Merci, monsieur le Président. Lors du dernier Conseil, vous nous annonciez, monsieur le Président, avoir obtenu le déclassement des autoroutes A6/A7 dans les secteurs urbains de la Métropole et de la Ville de Lyon A vos côtés, nous remercions le Gouvernement de s’intéresser enfin à la situation de notre territoire. Cette annonce améliorera sans aucun doute la qualité et le cadre de vie des Lyonnais et des Métropolitains que nous sommes.

Mais, au-delà de cette phase de communication et d’autocongratulation, les habitants de la première couronne sont légitimement inquiets sur votre silence sur les conséquences de vos annonces.

Tout d’abord, par courrier du 3 mai, le Secrétaire d’Etat chargé des transports évoque les secteurs urbains de la Métropole et de la ville de Lyon mais il parle du déclassement “de certaines portions limitées de cet axe autoroutier”, celles dont “la situation urbaine est pénalisante”. Et, s’il fallait en rajouter dans la limitation du linéaire déclassé, il précise qu’il faut travailler sur “l’identification des portions d’autoroute susceptibles d’être déclassées”.

Pour notre groupe, le déclassement devait concerner l’intégralité, de la portion entre Ecully du quartier des Sources le Pérollier, le tunnel sous Fourvière mais aussi le quartier de Perrache, de Confluence, de la Saulaie à Oullins et de Pierre Bénite jusqu’à l’A450.

Pouvez-vous, monsieur le Président, nous confirmer que c’est bien votre choix ?

Ensuite, le courrier du Secrétaire d’Etat démontre, s’il en était besoin, que l’annonce du déclassement n’est pas accompagnée de solutions alternatives. Comment, monsieur le Président, allez-vous réussir le tour de magie d’une évaporation soudaine de plusieurs dizaines de milliers de véhicules par jour sous le tunnel de Fourvière ?

Selon le secrétaire d’Etat, votre proposition est que “la Métropole s’appuie sur l’attractivité et l’efficacité de son système de transports collectifs pour compenser les conséquences de cet aménagement sur les déplacements locaux”.

Comprenez l’inquiétude de nos concitoyens alors que ni dans la PPI ni dans le plan de mandat du SYTRAL de telles mesures de transports collectifs n’ont été prévues. Que ce soit pour les communes concernées par le déclassement ou dans les villes qui vont être impactées par le report du trafic, à ce jour, nos villes n’ont aucune garantie d’investissement sur leur territoire pour accompagner les conséquences de cette décision.

Par ailleurs, lors des réunions de concertation sur l’Anneau des sciences (TOP), le déclassement ne pouvait intervenir qu’après le contournement ouest de Lyon (COL). Aujourd’hui, le COL s’évapore comme les 110 000 véhicules du tunnel de Fourvière et le projet d’Anneau des sciences tarde à prendre forme.

Nous avions évoqué l’étude d’une option à l’est pour relier l’A7 et l’A432. Nous souhaitons une concertation sur une éventuelle liaison A432/A46 qui inquiète les Communes du sud lyonnais. Nous avons demandé un débat ouvert et transparent avec les collectivités partenaires sur le projet d’A45 et son débouché sur notre agglomération.

Mais, à lire le Secrétaire d’Etat, vous avez oublié d’en parler ! Pour lui, le groupe de travail doit “caractériser les aménagements éventuellement réalisables à court terme et les modalités de gestion du réseau routier permettant de garantir la continuité de l’exploitation routière”.

Lors de l’unique réunion de travail sur les infrastructures, que notre groupe a obtenu après deux ans de réclamations, vous avez conclu avec notre Président, Philippe Cochet, que le déclassement de la portion A6/A7 devait être concomitant avec la réalisation des barreaux nord et sud.

Aujourd’hui, notre groupe a le sentiment d’un passage en force sans prise en compte de l’inquiétude des villes dont les grands axes urbains déjà saturés ne peuvent pas servir d’itinéraire de délestage aux véhicules exclus des autoroutes déclassées.

Quelle est donc votre réelle stratégie monsieur le Président ?

Enfin, si vous confirmez engager des travaux concomitants au déclassement, nous nous interrogeons sur le financement de ceux-ci et, par conséquent, sur le délai de leur réalisation.

C’est très simple, le Secrétaire d’Etat l’évoquait ainsi dans son courrier : “J’ai bien noté que la Métropole de Lyon assume entièrement la responsabilité et les conséquences des modifications envisagées.” Sachant que l’Etat décline tout engagement financier sur ce projet, qui sera, monsieur le Président, le financeur ? La Métropole devrait donc porter seule les choix de reports de trafic et aller chercher des hypothétiques aides financières.

Mais comment financer les millions d’euros nécessaires aux aménagements indispensables pour déplacer à l’extérieur de Lyon la thrombose automobile des autoroutes actuelles ?

Nos Communes attendent depuis deux ans le lancement de la PPI de la Métropole. Alors que ce projet du déclassement de Fourvière n’a pas été inscrit à la PPI, il devient subitement prioritaire puisque, pour Lyon, nous avons bien noté que votre volonté de lancer les aménagements était avant 2020. Que cette date limite soit l’année des élections locales est certainement due au hasard ! Allez-vous opérer un glissement des sommes promises aux projets communaux dans la PPI vers les travaux d’accompagnement au déclassement ?

Quel est votre plan de financement de ces infrastructures, monsieur le Président ?

Au regard des enjeux, la concertation lancée avec les élus ne peut pas se limiter à la création d’un groupe de travail pour les élus des Communes concernées. Compte tenu des conséquences du déclassement de Fourvière pour toutes les villes de la première couronne, envisagez-vous, monsieur le Président, de nous proposer une méthode de travail transparente sur l’ensemble de ce projet, avec un budget prévisionnel et un calendrier précis ?

Je vous remercie.

Question orale sur le déclassement de l’A6/A7
Taggé sur :