Monsieur le Président, chers collègues, l’objet de cette délibération est d’améliorer la qualité de l’air de notre Métropole. La présentation qui a été faite par notre collègue Thierry Philip est complète et nous donne des éléments d’appréciation qui sont d’un grand intérêt.

Notre groupe Les Républicains et apparentés ne votera pas contre et votera positivement dès lors qu’il s’agit de favoriser la santé de nos habitants ainsi que la qualité de notre environnement.

Le point particulier est que cette délibération mentionne un certain nombre de principes dans les trois domaines qui génèrent une pollution de l’air : transports et mobilité, habitat et activité économique.

Pour autant, nous avons plusieurs interrogations quant aux moyens qui seront mis en œuvre pour arriver aux objectifs fixés par le plan Villes respirables en cinq ans, mis en place par le Gouvernement et pour lequel notre Métropole a été retenue.

Ces engagements nous obligent à agir avant 2020, plus exactement pour l’année 2020. Le délai qui nous reste est assez court et il faut donc que la délibération qui est soumise -et qui présente d’ailleurs beaucoup d’intérêt, je le redis- trouve des éléments de concrétisation finalement assez rapidement.

Je voudrais, chers collègues, insister sur deux sujets principaux :

  • le premier c’est qu’effectivement, en matière de développement économique et en tous les cas sur l’action menée par l’ensemble des industriels de notre territoire, on peut constater avec satisfaction que le travail a été fait et que le progrès, depuis plusieurs années, a été réel en la matière ; c’est un point important qu’il convient de souligner ;

  • le deuxième point est celui lié à l’habitat et au logement.

Vous avez rappelé et souligné, à juste raison, la difficulté du chauffage au bois qui représente 25 % des émissions des parties polluantes mais nous aurions souhaité interroger la Métropole et les personnes responsables de ce dossier sur un autre point qui n’est pas abordé et dont on ne connaît pas -en tous les cas à ce stade- suffisamment d’éléments d’appréciation : c’est celui lié aux pollutions intérieures des habitats particulièrement généré par les matériaux utilisés ou qui peuvent être utilisés par les constructeurs de logements. Sur ce point-là, nous n’avons pas d’information, en tous les cas à ce stade.

Le deuxième point, bien sûr, c’est le grand sujet des déplacements et finalement de la mobilité. Notre groupe souhaite rappeler que l’enjeu premier c’est évidemment d’avoir une vision de l’ensemble des déplacements sur la Métropole et de pouvoir mettre en œuvre cette vision. Un certain nombre de dossiers sont déjà mis en route et des aménagements de voirie ou de mise en place de renforcement de transports en commun depuis des années ont permis de gagner des parts de marché -si je puis me permettre de m’exprimer ainsi- en matière de pollution de l’air.

Le témoignage du sud-ouest fait que le prolongement de la ligne B du métro jusqu’à l’hôpital Lyon sud -mais déjà dans la situation actuelle- va permettre à des habitants de laisser leur voiture au profit du métro. Mais là n’est pas tout à fait la question. La question est que vous avez annoncé, il y a maintenant quelques jours et notamment à l’occasion de la conférence de presse du 20 juin dernier, qu’il y avait une possibilité -et c’est de toute manière dans l’engagement qui est pris ce soir- de mettre en place un dispositif de péage urbain.

La question qui se pose en la matière est moins sur le principe -dont on peut discuter, bien évidemment- que sur le périmètre qu’il conviendra de définir pour savoir précisément quels seront ces enjeux et de quelle manière les choses pourraient se mettre en place -sans compter que la volonté de protéger le cœur de notre Métropole est bien compréhensible, compte tenu des éléments que nous avons-. Encore faut-il que, pour les territoires en dehors de ce périmètre, il y ait une appréciation particulière quant aux effets de la décision de ce soir.

Cela pose peut-être aussi la question du développement d’autres moyens de transports en commun complémentaires, au-delà du métro, qui peuvent être le tramway ou d’autres dispositifs, comme le train, qui ont été évoqués tout à l’heure, mais également la mise en place sans doute de parcs-relais plus importants que ceux qui existent aujourd’hui, voire la mise en œuvre de sous parcs-relais intermédiaires qui pourraient permettre finalement de gérer, sous forme de filtres, l’arrivée des différents modes de déplacements, singulièrement automobiles, sur le cœur de notre Métropole. Sur ce point-là, nous avons délibéré au mois de septembre 2015 -sauf erreur de ma part- pour une étude relative à ce sujet. Pourriez-vous nous dire à quel moment nous aurons le résultat de cette étude et dans quelles conditions nous allons pouvoir débattre ensemble de la mise en œuvre -oui ou non d’ailleurs mais probablement- de ce péage urbain à l’échelle de notre Métropole ? Cela me semble absolument nécessaire.

Enfin, sur les actions particulières qui ont été évoquées, évidemment, la plus symbolique d’entre elles est le déclassement de l’A6/A7 pour lequel notre groupe a un avis favorable, il n’y a pas de difficulté.

S’il faut revenir sur le tout voiture, il faut aussi ne pas exclure la voiture ! D’autant que nous allons bénéficier -et tant mieux- d’évolutions technologiques en matière de déplacements, et singulièrement d’un parc automobile électrique peut-être de plus en plus important -ce qui est souhaitable, je le redis-. Comment anticiper l’arrivée de ce parc automobile nouveau qui finalement ne supprimera pas la voiture de nos plans de circulation ? C’est un sujet qui mériterait bien sûr d’être discuté.

Voilà ce que nous souhaitions dire à ce stade sur cette délibération. Cela n’est pas évoqué dans la délibération -mais c’est peut-être normal- encore qu’on aurait pu avoir des éléments sur les aides potentielles que nous pourrions mettre en place, en particulier sur l’aide aux personnes les plus en difficulté et dans les logements les plus dégradés et pour lesquelles nous souhaiterions pouvoir agir assez vite.

Voilà, monsieur le Président, les observations que je souhaitais faire pour le compte du groupe Les Républicains et apparentés qui, je le redis, sous le bénéfice de ces quelques questionnements, votera cette délibération.

Qualité de l’air
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