Monsieur le Président, chers collègues, la démocratie, c’est le combat des idées et des engagements politiques que le peuple peut trancher. Mais quand une majorité et surtout un chef d’exécutif détourne les systèmes institutionnels pour s’assurer du pouvoir de décision sans partage, qu’il nous soit permis de réagir.

C’est ce qui s’est passé avec la Commission permanente. Une commission dont la composition se limite à vos seuls soutiens. Cette composition -tout le monde en convient ici car c’est un constat- est à l’opposé des Départements et des Régions dans lesquels les Commissions permanentes sont composées par des élus représentatifs de toutes les sensibilités politiques. Alors bien sûr, vous nous direz que si que vous confisquez le droit de siéger à vos opposants, c’est que vous profitez que la loi vous l’autorise.

Et c’est vrai que cet argument de la loi vous a bien servi dernièrement. Alors que la Commission permanente n’est en fait qu’un Bureau politique déguisé, vous en aviez justifié la composition par le fait que chaque membre allait bénéficier d’une délégation de votre part et donc que cela ne pouvait se faire qu’à des membres de la majorité. Dont acte. Cela justifiait aussi le refus de donner délégation à madame Piantoni qui avait eu l’audace d’être élue démocratiquement mais contre le candidat officiel.

(…) Elle touche ses indemnités… Attendez un petit peu, vous allez voir dans le texte un petit peu plus loin !
Un peu moins glorieux, vous justifiez dans le même temps une belle prime à ces élus en dévoyant le principe de la majoration de l’indemnité de 10 % pour vous payer sur le dos des citoyens une augmentation de 86 %. Et donc, comme la loi le dit, il est possible, dans cette commission, de garder les indemnités même quand il n’y a pas de délégation. Là, c’est un grand n’importe quoi !
Ce qui a scandalisé bon nombre de nos concitoyens, ce n’est pas la situation légale derrière laquelle vous vous retranchez mais bien votre position politique que vous n’assumez pas. Si j’interviens, ce n’est pas pour moi, c’est pour les nombreux citoyens qui ne se sentent pas représentés dans notre Métropole du fait de votre mode de gouvernance.
Nous voterons bien évidemment contre ce rapport. Je vous remercie.

Statut de la commission permanente