Christophe Quiniou

Christophe QUINIOU
Conseiller municipal de Meyzieu
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, nous interviendrons à deux voix sur ce rapport.

Chers collègues, ce rapport, comme beaucoup d’autres, se présente sous un aspect très technique et pourtant ? il n’y a pas besoin de creuser longtemps pour y faire apparaître les impacts financiers et politiques. Et, en cela, ce rapport est critiquable sur plusieurs points.

D’abord, en nous proposant un avenant de 1,5 M€ soit 23 % du marché initial, ce rapport nous propose de prendre un risque juridique majeur. En pratique, il y a lieu de considérer qu’une augmentation par avenant de 15 à 20 % ou plus du prix d’un marché est susceptible d’être regardée par le juge administratif comme bouleversant l’économie d’un contrat, en sachant que vous avez déjà utilisé pour ce même dossier la latitude laissée au maître d’ouvrage dite “de la décision de poursuivre” pour un montant de plus de 270 000 €. Cet avenant serait justifié, selon vous, par des obstacles non imputables aux parties et constitutifs de difficultés imprévues et exceptionnelles, les fameuses “sujétions techniques imprévues”.

D’une part, je ferai remarquer à l’assemblée que, comme lors du dernier Conseil pour le dossier du Pont Schuman, il nous faut encore abonder suite à des imprévus. Et ce n’est pas le seul dossier du jour : nous pouvons aussi évoquer le siphon de La Mulatière. L’imprévu ne doit pas devenir une méthode de gestion des dossiers du Grand Lyon pour ajuster ses budgets.

D’autre part, concernant les difficultés dites “imprévues” qui sont listées et chiffrées dans ce dossier, il nous semble qu’une partie d’entre elles ne sont pas le  résultat de difficultés exceptionnelles mais d’un manque d’anticipation et qu’elles sont directement imputables aux parties. C’est ainsi le cas de la redéfinition des murs anti-bruit des riverains de la rue Michel Servet que l’on a consultés qu’après la définition des travaux. Autre exemple : on parle de “l’exiguïté de la zone de travaux qui a conduit à modifier le mode opératoire” ; il est difficile d’imaginer que la taille de la zone des travaux n’était pas prévisible et qu’elle a réduit au fur et à mesure du projet ! Et que dire de la phase transitoire de gestion des eaux pluviales induite par le décalage des travaux où l’on paie l’absence de coordination des services du Grand Lyon ?

En fait, ces imprévus révèlent simplement la mauvaise gestion d’un projet qui est pris depuis le début à l’envers, à savoir on choisit un site et on s’adapte au lieu de définir les sites compatibles avec un tel équipement.

Ensuite, sur le plan financier, vous appliquez une sorte de principe de non-précaution qui consiste, lors de l’élaboration des chiffrages, à ne pas estimer l’aléa, un peu comme si, lors d’un trajet, les temps estimés ne prenaient en compte ni les bouchons ni la météo. Nous ne sommes pas dans un monde parfait, monsieur le Président, et la fameuse loi de Murphy se trouve souvent vérifiée. Malheureusement, si lors d’un trajet en voiture, les aléas aboutissent à un simple retard sans conséquence, ici, ce sont des millions d’euros qui sont engloutis à chaque mauvais pas et ces sommes sont nécessairement prises sur d’autres investissements, sauf à nous expliquer que vous avez de l’argent dormant ailleurs et cela est une autre histoire.

Nous avons bien vu votre tentative de masquer cette augmentation en inscrivant dans la délibération que, malgré l’avenant, le budget est moins élevé que l’estimation de l’Etat mais chacun connaît ici cette technique de surestimer un équipement pour tenter de démontrer le réalisme des pseudo-économies. Enfin, monsieur le Président, c’est la méthode même de fonctionnement que nous ne partageons pas et qui nous amène à voter contre ce dossier. D’ailleurs, la méthode nous a été clairement énoncée par monsieur Rivalta pendant la commission : alors que nous souhaitions débattre et travailler sur le contenu du dossier, ce dernier nous a fait une grande démonstration de démocratie.

Je me permets de le  citer : “Vous pouvez bien voter contre, comme nous avons la majorité, nous faisons ce que nous voulons !“.

Ces propos ne devraient pas se tenir au sein d’un établissement public de coopération intercommunale car la notion de majorité est bien relative dans un organisme de coopération où chaque représentant a été, dans cette instance, sous son propre nom et détient donc une légitimité directe des électeurs car cette méthode confirme la crainte d’un grand nombre d’élus dans cet hémicycle : ne plus avoir voix au chapitre sur les sujets propres à leurs Communes réalisés par le Grand Lyon.

Il suffit pour s’en convaincre de lire, dans la  présentation de ce rapport, qu’un schéma d’accessibilité du Montout a été élaboré en partenariat avec le SYTRAL, l’Etat, la Communauté urbaine, le  département et l’Olympique Lyonnais. Les Communes de Décines-Charpieu et Meyzieu n’ont pas été associées aux décisions qui les impactent directement mais je laisse madame le Maire de Décines-Charpieu vous dire ce qu’elle en pense.

 

 

Travaux d’accessibilité sud Grand Stade : quand l’imprévu masque la mauvaise gestion
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