Intervention de Dominique NACHURY
  • (Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,

Cette délibération propose d’adopter la charte départementale métropolitaine de prévention des expulsions locatives du Rhône pour la période 2019-2025. La prévention des expulsions locatives s’inscrit dans le cadre du « Plan local d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées » et du programme « Logement d’abord ». L’objectif de cette actualisation de la charte est de consolider et renforcer les actions existantes. Bien sûr il faut saluer l’importance du partenariat au sein de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives dite CCAPEX. Bien sûr, il faut insister sur la nécessité de prévenir dans tout domaine singulièrement pour éviter la violence d’une expulsion signe de l’échec des politiques sociales. Cependant la lecture de cette délibération et l’exposé de la situation en commission appelle les observations suivantes : 1/ – une observation très générale, au-delà de ce seul dispositif et qui sans doute concerne bien des acteurs publics : les idées sont généreuses, les objectifs ambitieux, les avis et recommandations pertinents. Mais si les mots sont beaux, la réalité l’est-elle ? Quand, arrivant par la rue Garibaldi dans cet Hôtel de la Métropole on voit que sont toujours dressées ces tentes où depuis des mois vivent des personnes, Quand on sait combien il est difficile voire impossible de mobiliser quelques logements pour mettre à l’abri des femmes et leurs enfants victimes de violences alors que tous nous appelons à lutter contre les violences faites aux femmes,…/… Nous devons honnêtement nous interroger :
  • Les mots suffisent-ils pour traiter les maux ?
  • Est-il pertinent de traiter les conséquences successives sans revenir à la cause ?
2/ – une observation plus précise sur les implications de la Métropole dans cette politique de prévention ; sont évoqués :
  • Le soutien aux associations et dispositifs sous réserve des crédits correspondants,
  • La mobilisation du FSL,
  • L’intervention des travailleurs sociaux.
Mais les moyens sont-ils suffisants, bien orientés, bien évalués dans leur efficacité ? 3/ – enfin une observation plus personnelle sur l’objectif quantitatif de réduction du nombre d’expulsions locatives. Il est proposé de réduire de 10% chaque année le nombre de concours de la force publique exécutés. Comme si seule la violence affichée publiquement de l’expulsion dérangeait.
Prévention des expulsions locatives