Monsieur le Président, chers collègues, cette délibération ainsi que les deux précédentes,  les numéros 2015-0702 et 2015-0703, nous interpellent sur le futur mode de gestion des fonds européens  pour les politiques de l’emploi, de l’insertion et de la formation et sur la nouvelle organisation qui se dessine pour  le portage de ces politiques.

L’Etat -nous le savons tous- reste gestionnaire unique des fonds européens et il incite à la réduction du nombre  d’organismes intermédiaires gestionnaires du FSE. Pour cette année 2015 dite “de transition”, la Métropole a eu  pour rôle de récupérer les crédits FSE et de les redistribuer aux PLIE. Ce n’est pas sans une première réduction  des enveloppes pour certains territoires : pour Uni-Est, PLIE du territoire au sein duquel la Commune de Décines  Charpieu est administrateur, c’est près de 10 % de baisse de l’enveloppe globale que nous avons dû subir.

Dans un récent courrier adressé aux PLIE, monsieur le Président, vous leur avez notifié votre souhait de voir la  Métropole de Lyon assurer seule la gestion du FSE pour l’ensemble du territoire qu’elle représente, et ce dès le  1er janvier 2017, dans le souci d’une perspective de couverture territoriale harmonisée. Cela n’est pas sans  inquiéter les Villes membres des PLIE qui s’interrogent sur l’utilisation des fonds pour 59 Communes, contre 18  aujourd’hui bénéficiant du FSE. Cela aura mécaniquement pour conséquence une baisse des moyens qu’elles  investissent dans le champ de l’emploi et de l’insertion, depuis parfois plus de vingt ans. Mais peut-être la  Métropole envisage-t-elle, en complément des fonds européens, des moyens supplémentaires afin de conduire  une politique d’insertion plus ambitieuse.

Il est important de rappeler que les PLIE ont été créés par les Villes pour disposer d’entités opérationnelles dont le  but est de prendre en compte les spécificités territoriales, particulièrement dans les quartiers prioritaires qui  concentrent une grande partie de la pauvreté. Ils interviennent surtout auprès d’un grand nombre de publics  fragilisés qui ne bénéficient pas du RSA alors que la Métropole a hérité du Conseil général le suivi des bénéficiaires  du RSA. Donc n’opposons pas les PLIE et les Communes qui les composent avec la Métropole ; leurs  interventions respectives garantissent la prise en compte de tous les demandeurs d’emplois en complémentarité  avec Pôle emploi.

Le contexte économique actuel de baisse des fonds publics incite à rechercher l’efficience de nos organisations.  Elles doivent cependant garantir le maintien d’interventions de proximité auprès des publics suivis par les PLIE et  donc d’une politique coordonnée afin de tenir compte des diversités des territoires et des compétences communales  engagées sur le champ de l’emploi et de l’insertion, depuis plus de vingt ans comme je l’ai dit.

Vous l’aurez compris, monsieur le Président, notre inquiétude porte moins sur le guichet unique que sur l’enjeu de  la proximité et de l’ancrage territorial qui se fait grâce aux animations des plans d’actions locaux. Sur la  pérennisation de ces plans d’actions, sur la gouvernance locale pour la mise en oeuvre des actions, sur les  moyens que la Métropole va consacrer pour garantir ses ambitions de chef de file de l’insertion sur son territoire,  nous avons besoin, monsieur le Président, de connaître rapidement la stratégie que vous envisagez de mettre en  oeuvre.

Quelle politique pour les PLIE ?
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