Retrouvez l’intervention de Christophe Quiniou
  • (seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, mes chers collègues

La politique cyclable de notre agglomération est un sujet fréquemment abordé, et particulièrement en ce moment. En effet, la thématique environnementale étant enfin dans les priorités des uns et des autres, chacun se penche, avec plus ou moins de pertinence sur la nécessité de faire des propositions pour améliorer les conditions de circulation des cyclistes. Car, c’est un fait, si l’on veut diminuer la place de la voiture, il faut, soit que les personnes se déplacent moins, soit qu’elles se déplacent autrement. À voir que pour construire les milliers de mètres carrés de bureau autour de la Part Dieu, il est clairement choisi la seconde solution. Donc vous avez opté de continuer à imposer un maximum de déplacements quotidiens aux habitants de notre agglomération. Soit la multipolarité, si souvent évoquée à encore à s’imposer dans les faits. Il faut donc que les grands lyonnais se déplacent autrement, et là, mis à part ces nouveaux engins qui fleurissent et dépérissent rapidement, ne reste globalement que trois solutions : Le covoiturage, les transports en commun et bien évidemment, une des plus belles inventions de l’homme, la bicyclette. Cependant, chers collègues, La bicyclette est-elle la solution à toutes et à tous ? Il est clair que non. Pour x raisons, très souvent justifiées, la plupart des personnes ne peuvent abandonner leur voiture. De même, à moins de consentir à des temps de déplacement particulièrement longs, et pénalisant la vie familiale, de nombreux déplacement ne peuvent se faire avec les transports en commun. Dans Lyon centre, c’est simple. Mais dès que l’on s’éloigne, les contraintes s’accumulent. Par exemple, monsieur le président, lorsque que je vous ai croisé la semaine dernière aux vœux de Vaulx-en-Velin avec votre collaboratrice, je ne pense pas que vous soyez rentré en vélo. Notre PDU définit une cible, particulièrement ambitieuse pour nos déplacements vélo : 8% de part modale, 92% des déplacements se feront donc autrement. Alors, ne vous méprenez pas. Je suis le premier des promoteurs de la pratique quotidienne du vélo. Mais justement, pour cela, et en le mettant en pratique depuis 2 décennies, je connais les contraintes et les difficultés qui s’y rapportent. Alors vous allez me dire, quel rapport avec la subvention pour la Maison du Vélo. J’y viens. Oui il faut, malgré toutes les difficultés, essayer d’accompagner le maximum de personnes vers la voie cyclable, mais il faut également le faire dans une logique globale. Pour ce faire, les associations de cyclistes sont nécessaires. Mais bien souvent, ces associations de cyclistes sont particulièrement revendicatives, voire même extrémistes. Il n’est pas rare d’entendre des propos anti-voiture chez leurs membres. Il y a parfois même, dans ces associations, des engagés de formation politique couleur de gazon, qui pensent qu’ils sont les seuls à avoir une légitimité à évoquer les déplacements vélocipédiques. Alors sans doute que la pratique du vélo apporte une oxygénation supérieure à ses adeptes qu’aux autres. C’est peut-être pour cela qu’ils sont capables, mais avec un nombre restreint de se mobiliser et se faire entendre. Mais soyons lucides : forte revendication ne vaut pas forte représentation. Nombreuses sont les personnes qui ne partagent pas la vision toute cyclable des acharnés de la petite reine. Nombreuses sont les personnes qui sont particulièrement sensibles à la nécessité de changer nos comportements, mais qui sont, tout comme moi, persuadées que les progrès technologiques modifieront rapidement les équilibres et les contraintes actuelles. C’est pourquoi, au-delà des retours que peuvent nous faire les associations de cyclistes, il est important également de prendre en compte les contraintes de tous les usagers de notre métropole qui ne peuvent pas se retrouver dans les joies de la pratique du vélo. De même, chers collègues, il faut que soient revus les fameux crédits de proximité. En effet, pour le moment, il faut choisir entre aménagements cyclables ou équipements de sécurité car c’est le même budget. De plus, pour les villes en extension ou les suites à permis de construire sont nombreuses, il devient impossible de débloquer des budgets pour les aménagements cyclables. Bien sûr nous voterons cette subvention car les actions de sensibilisation portées par la Maison du Vélo sont nécessaires, et en plus elles sont bien faites. Mais il faut également que toutes les voix soient entendues et anticiper dès à présent une ville qui devra faire avec des voitures non polluantes, peu bruyantes, mais toujours aussi dangereuses pour les autres usagers si elles sont sur les mêmes espaces publics. En d’autres termes et pour conclure, si le vélo il faut favoriser, ne pas les autres modes dénigrer, car sans nul doute, il faudra y revenir au cours de sa vie.
Promotion du vélo et des modes doux