Monsieur le Président, vous nous présentez ce jour le rapport développement durable 2016. En pas moins de 16 pages, il nous présente un catalogue de différentes actions dont certaines importantes, d’autres qui demanderaient à être étoffées comme par exemple les dix classes de collèges dans le Rhône et la Métropole participant au projet de lutte contre le gaspillage alimentaire -c’est peu-.

Le développement, c’est l’économie, l’emploi et la recherche, nous en convenons. Ce rapport nous apprend aussi que le développement durable, c’est le Conseil de développement -cité quatre fois dans ce rapport- mais aussi les différentes formes d’expressions et de pratiques culturelles. Cet inventaire me donne l’impression de faire du développement durable sans le savoir.

Mais le développement durable ne serait-ce pas aussi le développement harmonieux et respectueux de l’ensemble des territoires de la Métropole et la qualité de vie pour tous ses habitants et pas seulement ceux de la ville centre, ceux du nord, du sud, de l’est et de l’ouest -pour répondre aux interventions précédentes- ?

Le développement durable concerne les problèmes de pollution et de transport, comme nous le montre avec gravité le pic de pollution actuel sur lequel je ne reviendrai pas car il y a beaucoup à dire.

Or, dans ce rapport, il n’est pas évoqué la question si importante pour l’ensemble de la Métropole du déclassement de l’A6-A7 et de ses conséquences.

Le transport des personnes comme des marchandises est primordial pour l’environnement comme pour le développement économique et le rapport, sur cette question, persiste à s’appuyer sur l’enquête de déplacements élaborée en 2015, soit avant l’annonce du déclassement et donc n’en tenant pas compte. Je vous l’avais signalé au printemps dernier, lors du débat sur le SYTRAL en charge de l’élaboration du PDU, manifestement en vain. La bonne gouvernance consiste à écouter les membres cooptés du Conseil de développement, j’en conçois, mais aussi les élus, tous les élus.

Ce que nous proposons, et qui nous paraît primordial en matière de développement durable, c’est d’anticiper, prévoir de manière globale l’évolution de l’ensemble de l’agglomération. Les transports de personnes et de marchandises, publics ou privés ainsi que les infrastructures -j’insiste- sont donc en jeu et, là-dessus, pas un mot dans ce rapport.

Ainsi, rien dans votre rapport sur le rail, seulement évoqué dans le cadre de la vallée de la chimie, rien sur le ferroutage ou sur le RER à la lyonnaise avec tarification unique TCL-SNCF. N’en déplaise aux tenants d’une utopie qui a fait 80 millions de morts, nous sommes pour les transports en commun et nous le disons régulièrement ; mon voisin l’a encore signalé, et pas plus tard que vendredi dernier dans le cadre du SYTRAL. Nous sommes pour les transports en commun pour tous, où qu’ils habitent.

Votre conclusion aborde aussi l’évolution du contexte national. Ce rapport traite de l’imperméabilisation des sols. Notre groupe a toujours plaidé pour une urbanisation raisonnée de nos villes contre la densification, la bétonisation qui occasionne cette imperméabilisation. Aussi avons-nous toujours dénoncé cet aspect de la loi ALUR et continuons à le faire.

En conclusion, nous sommes mitigés sur ce rapport. Votre Vice-Président, monsieur Charles, a fait un bon travail de recueil mais il ne pouvait pas faire plus puisque, monsieur le Président, vous ne savez pas fixer une vision programmatique globale. Nous n’y trouvons pas d’ambition, de ligne directrice ni de projection dans l’avenir. Les habitants de nos Communes s’inquiètent de savoir comment ils vont aller travailler, les chefs d’entreprise du temps de livraison de leurs productions et du parcours de leurs collaborateurs lorsqu’ils se rendent chez leurs clients.

Le rapport se conclut par la phrase suivante : “Cette nouvelle grille de lecture permettra notamment d’optimiser et de reconnecter les démarches existantes dans une perspective de soutenabilité du territoire en proposant un cadre stratégique appropriable et opérationnel”. Monsieur le Président, vous qui donnez des leçons de pragmatisme à la France, je vous invite d’abord à relire vos propres rapports. Moins de mots, plus de réalisme, c’est ce que les Grands Lyonnais attendent de nous.

Rapport développement durable