Monsieur le Président, mes chers collègues, quelques mots sur ce rapport développement durable 2015, en rappelant en préambule que c’est un rapport qui a été voulu par le législateur en 2010 et qui était destiné à faire en sorte que les collectivités prennent en compte les différentes dimensions du développement durable et s’obligent, par un exercice de collecte de données et de synthèse, à essayer de mettre en place une cohérence entre les différentes politiques publiques et, à l’intérieur de chacune d’entre elles, sur chacun de ses enjeux.

Bien sûr, il y avait les enjeux environnementaux avec la lutte contre le changement climatique, la préservation de la diversité, la dimension sociale à travers ce rapport développement durable, avec l’épanouissement de tous les êtres humains et la cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et entre les générations et, bien sûr, la dimension économique pour fonder les dynamiques de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

Le Grand Lyon, dans tous ces domaines, mène beaucoup d’actions. Toute la difficulté -nous l’avions souligné lors des premiers rapports développement durable- était de mettre en perspective ces différentes actions. Je note, au fil des années, que ce travail de mise en perspective s’améliore, même si cela reste une somme énorme à compiler et que, petit à petit, les choses rentrent un peu mieux en perspective.

Pour autant, je formulerai quelques remarques en commençant par donner deux axes d’amélioration.

Cela a été dit par plusieurs interlocuteurs, une politique développement durable, ça doit se mesurer et il manque des indicateurs de suivi. Bien sûr, sur certains domaines, ces indicateurs de suivi sont faciles ou, plus exactement, sinon faciles, en tout cas facilement appréhendables : je pense notamment aux émissions de gaz à effet de serre ou aux consommations d’énergie du territoire ; sur d’autres, et notamment sur toute la dimension sociale, c’est beaucoup plus difficile à appréhender. Pour autant, il faut que ces indicateurs de suivi fassent l’objet, dans toutes les politiques, d’un travail commun pour faire en sorte que l’on puisse mesurer, année après année, par rapport à un objectif politique qui aura été fixé, l’avancée sur chacun de ces indicateurs.

Deuxième voie d’amélioration, la Métropole de Lyon, compte tenu de l’extension de ses compétences, embrasse de très nombreux domaines et la distinction entre ce que nous pouvons réaliser en interne, c’est-à-dire sur le fonctionnement même de nos politiques publiques, doit être séparée et mieux séparée de la capacité d’influence que nous avons sur l’extérieur. Je prends l’exemple des transports : c’est vrai que, sur ce thème, nous avons de très nombreux transports en interne et nous y participons chacun d’entre nous lorsque nous venons à ces séances mais, à travers les politiques publiques de transports, à travers le SYTRAL, nous avons bien sûr un rôle important à jouer sur tout cela et il faut que cette distinction entre l’interne et l’externe apparaisse bien mieux.

Deuxième remarque, c’est le défi qui s’ouvre à nous pour la suite : nous avons intégré des nouvelles compétences avec la Métropole et, bien sûr, le champ de ce rapport développement durable va, pour le coup, notamment sur cette dimension sociale, beaucoup évoluer. Elles ont été intégrées dès cette année pour les années à venir. Les indicateurs de suivi seront bien sûr importants à mettre en place et j’ai noté votre volonté de mettre en place un schéma des solidarités qui nous permettra, sans doute aussi à travers ce rapport développement durable, de pouvoir mieux appréhender cette dimension.

Il y a eu un certain nombre d’initiatives intéressantes qui mériteront d’être suivies : Hublo -cela a été signalé-, le schéma directeur des énergies qui, lui aussi, doit nous permettre de mieux appréhender à la fois la question des productions, de la distribution et des consommations d’énergie.

Il reste des sujets de préoccupation -et cela a été déjà évoqué-. Je pense que la question de la qualité de l’air doit vraiment faire l’objet d’une attention toute particulière ; nous savons que notre Métropole y est exposée et, sur ce plan-là, je pense qu’un focus un peu particulier mériterait d’être mis en place.

En conclusion, il faut réussir à donner de la perspective à ce rapport de développement durable, à se fixer des objectifs politiques, mesurables et vérifiables. Cela permettra à toutes et tous de mieux appréhender nos politiques et le chemin qu’il nous reste à parcourir.

Je vous remercie.

Rapport sur le développement durable
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