Non, c’est moi. Monsieur le Président, l’aménagement du territoire est une compétence de la Métropole de Lyon qui peut donc agir directement ou indirectement sur le maintien des services de proximité sur son territoire. J’évoquerai particulièrement ce soir le service de La Poste.

La Poste a un double engagement, elle est chargée de missions de service public et elle est aussi une entreprise. En cela, elle doit financer ces actions par des recettes propres tout en bénéficiant des contreparties de ses missions de service public. Chacun de nous sait ici que La Poste subit depuis plusieurs années un défi sans précédent avec l’avancée du numérique qui remet en cause son activité historique, l’acheminement, la distribution et le transport d’information physique. Les chiffres sont assez édifiants : 18 milliards de lettres en 2008, il en restera 9 milliards en 2018.

Pour maintenir son activité, La Poste s’est engagée à la fois sur l’adaptation de son réseau et le développement de ses nouveaux services. Pour cela, la Poste va modifier les missions de ses facteurs pour les rendre porteurs de nouveaux services de proximité, dont l’extension des tournées dans la journée. Elle a aussi fixé comme objectif d’avoir 17 000 points de contact sur le territoire. Pour le Rhône, en 2015, on comptait 282 points de contact répartis en 184 bureaux de poste, 57 agences postales et 41 relais Poste chez les commerçants.

La mise en place de ces points de contact va de pair avec la fermeture des bureaux de poste dont la perte de trafic se constate chaque année. Cette perte est intrinsèquement liée à l’évolution des habitudes nouvelles prises par les usagers qui sont consommateurs d’opérations dématérialisées et qui évitent donc le déplacement dans les bureaux.

Nous ne sommes plus à l’heure du débat sur la réorganisation ou non des services et des agences puisqu’un plan de modernisation a été adopté sous couvert de l’Etat. Toutefois, on ne peut pas se désintéresser des évolutions et des impacts sur les services de proximité sur la population et notamment sur la plus fragile qui soit n’a pas accès aux services numériques, soit n’a pas la capacité de se déplacer facilement. Avec la prise en charge de la compétence action sociale, la Métropole est au coeur de cette préoccupation de ces publics fragiles et elle est, à côté du Maire, l’interlocuteur institutionnel sur l’aménagement du territoire.

Monsieur le Président, nous souhaiterions savoir si, dans le cadre des réflexions que nous devons engager sur la répartition des services métropolitains pour assurer une présence de proximité auprès de la population, vous prenez en compte les problématiques de la présence postale et des services qui y sont rattachés.

Cette présence ne doit pas se limiter à envisager un accueil physique, il s’agit de repenser l’accès aux services dans une société qui évolue dans ses démarches administratives par le numérique. Il s’agit donc de créer des accès à tous pour que chacun puisse avoir un accès au service public par des formes innovantes. Cette vision s’inscrit dans la démarche “Grand Lyon Métropole intelligente”, pour laquelle nous avons déjà eu à verser des subventions pour des projets certes plus éloignés du citoyen mais dont la déclinaison devrait aussi servir au plus grand nombre. Soyons audacieux pour lancer un “Living Lab” qui innoverait dans l’accès aux services publics et apporterait ainsi un outil aux communes rurales.

Cette dimension intègrerait l’humain là où vous avez commencé par l’urbain !

Merci.

Présence postale
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