique des parkings-relais du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (SYTRAL). A savoir, pour éviter une utilisation des parkings-relais par des personnes n’utilisant pas le réseau TCL, un service premium a été imaginé, c’est-à-dire un parking-relais avec abonnement à 20 € par mois. Cette solution, adaptée pour la gare d’Oullins par exemple, a été déclinée à Meyzieu à un parking perdu au milieu des champs. Je vous fais un petit historique.

Depuis l’ouverture de la ligne T3, le succès est au rendez-vous, les trams sont bondés, il a même fallu acheter des rames plus grandes, les parkings-relais sont saturés. Ce sont plusieurs centaines de véhicules qui stationnent dans les champs, sur les trottoirs et autres aménagements tout autour de la gare. Depuis 5 ans, la Ville de Meyzieu demande l’agrandissement du parking-relais pour en doubler la capacité afin d’avoir une offre de 1 000 places au minimum. A la faveur de la réalisation des parkings pour le Grand Stade, un nouveau parking-relais de 500 places a finalement été réalisé.

Tout le monde aurait pu être satisfait mais, à la surprise générale, tant des équipes municipales que des équipes communautaires, une décision unilatérale du SYTRAL a rendu l’ancien parking payant. La situation actuelle est donc : un parking vide de 500 places, entouré de 500 voitures garées dans la boue ou sur
les espaces de circulations. Nous avons maintes fois demandé au SYTRAL de revenir sur l’inadaptation de ce choix pour cette zone. A chaque fois la réponse est négative, le SYTRAL allant, la semaine dernière, jusqu’à demander à la commune de faire intervenir sa police municipale pour verbaliser et contraindre ainsi les utilisateurs à acheter un abonnement.

La justification invoquée par le Président du SYTRAL est la suivante : les personnes du Nord-Isère qui sont les principaux utilisateurs de ce parking ne payent pas d’impôts au Grand Lyon, nous n’avons donc pas à faire des investissements à leur profit. Cette vision, autant braquée qu’étriquée oublie que toutes ces personnes qui utilisent le réseau TCL sont autant de voiture en moins dans les rues de Lyon, limitant ainsi la pollution et les coûts induits pour la ville. De plus, tous ces utilisateurs, en travaillant dans les entreprises du Grand Lyon, concourent au financement du SYTRAL par le versement transport. Nos politiques de déplacements ne peuvent se limiter aux frontières de la Métropole, on l’a compris dans le domaine routier, il serait temps de l’intégrer pour les transports en commun.

Je vous demande, monsieur le Président, de faire entendre raison à votre protégé pour que la logique soit le maître mot dans ce dossier, qui risque de rapidement dégénérer dans les semaines à venir si nous ne faisons rien, tant l’exaspération des utilisateurs grandit chaque jour. Je n’ai pas le temps d’aborder la question des parkings-relais vélos, qui sur la gare de Meyzieu sont en travaux depuis bientôt 2 ans, et qui vont bientôt mettre plus de temps à être mis en oeuvre qu’un grand stade. Sans doute, une question de priorité.

Au delà de cet exemple, il s’agit de bien prendre conscience du décalage actuel qui existe entre les ambitions de notre future Métropole en termes de développement durable et la réalité du quotidien, telles que les contraintes économiques, temporelles et familiales, réalité qui limite les actions nécessaires d’une
politique véritablement durable.

Je vous remercie.

Une étrange politique en matière de parc-relais