Monsieur le Président, chers collègues, l’association Air Rhône-Alpes surveille notre air, une ressource commune irremplaçable. Dès la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie en 1996, la loi LAURE, l’indépendance de la mesure de la qualité de l’air a été posée et résolue par la mise en place des structures multi-financées que sont les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air.

L’équilibre financier d’Air Rhône-Alpes est l’assurance de son indépendance. Les trois financeurs sont l’Etat, les collectivités territoriales et les industriels. Cependant, aujourd’hui, l’Etat réduit son financement. Concernant les collectivités territoriales, avec la prise de compétence qualité de l’air de la Métropole, un certain nombre de Communes reconsidèrent leur participation à Air Rhône-Alpes, estimant, à juste titre, que si la Métropole finance le réseau de surveillance, une participation de la Commune fait doublon, diminuant d’autant le budget d’Air Rhône-Alpes.

Il faut rester vigilant à ce que les principaux financeurs ne soient pas finalement que les industriels. Sachant que, maintenant, les plus gros pollueurs sont les automobilistes, ne faudrait-il pas que ces derniers soient associés au financement d’Air Rhône-Alpes ? Cette surveillance permet aujourd’hui de constater que nos centres urbains sont soumis à une pollution trop importante pour les habitants, avec des impacts sanitaires de plus en plus notables.

A l’échelle européenne, ce sont plus de 200 Low Emission Zones qui sont désormais mises en place pour lutter le plus possible contre les dépassements de seuils réglementaires. Paris est en train de mettre les bouchées doubles pour trouver des solutions efficaces et innovantes pour le bien du plus grand nombre et réduire ses pics de pollution ; à Lyon, pour l’instant, on ne voit rien venir.

Monsieur le Président, alors que, tous services confondus, ce sont plusieurs dizaines d’équivalents temps plein qui travaillent sur la surveillance de la qualité de notre eau potable, la Métropole n’alloue à la qualité de l’air pas plus de trois personnes. Et malheureusement, pour l’air, il n’y a pas de bouteilles d’air pur disponibles en grande surface pour parer à d’éventuelles pollutions, contrairement à l’eau. Ce vendredi, le 25 septembre, c’est la Journée nationale de la qualité de l’air. Qu’a prévu le Grand Lyon ? Pas grand-chose !

Monsieur le Président, il est urgent que vous considériez enfin l’air comme une priorité de l’action métropolitaine. Avec la récente loi sur la transition énergétique, l’évolution de notre plan climat en plan air climat doit rapidement aboutir afin que les orientations de la Métropole soient lisibles de tous.

Nous sommes en septembre et les dépassements de seuils de moyenne annuelle pour 2015 sont désormais inévitables vu les concentrations mesurées jusqu’à maintenant. Je ne reviendrai pas sur ce que notre collègue Hémon a évoqué quant au risque financier lié au non-respect des seuils de pollution atmosphérique dans l’agglomération. Concernant le contentieux avec l’Europe, la France est à l’étape de la mise en demeure pour les concentrations de dioxyde d’azote et à l’avis motivé pour les particules. L’étau se resserre.

L’article 12 de la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République sera, dans les années à venir, appelée à alimenter nos débats dans cet hémicycle. Faudra-t-il que ce soit à nous de payer ? Il faudra vraiment en reparler. Il faut que la Métropole se positionne clairement sur la thématique de l’air clairement, d’autant plus que le chef de file de la Région sur la thématique air est encore à détailler.

Monsieur le Président, vous savez vous motiver sur certains sujets, nous vous demandons de le faire sur l’air sans attendre. La qualité de l’air doit être un sujet prioritaire pour toutes et tous. Notre groupe est dans l’attente d’un grand plan anti-pollution.

Evidemment, notre groupe votera pour cette subvention à Air Rhône-Alpes.

Je vous remercie.

Subvention à Air Rhône-Alpes
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