Alexandre Vincendet

Alexandre Vincendet
Maire de Rillieux-la-Pape
Conseiller métropolitain

Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente, mes chers collègues, le rapport sur lequel vous nous proposez de délibérer est évidemment lié au transfert de compétences du Département et porte sur un point qui mérite plus qu’un simple vote de subvention.

En effet, des collégiens de la Métropole doivent tous les midis prendre leur repas ailleurs que dans leur établissement. Cette restauration se fait soit dans d’autres collèges, soit dans les lycées voisins et la Métropole reproduit une pratique du Département visant à financer, pour des sommes parfois importantes, allant jusqu’à 40 000 € pour le collège Maria Casarès de Rillieux la Pape, des déplacements quotidiens d’élèves ayant entre 11 et 15 ans issus de zones urbaines et souvent de quartiers populaires.

Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, l’ambition de la Métropole -en tout cas c’est ce qu’il nous semble comprendre à travers vos déclarations médiatiques- est d’être un pôle d’attractivité européen, doté des plus belles infrastructures, d’entreprises innovantes, d’universités performantes, d’institutions culturelles et sportives dignes des plus grandes agglomérations mondiales. Vous comprendrez donc que voter une subvention pour que des collégiens puissent aller manger à midi dans d’autres établissements scolaires que les leurs n’est pas vraiment conforme à l’enjeu de l’ambition démographique de la Métropole. Car, en toute logique, les établissements scolaires sont implantés dans des zones où la population devrait augmenter afin de répondre à un besoin d’équipements publics.

Alors oui, bien entendu, dans un premier temps, il convient de perpétuer cette aide financière. Mais mesure-t-on les problèmes relationnels entre les collégiens qui s’invitent, malgré eux, aux heures du repas, dans d’autres établissements ? Pensez-vous sincèrement qu’à cet âge, l’accueil au milieu des lycéens d’Albert Camus de Rillieux la Pape soit l’idéal pour les collégiens de Maria Casarès -pour ne prendre que cet exemple- ? Pensez-vous, au moment où les rythmes scolaires sont réformés, qu’il soit agréable pour ces collégiens de passer 45 minutes quotidiennes dans les autocars et de n’avoir qu’à peine 30 minutes pour déjeuner ?

Les services du Grand Lyon indiquent qu’une solution de restauration en liaison froide ne saurait être envisagée pour un collège comptant moins de 400 élèves. Le Conseil général avait des critères légèrement différents et la Présidente Chuzeville avait accepté de lancer des études de création de cantines pour un établissement, justement comme le collège Maria Casarès de Rillieux la Pape qui compte aujourd’hui 469 élèves et dont les effectifs sont en hausse constante. L’ambition qu’avait le Conseil général était justement de mettre progressivement un terme à ce qui constituait un facteur d’inégalité entre élèves et entre collèges en favorisant les solutions de liaisons froides.

Notre groupe attend donc de l’exécutif un engagement au moins identique et votera bien évidemment ce rapport mais nous souhaiterions savoir, madame la Vice-Présidente, quelle est la politique de l’exécutif dans ce domaine.

Quelle politique de restauration scolaire dans les collèges ?
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