Monsieur le Président et chers collègues, les trois rapports qui nous sont présentés portent sur le projet ambitieux de votre programme d’insertion métropolitain pour l’emploi, autrement appelé PMI’e. Ce dernier a été voté, je vous le rappelle, il y a plus de neuf mois, avec une période de gestation de presque un an puisque la prise de compétence par la Métropole du volet insertion date du 1er janvier 2015. Voilà donc bientôt deux années passées et nous en sommes encore aux balbutiements de sa mise en œuvre.

J’en prends pour exemple la mise en place des chargés de liaison entreprise emploi, les fameux CLEE, qui devaient être un pivot du dispositif du PMI’e, ce lien indispensable pour -je vous cite- “rapprocher l’insertion et le développement économique”. Nous n’en sommes aujourd’hui qu’à voter les subventions pour les expérimentations sur certains territoires choisis, expérimentations qui, comme la plupart des projets innovants portés par la Métropole, vont d’abord bénéficier à Lyon et Villeurbanne ; à Villeurbanne qui en profite pour financer l’ancien poste de chargé de relation entreprises (CRE) de la ville, qui était en portage communal, en le remplaçant par le poste CLEE financé à hauteur de 51 400 € par la Métropole. Par ailleurs, on va donner 48 125 € à la Maison de l’emploi de Lyon pour financer le passage à mi-temps du chargé de mission ZFU qui bascule sur la fonction de CLEE pour les cinquième et neuvième arrondissements.

Et on nous explique que “ces territoires disposent d’une antériorité et d’une organisation à consolider et à adapter avec les acteurs du territoire”. Est-ce à dire que les autres ne l’ont pas ? Les chargés de relation entreprise sur les autres territoires seraient-ils moins compétents ?

Devons-nous rappeler, monsieur le Président, que l’Est lyonnais cumule à lui seul plus de 60 % des publics en insertion de la Métropole, dont font partie les bénéficiaires du RSA ? A Décines Charpieu, la Maison de l’emploi, créée dans les années 90, a porté les dispositifs d’accompagnement des publics en insertion et a été à l’origine d’un des premiers PLIE (plan local pour l’insertion et l’emploi) de la Région, qui deviendra plus tard le PLIE Uni-Est.

Les chargés de relation entreprise interviennent depuis des années pour ce rapprochement du monde économique avec celui de l’insertion. Ils étaient financés auparavant par l’Etat, dans le cadre de la politique de la ville, avant que le Gouvernement socialiste actuel ne se désengage de ces accompagnements, laissant aux Villes seules le financement de ces CRE.

L’histoire du développement industriel de l’Est lyonnais fait de ce territoire un secteur riche en entreprises : les zones industrielles de Chassieu, Meyzieu, Saint Priest, Corbas sont parmi les plus denses de la Métropole.

Enfin, tout justifierait que nos territoires de l’Est lyonnais soient prioritaires dans la mise en œuvre de ce PMI’e. Mais c’est pourtant l’ouest qui va bénéficier des prochains déploiements, avec la création future d’un poste CLEE porté par Techlid pour reclasser l’animatrice CTEF sur ce territoire.

Sur la délibération numéro 2016-1430, vous nous demandez de financer une étude -une de plus- pour évaluer les dispositifs d’insertion et définir de nouveaux indicateurs qui permettraient de mesurer l’efficacité de la politique métropolitaine d’insertion. C’est à croire que l’indicateur principal -et qui doit le rester- de la sortie vers l’emploi ne permet pas à votre plan d’insertion d’être évalué positivement.

Encore une fois, cela démontre mon propos en préambule : ce PMI’e qui se voulait ambitieux au départ reste sur la réserve et n’est pas à la hauteur des enjeux de notre Métropole. Croyez bien que nous le déplorons et nous vous demandons, monsieur le Président, de faire de l’emploi une priorité absolue. C’est un enjeu majeur de société et il mérite toute notre attention.

C’est pour cela que nous voterons ces rapports, en espérant que vous teniez compte de toutes nos remarques et que la Métropole ne se contente pas de reprendre ce qui existait au Département mais s’empare de ce dossier pour lui donner la dimension qu’il mérite.

Merci.

Pour une politique d’insertion équilibrée géographiquement