Monsieur le Président, chers collègues, lors du dernier Conseil métropolitain, vous nous avez présenté une demande de subvention conséquente de 4 M€ pour l’expérimentation du Pass urbain.

Elle devait notamment permettre le test de supports pilotes en partenariat avec la société Steria. Qui dit expérimentation indique nécessairement que le projet a été défini et balisé en amont.

Il était d’ailleurs précisé dans la délibération qu’une première étude, financée à 35 % par la Caisse des dépôts et consignations, avait permis au préalable d’étudier la faisabilité technique d’un tel support. Nous avions alors émis des réserves sur le budget alloué, même si l’idée nous paraissait très intéressante.

Mais voilà qu’aujourd’hui, après le vote du budget donc, vous nous resservez une autre demande de subvention pour l’accompagnement de la Métropole dans la définition et le positionnement des nouveaux services numériques, dont le Pass urbain. Devons-nous comprendre que vous nous avez fait voter un budget pour des services avant d’en connaître la finalité et l’utilité ? Devons-nous comprendre que l’étude cofinancée avec la Caisse des Dépôts n’était pas suffisante ?

Force est de constater que si la Métropole a été créée pour éviter le mille-feuilles administratif, elle n’évite en rien d’empiler les couches budgétaires. On résume :

  • une subvention pour une pré-étude de faisabilité,

  • puis une subvention pour l’expérimentation et les tests,

  • et enfin, aujourd’hui, une autre subvention pour l’accompagnement et la définition des projets, notamment pour déterminer le modèle économique du Pass urbain.

Il s’agit d’un marché à bon de commande, sans engagement minimum ni maximum. Tout cela cumulé représente au bas mot plus de 5 M€.

Nous avons l’impression que, sur ces projets, vous naviguez à vue et sollicitez des appels de fonds dans le désordre. La preuve -on a pu le constater aujourd’hui-, ce manque de préparation oblige à retirer le dossier numéro 2016-1193 sur les subventions de la SNCF.

On nous demande en quelque sorte de voter des budgets, des projets et quelques séances après, on revient vers le Conseil pour financer des études. Une fois n’est pas coutume, je rejoins un peu mon collègue sur le flou et le manque de préparation. La logique ne serait-elle pas plutôt d’étudier en premier lieu avant de solliciter des budgets sans repère ni anticipation ? Bref, nous nous interrogeons légitimement sur votre stratégie ou plutôt la cohérence de votre approche dans ce domaine.

Au final, les subventions pour financer les pré-études, les études des projets et les projets d’études, ici, c’est comme le quinté plus, c’est souvent dans le désordre.

Face à ce manque de visibilité et de cohérence dans la stratégie présentée, nous nous abstiendrons.

 

Service numérique et pass urbain
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