Martine Maurice

Martine MAURICE
Conseillère municipale de Villeurbanne
Conseillère métropolitaine

Monsieur le  Président,  mes chers  collègues,  nous  revenons  de  nouveau  sur  le  projet de  réaménagement  du  cours Emile  Zola  et,  comme  dans nos  précédentes  interventions,  nous  ne  voterons  pas  cette délibération bien que notre groupe soit naturellement d’accord sur le principe de réaménagement du cours Emile Zola.

Je m’explique : le cours Emile Zola, chacun le sait bien, est une artère vitale, sur le plan symbolique certes, puisqu’elle constitue l’une des voies structurantes de Villeurbanne mais aussi en termes économiques,  et  cela  non  seulement  parce  qu’elle dessert un nombre important d’entreprises qui y sont implantées ou qui le sont à proximité immédiate mais aussi parce qu’elle dessert le centre-ville de Villeurbanne, et ce sera d’autant plus vrai lorsque le prolongement de la rue Henri Barbusse, attendu depuis  de  nombreuses  années,  verra  enfin  le  jour  puisque l’avenue Henri Barbusse se situera alors de part et d’autre du cours Emile Zola.

Dans  le  projet  qui  nous  a  été  présenté  à  la  commission déplacements et voirie, on constate la suppression du caractère routier de cet axe, c’est évident, avec la réduction du trafic automobile d’environ 35 % ; c’est énorme. Vous nous proposez un parking-relais de 200 places alors que ce sont 8 400 véhicules qui devront trouver une autre voie d’accès. Comment répondre alors aux besoins de desserte et de transit, d’accès nécessaires à la vie économique et commerciale, pour les particuliers comme pour les professionnels ?

Nous  savons  tous  que  favoriser  les  modes  doux  et  les alternatives à la voiture est aujourd’hui un choix motivé, admis par tous, avec en fil conducteur l’amélioration des conditions quotidiennes de notre environnement ; il en va de notre santé et de celle de notre planète. Nous savons aussi sur ce sujet que le cours Emile Zola constitue l’artère principale de Villeurbanne. Il faut faire preuve d’une certaine prudence, surtout dans la période actuelle, lorsqu’on touche aux conditions d’exercice de l’activité économique. D’un côté, il y a le souhait voire le rêve et, de l’autre, il y a la réalité et, entre le tout-voiture et le tout-vélo, il faut savoir raison garder et ne pas faire de l’autophobie le seul combat en faveur du développement durable.

Je disais dans mon introduction que notre groupe était d’accord sur le principe de réaménagement de cet axe routier. La voirie a besoin d’être restructurée, les trottoirs refaits, pensés autrement, c’est évident. Faire une trame verte est une bonne idée. Le recueil des eaux pluviales des trottoirs et des chaussées sur les bandes plantées qui a été présenté est aussi une idée innovante.

Mais de là à passer de quatre voies de circulation à deux voies relève vraiment de l’aberration. Vous pensez que ce projet va diminuer  globalement  la  circulation  sans  entraîner  un  report de trafic sur les voies parallèles, autre aberration ! La rue du 4 Août est déjà très encombrée, la rue Francis de Pressensé est dans la même situation et les entrées ou sorties à hauteur de l’avenue Salengro et de la route de Genas sont déjà à la limite de la saturation. N’oubliez pas que ce ne sont pas que 24 000 véhicules de tourisme qui circulent chaque jour mais aussi des gens qui travaillent, des transporteurs, des livreurs, des artisans, des professionnels de santé, des pompiers, des policiers, des véhicules de ramassage des ordures, tous ces gens dont l’alternative transports en commun, comme vous le préconisez, est impossible.

Depuis  presque  un  an,  une  mise  en  situation  de  réduction d’une voirie a été installée entre la rue de la République et le périphérique ; bilan : le cours Emile Zola est embouteillé tout au long de la journée, il faut environ trente-cinq minutes pour rejoindre le périphérique, nous sommes très loin des huit minutes annoncées dans la presse par la municipalité de Villeurbanne.

Oui au réaménagement, non à la réduction de voirie ! Oui, aux pistes cyclables, nous ne sommes absolument pas contre les vélos, il faut vivre avec son temps mais il faut être aussi un petit peu innovant et assez intelligent pour que tout le monde puisse vivre ensemble.

En conséquence, notre groupe votera contre cette délibération ce soir.

Réaménagement du cours Emile Zola