Merci, monsieur le Président. Mes chers collègues, le sujet que nous abordons à présent dépasse les clivages politiques et part du principe, cher au Président Jacques Chirac, qu’une fracture sociale s’est creusée dans notre pays ; cette fracture empêchait ce que le Président appelait la mobilité sociale.

 

Vingt ans après, ce discours n’a pas pris une ride. La difficulté de toute mobilité sociale en France est matérialisée physiquement par ce que l’on nomme les quartiers populaires, cités de béton au visage souvent inhumain. Monsieur Jean-Louis Borloo avait bien compris la nature de l’effort à accomplir ; il fallait casser cette logique de quartiers-dortoirs, briser les ghettos. La solution passait par l’habitat. C’est ce qu’on a appelé le renouvellement urbain. Cette logique est coûteuse et lente, elle ne produit d’effet que petit à petit. C’est donc tout le contraire de la politique moderne, faite de petites phrases et de buzz. Le renouvellement urbain met du long terme dans un monde où le pilotage à la petite semaine devient la norme et nous ne pouvons que nous en réjouir.

 

Concernant l’avenant proprement dit, je constate qu’il parvient partiellement à contourner l’un des dangers essentiels qui pourrait briser cette spirale vertueuse : il s’agit de la politique de peuplement et de la reconstitution de l’offre. En effet, à quoi bon modifier en profondeur l’urbanisme d’un quartier pour briser la logique de ghettoïsation si c’est vers ce même quartier que sont orientés les bénéficiaires de la loi Dalo ? Quel est l’intérêt de dépenser des centaines de millions sur un quartier, si c’est pour ajouter de la misère à la misère dans le cadre d’une politique de peuplement à l’identique de celle qui a conduit à l’appauvrissement des quartiers ?

 

Dans nos Communes, nous devons avoir les moyens d’imposer la propriété privée dans les quartiers, l’accession sociale à la propriété et une mixité sociale adaptée à chaque situation. Ces millions d’euros que nous dépensons ne doivent pas servir à reproduire des ghettos dans une version plus neuve mais à empêcher que la concentration des populations difficiles se reproduise. Je ne prendrai qu’un exemple que je connais particulièrement bien : il s’agit du quartier du Bottet qui deviendra le nouveau centre-ville de Rillieux la Pape. Il comptera un programme complet d’accession libre à la propriété sur les Balcons de Sermenaz ; il s’agit d’accession libre et sociale. Enfin, un parcours du propriétaire dans les quartiers va être créé. Ainsi, nous allons permettre aux habitants de se constituer un patrimoine dans ce quartier ; car oui, même ceux qui ont des revenus modestes doivent pouvoir un jour se constituer un patrimoine et léguer le fruit d’une vie de travail à leurs enfants.

 

Vous l’aurez compris, l’objet n’est pas seulement de détruire des immeubles vétustes pour en reconstruire de nouveaux, il est de mixer la population pour que ces quartiers ne soient plus des ghettos dont on ne rêve que de sortir. L’objet est aussi de reconstituer une offre à la fois diversifiée et dédensifiée pour les habitants quittant leur logement.

 

Le groupe Les Républicains et apparentés votera donc ce rapport mais appelle une nouvelle fois à ce que la politique de renouvellement urbain soit systématiquement doublée d’une politique de peuplement et d’accès à la propriété. C’est à ce seul effort que les habitants des quartiers populaires verront les choses bouger en profondeur.

 

Renouvellement urbain, mais pas que…
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