Monsieur le Président,

Les conséquences du mouvement des Gilets jaunes qui au fil des samedis a pris des accents de violence incroyable remettent en cause la liberté d’aller et venir mais aussi la liberté du commerce, ce dernier principe remontant à 1791. Au-delà, ce mouvement a des conséquences dramatiques sur le commerce de centre-ville.

En ayant un peu insisté, la présidente du Sytral a, lors du dernier comité syndical, répondu sur le coût du mouvement au niveau des transports en commun, coût qui avoisine les 280 000 € (vandalisme, perte d’exploitation, renfort d’effectifs).

Pour autant, la situation des commerces lyonnais est autrement plus dramatique, preuves à l’appui :

J’ai lu avec attention le rapport d’information sénatorial sur ce sujet, rédigé par Evelyne RENAUD-GARABEDIAN qui indique pour Lyon que 20% des entreprises auraient licencié ou effectué des démarches de chômage partiel.
Toujours dans ce rapport pour lequel ont été auditionnés la CCI Lyon Métropole et l’association de commerçants My Presqu’île, nous pouvons relever, je cite, que « 80% des entreprises de la presqu’île déclarent une baisse de CA, entre 20 et 30 % pour 34 % des commerçants et artisans et dépassant les 30 % pour 20 % d’entre eux. L’impact des violences sur la fréquentation touristique est fort, les pertes liées à la baisse des flux étrangers étant évaluées à 10 millions d’euros sur la période novembre-mai 2019. »

Pour essayer de faire face à cette situation exceptionnelle différentes collectivités ont décidé de réagir :

la Région Auvergne-Rhône-Alpes intervient sur les dégradations et compense la trésorerie avec un plan de 8 M€ à l’échelle de la région,

la ville de Lyon fait l’impasse sur ses hausses tarifaires de terrasses qui après avoir été augmentées entre 4,41 et 6,73% en 2018 devaient augmenter de nouveau de 4,5% en 2019. La ville exonère également de droits de terrasse pendant 3 mois les commerçants de la Presqu’île et certains des 3e et 7e arrondissements. Comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois en conseil municipal de Lyon les terrasses ne concernent pas tous les commerces impactés loin s’en faut.

L’Etat a lancé un plan de revitalisation de 5,5 M€ à l’échelle de la France – plan de 3 M€ à l’origine – soit environ 150 000 € pour la ville de Lyon.
En rajoutant aujourd’hui les 70 000 € de la Métropole, auquel il convient d’ajouter les 30 000 € du Maire de Lyon qui ne voulait pas rester à la traine, nous allons glorieusement atteindre les 250 000 €…
Un accompagnement quelque peu plus ambitieux aurait été de bon ton convenons-en. Les actions que vous nous proposez aujourd’hui ne s’adressent qu’aux seuls commerces de la Presqu’île ; ceux des 3e, 5e, 7e et 6e arrondissements eux aussi touchés par cette crise apprécieront.
A la ville de Lyon nous l’avons dit, une action sur la taxe locale sur la publicité extérieure nous semblerait utile et satisferait davantage les commerces impactés que des ristournes sur les terrasses.
Au nom de la Métropole, le 2 mars 2019, vous indiquiez, Monsieur le Président, dans les colonnes du Progrès que deux dispositifs de soutien seraient mis en place :
       
un fonds pour venir de compensation des pertes de chiffres d’affaires subies. Nous restons dans l’attente,

des coefficients minorants le poids de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour 2020 soit l’année prochaine : compte tenu de l’urgence la délibération présentée le 18 mars sur le taux de CFE pour 2019 aurait peut-être permis d’aller plus vite.
Nous voterons cependant cette délibération mais espérons qu’il s’agit là des premiers signes d’une aide de la Métropole pour soutenir nos commerçants.

Je vous remercie.
Stéphane GUILLAND – Aide aux commerçants