Guy Barret

Guy BARRET
Maire de La Mulatière
Conseiller métropolitain

Monsieur le président, mes chers collègues

Cette intervention porte sur les rapports 360 et 361

Nous accueillons bien sûr avec plaisir la commune de Quincieux , ses habitants et ses élus dans notre PLU-H  et nous leur souhaitons la bienvenue et bon courage sur les chemins du Projet d’aménagement et  de développement durable (PADD) du PLU-H qui, pour être bornés de bonnes intentions n’en est pas moins pavé ici où là de formulations et d’imprécisions  qui suscitent interrogations ou inquiétudes de la part des élus municipaux.

La déclinaison des orientations générales du PADD du PLU-H sous forme de quatre défis à assumer pour assurer la transition vers un autre mode de développement ne peut qu’entrainer l’adhésion. Qui pourrait être contre le développement d’une métropole attractive, la création d’emplois,  la réponse aux besoins en logements de tous les habitants dont on améliorerait la cadre de vie et le bien-être.

 Tout cela est formulé en quatre courtes propositions lapidaires, généreuses et généralistes dans le document dont il est bien précisé qu’il a « pour but de permettre aux membres du conseil de la métropole de débattre des orientations politiques à l’échelle de l’agglomération sans entrer dans les déclinaisons territoriales ni les détails techniques du futur arrêt de projet du PLU-H (zonage et règlement) ».

 Certes, mais les élus sont bien placés pour savoir que la réalité du quotidien, la vrai vie, se déroule sur le terrain, sur des territoires fort divers dont les contraintes, les besoins ne sont pas les mêmes et qui appellent des réponses adaptées, parfois sélectives qui obligent, qu’on le veuille ou non à descendre rapidement  un peu plus bas dans l’échelle du zonage  sans se contenter de bons principes généraux.

 Pour ne pas être trop long, je ne prendrai qu’un exemple mais qui est emblématique de cette problématique, celui de la densification :

  • La densification : si l’accueil de 150 000 nouveaux habitants d’ici 2030 sur la métropole ne peut se faire dans le cadre d’un étalement urbain mal maitrisé, il faudra bien tenir compte des réalités existantes, reconnaitre que certains secteurs sont déjà très denses voire surdensifiés. Les maires ne veulent pas devenir  des bétonneurs à outrance, ou paraitre comme tels et souhaitent que les 50% d’espaces verts à conserver prévus dans le SCOT se répartissent de façon harmonieuse à l’échelle des communes mais aussi des quartiers.
  • Cette densification a des effets collatéraux multiples dont certains se manifestent de façon immédiate : ainsi celui du stationnement des véhicules nouvellement arrivés qui ont la fâcheuse tendance à encombrer de plus en plus des voiries devenues insuffisantes. Cela  montre bien que la construction de parkings dans les nouvelles constructions ne peut se faire à partir d’une réglementation unique valable partout.
  • Construire nécessite aussi et d’abord de posséder du foncier, donc à un certain moment d’en maitriser les possibilités d’acquisition. Or il est dit bien peu de choses sur la politique foncière de la Métropole et des moyens qu’elle entend y consacrer.

 Mais peut-on développer l’attractivité et le dynamisme économique de l’agglomération  sans les entreprises, peut-on  attirer  des entreprises si elles n’ont pas un accès facile pour leurs salariés, leurs clients, leurs fournisseurs, peut-on faire venir des habitants s’ils ne trouvent pas des logements de qualité dans un cadre de vie agréable et aéré  avec  à proximité des services et des lieux possibles d’emplois ? Tous ces défis s’entrecroisent et ne peuvent être étudiés indépendamment les uns des autres.

 Se pose alors la question des conséquences des mutations du PLU-H :

En particulier les déplacements restent au cœur des problèmes.

Pour les transports individuels nous venons de voir que la densification modifie les rapports aux voiries (routes stationnements). Il est dommage, mais c’est la structure de notre métropole qui fait du SYTRAL une entité autonome, que le PDU ne soit pas inclus simultanément dans le PLU-H. Ces deux plans  n’ont pas les mêmes objectifs au même moment ni les mêmes acteurs.

 Pour les communes, la densification  aboutit à une augmentation significative des besoins, un développement du CCAS,  plus de services, plus de crèches et  d’écoles qui sont à la charge des communes. Ceci à une époque où les dotations, nous le vivons tous,  s’amenuisent. Certains travaux d’investissement restent particulièrement lourds, la construction d’écoles en particulier. On voit déjà des communes à la peine utiliser largement les préfabriqués de type Algéco pour faire face aux besoins. Ce ne sont pas vraiment les locaux rêvés pour nos enfants quand on vient s’installer dans une commune.

Est-il prévu une participation de la Métropole ?  Une reprise  des contrats pluriannuels d’aide à l’investissement que proposait le  département ?

On  constate qu’il y aura plus de taxes ménages qui vont rentrer notamment par votre décision d’augmenter les impôts mais qu’elles ne profiteront pas nécessairement aux investissements lourds.

 D’où nos inquiétudes sur les relations entre la métropole et les communes pour l’élaboration du nouveau PLU-H , et on en revient au rapport n° 360.

La collaboration se fait donc avec les communes, encore représentées par leur maire et les adjoints concernés. Mais qu’en sera-t-il après 2020 pour les modifications du PLU-H à venir et la prochaine révision dans une quinzaine d’années, lorsqu’un certain nombre de communes n’auront plus d’élus qui siégeront au conseil métropolitain. Il ne faudrait pas que l’exercice  actuel soit l’anticipation d’une procédure future qui exclurait les élus locaux.

 Les maires souhaitent aujourd’hui être écoutés, comme ils le sont, mais surtout entendus. Je reconnais que le travail des services métropolitains est considérable sur ce dossier qui concerne cinquante-neuf communes. Mais nous souhaiterions malgré tout de leur part plus de souplesse et de visibilité. Plus de souplesse avec des correspondants identifiés qui soient plus réactifs, qui puissent avoir rapidement un rôle de conseil face aux questions qui nous reviennent. Régulièrement des pétitionnaires potentiels, au courant de la révision nous mettent la pression pour des projets qu’ils pensent plus intéressant pour eux de faire passer avant la révision et nous n’avons pas toujours la réponse.

Plus de lisibilité avec un calendrier fiable de réunions connu à l’avance, non modifié qui nous permettrait de préparer nos dossiers au bon moment. Plus de lisibilité avec des bassins de vie définis de façon précise pour que nous puissions nous concerter en intercommunalité.

 Ces questions illustrent le décalage qui existe entre la vision et le travail administratif nécessaires des services et la réalité du « quartier vécu » (comme on dit en politique de la ville) par les habitants et les élus. Il faut vraiment que chaque partie puisse intégrer la logique de l’autre et cela passe par des contacts, peut-être moins formels mais plus fréquents et plus confiants. Il ne faudrait pas enfin, que ce décalage parfois flagrant dans le domaine de l’urbain se retrouve aussi à l’avenir dans celui de l’humain, que la Métropole est dorénavant amenée à gérer.

 Notre groupe  a voté, malgré tout,  le rapport n°360  et prend acte du n°361.

Je vous remercie de votre attention.

Orientations du Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat (PLU-H)