Intervention de Christophe Quiniou
  • (seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, chers collègues,

La présentation annuelle de ce rapport est l’occasion de réaffirmer, chacun son tour, chaque groupe, à quel point la thématique du développement durable est essentielle. L’égrenage des motivations et des bonnes intentions des uns et des autres fait partie du passage obligé pour les porte-paroles officiels de chaque groupe. L’observatoire mis en place par notre Métropole s’étoffe année après année et sa structuration en deux sphères et sept fonctions territoriales particulièrement pertinentes est pragmatique afin de couvrir toutes les dimensions que doit prendre en compte notre évolution. Car c’est bien le sens de l’humanité, l’évolution et c’est pourquoi, plus qu’un développement durable, c’est souvent l’évolution soutenable qui est désormais citée sur cette thématique transverse. Le terme développement tend trop à une logique du “toujours plus”. L’évolution, elle, peut se permettre d’être à la hausse ou à la baisse. Jusqu’à maintenant, nous étions dans le “toujours plus”. Le rapport qui nous est présenté le sanctuarise en l’écrivant noir sur blanc. Il faut que la Métropole conserve son attractivité, plus d’habitants et, nécessairement, plus d’emplois. Il va même plus loin, en justifiant les efforts environnementaux afin de conserver l’attractivité dans la durée. On nous vend depuis des années ces faits inéluctables, depuis plus d’un siècle de la métropolisation et d’un exode rural vers des pôles urbains toujours plus denses, les chiffres l’attestent. Mais, dans le même temps, les indicateurs environnementaux et sociaux se sont dégradés et pourtant, certains persistent continuant de densifier, d’agréger, cela serait la solution, mais cette centralisation que l’on a testée à tout, politique, énergie, société, est-elle la seule solution ? Pourquoi une réelle multipolarité salvatrice ne prend-elle pas son envol sur la Métropole ? Nous sommes dans la situation de la barque qui remonte le courant car elle a choisi sa destination en amont, le rameur doit ramer fort, s’épuiser alors qu’en choisissant l’aval, il n’a plus qu’à se laisser entraîner par le courant et juste garder son cap. Les nombreux indicateurs mis en place permettent d’identifier ces efforts qui sont, pour certains, difficilement soutenables financièrement. Les débats en cours sur les nécessités de développement font envoler les futurs budgets. Ces dernières semaines, la bataille se faisait en milliards entre tronçons routiers et lignes de métro. Chers collègues, je ne rentrerai pas dans le détail de chaque indicateur mis en exergue dans ce rapport, nombreux sont les plans et schémas métropolitains sur lesquels nous nous sommes exprimés et, très majoritairement, favorablement. Cet observatoire présente parfaitement les éléments structurants qui doivent être appréhendés dans la construction métropolitaine. Ils permettent, si les uns et les autres veulent s’en donner la peine, de pouvoir choisir en conscience des orientations soutenables. Ils permettent également d’avoir un retour dynamique sur les expérimentations, de rapidement pouvoir les corriger ou les renforcer en fonction des résultats .Je voudrais donc féliciter l’ensemble des acteurs qui permettent de tenir cet observatoire à jour et lui donner une vie propre. Gageons que les futures équipes dirigeantes valoriseront ce travail mais, surtout, feront preuve d’équilibre car, ni la décroissance mortifère ni l’attractivité centralisée illimitée ne sont des voies soutenables et durables pour une Métropole respectueuse de l’environnement et apaisée socialement. Je vous remercie.
Rapport sur le Développement durable