Monsieur le Président, chers collègues, par ce rapport, il nous est donné l’occasion d’évoquer le devenir de l’aéroport Saint-Exupéry qui est un élément essentiel de développement économique et d’aménagement du territoire. Nous ne reviendrons pas, monsieur le Président, sur votre précipitation à créer la Métropole pour répondre à des enjeux plus politiques que d’intérêt local et qui, de fait, ont étouffé tout débat sur la délimitation du territoire pertinent de notre institution avec nos collectivités partenaires.

Nous avons vu votre rattrapage en proposant d’intégrer le dossier de la plaine Saint-Exupéry dans le Pôle métropolitain. C’est effectivement une bonne chose, même si nous sommes encore circonspects sur votre implication réelle dans ce dossier. En effet, le rapport numéro 2015-0673 concernant la mise à disposition de personnel au profit du Pôle fixe comme priorité la communication et l’organisation d’événementiel ; c’est un peu court pour porter le développement d’un aéroport. Or, cet aéroport est un peu maltraité par notre collectivité. Que l’on pense à la gare ferroviaire connectée, aux capacités de développer des mètres carrés de bureaux, aux liaisons routières à développer, on ressent comme une volonté de limiter son développement pour ne pas faire d’ombre à d’autres projets sur la Métropole et particulièrement sur le centre urbain.

Aujourd’hui, c’est l’ouverture du capital qui porte à discussion. On a pu apprendre en commission développement économique, par la bouche du premier Vice-Président, que la Métropole serait consultée sur le cahier des charges. N’oublions pas qu’elle possède 5 % du capital. On en est heureux, surtout si vous aviez consenti à évoquer ce dossier avec les Conseillers métropolitains.

Cet aéroport a ses propres caractéristiques. Avec 8 500 000 passagers, il est loin derrière Genève et Nice. Il est dépendant à 40 % du trafic d’Air France et, au regard des annonces actuelles de la compagnie, ce n’est pas de là que l’on doit attendre le développement du trafic. Aussi, les vols low cost poursuivent leur augmentation : de 27 % en 2014, ils passeront à 30 % d’ici 2019. Pour poursuivre son développement, la Société des aéroports de Lyon a engagé un plan d’investissement de 350 M€ qui s’étale jusqu’en 2019. Autant dire que la vente du capital par l’Etat majoritaire est un changement majeur tant il peut emporter des évolutions de gouvernance et de priorités de développement.

Sans évoquer les possibles repreneurs avant l’annonce d’une liste officielle, nous tenons toutefois à présenter des éléments qui doivent servir de réflexion au positionnement de la Métropole sur ce dossier.

D’abord, la vente ne peut pas se baser sur le seul critère financier. Si l’Etat recherche, à l’évidence, un gain par la vente de ses parts, le choix doit surtout répondre à une vision de développement de l’infrastructure dans son environnement territorial. Développer le trafic est une attente de chacun mais celui-ci doit se faire conformément à la vision du développement économique que nous souhaitons localement et dans une perspective d’ouverture internationale de notre Métropole. Pour cela, l’adossement à un autre équipement qui partagerait déjà une vision internationale doit être étudié.

Ensuite, l’aéroport doit rester un outil d’accompagnement des orientations politiques locales. Il s’agit notamment du tourisme et de la capacité à maintenir les voyageurs sur le territoire alors que le trafic est composé à 63 % de voyages de loisirs, un exemple de réussite, et le développement de la porte d’entrée pour les Alpes et les stations de sports d’hiver.

Enfin, le travail de rationalisation des services de l’aéroport comme la gestion des bagages ou le passage des flux doit être poursuivi. Celui-ci amène des gains de productivité qui permettent de faire baisser les charges des utilisateurs et donc de rendre plus compétitif notre aéroport. Cela implique donc que le futur repreneur s’engage à réinvestir une partie de ses recettes dans l’équipement.

Nous avons évoqué l’aéroport nous-mêmes puisque vous ne nous proposez pas d’échanger sur ce sujet. Mais nous pourrions aussi évoquer d’autres grands équipements sur lesquels vous laissez les Conseillers métropolitains sans information.

Parlons de l’Anneau des sciences, puisque la délibération numéro 2015-0667 nous donne une information bien cachée dans le texte : aux détours d’un paragraphe, on apprend -je cite- : “Les études de l’Anneau des sciences sont également reportées suite à la non-obtention de la subvention européenne de 0,9 M€.” On apprend donc à la fois que la Métropole n’est pas capable d’aller chercher des subventions européennes alors que 276 dossiers ont été retenus -et cela malgré le budget important que vous nous demandez pour le service relations internationales dans le rapport numéro 2015-0674- et aussi qu’en l’absence de cette recette, vous décidez de ne plus poursuivre les études sur l’Anneau des sciences. C’est étrange cette impression de déjà vu car nous vous avions interrogé à ce sujet le 23 février 2015, lors du vote de l’autorisation du dépôt de la demande de subvention et vous n’aviez pas souhaité nous répondre pour le choix qui serait le vôtre en cas de non-obtention de la subvention. Mais cela c’était avant le vote de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Que pouvez-vous donc nous dire sur l’avancement de ce dossier ? Quelle est votre position aujourd’hui vis-à-vis de ces Communes qui attendent un engagement de votre part sur la réalisation de ce projet ?

Et, plus largement, monsieur le Président, notre groupe vous a proposé plusieurs fois, pour éviter ces découvertes pas assumées dans les dossiers des Conseils, que l’on puisse organiser des commissions générales, conformément à l’article 34 du règlement intérieur, afin d’échanger sur ces grands dossiers et permettre à chacun, dans un esprit constructif, de faire part des enjeux et des besoins priorisés pour le territoire. Nous sommes toujours en attente et nous ne pouvons malheureusement que regretter votre absence de réponse pour l’instant.

Je vous remercie.

 

Privatisation de l’aéroport Lyon-St Exupéry et infrastructures