intervention de Christophe Quiniou
  • (Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, citoyens représentants,

A l’évidence à lire la presse les déclarations des uns et des autres, c’est à bras le corps que les actions nécessaires aux stratégies bas carbone vont être mises en place et c’est une bonne chose. Je voudrais remercier aussi pour tout le travail qui a été fait sur ce plan climat air énergie territorial. C’est un énorme travail qui a été fait avec le cœur par Bruno Charles et avec engagement par les services. Nul ne doute aujourd’hui de toute la qualité qui a été mise en place pour définir toutes les actions et essayer de balayer ce domaine extrêmement large car il est particulièrement complexe… J’avais prévu, chers collègues de vous décrire et de vous donner un point précis sur chacune des 23 actions-cadres pour illustrer mon propos, je ne le ferai pas, de nombreux thèmes ont été abordés ce soir. Heureusement que nous n’en sommes plus à démontrer l’urgence de la situation. Les acteurs locaux sont tous sensibilisés et depuis de nombreuses années. Là où nous en sommes tous est de savoir que peut-on faire à notre échelle ? Quelles sont les actions réelles que l’on peut mettre en place à notre niveau ? Parce que la volonté est bien présente mais, malheureusement, les actions concrètes sont délicates à mettre en œuvre et parfois délicates à évaluer. C’est l’objet de ce rapport et je remercie encore Bruno Charles par rapport à cette vision qu’il a d’être capable d’évaluer les actions, pas seulement de donner des objectifs que l’on n’est pas forcément capable d’atteindre. C’est la force de notre plan climat, cette stratégie de fixer des objectifs réalistes, même si parfois ils peuvent faire du mal, à savoir que l’on ne peut pas aller aussi vite que ce que l’on voudrait, mais surtout de se donner les moyens de les évaluer. Je me permettrai cependant une remarque sur le déséquilibre de nos actions et le périmètre territorial de notre Métropole car en effet, la limitation de notre consommation d’énergie carbonée n’est pas seulement liée à la consommation sur le territoire de la Métropole, malheureusement. Et on ne peut travailler que sur un niveau local qui est loin de faire la part globale de tout ce que l’on émet en termes de carbone. Cette consommation est induite par les produits de consommation et la production souvent éloignée de notre Métropole et ce n’est pas à notre niveau que nous pouvons prendre des actions, mise à part, pour la plus grande partie, la sensibilisation des citoyens. Cependant, souvent, certaines de nos politiques publiques sont contraintes et je pense, notamment, aux mobilités, à la limitation de l’usage de la voiture individuelle qui a fait partie du plus grand nombre d’attentions lors des consultations citoyennes, françaises et non pas cubaines. À l’échelle de la Métropole nous arrivons petit à petit à limiter cet usage et à augmenter les parts modales des autres modes. Mais cette stratégie urbaine s’accompagne d’une fuite des habitants vers des territoires périphériques où ils peuvent continuer à trouver des conditions d’habitat à des prix accessibles. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que les erreurs du passé, et notamment l’étalement urbain, est encore une réalité dès que l’on sort du périmètre de notre Métropole et avec cet étalement, une consommation de ressources rapportée à l’habitant insoutenable et complètement incompatible avec nos objectifs. Comme toujours, le constat est simple mais comment agir ? En intégrant la variable énergie-climat dans toutes nos décisions. Ainsi, par exemple, quand des projets de transport en commun, quels qu’ils soient, peuvent aboutir à favoriser un étalement, comme en tirant des lignes de métro aux confins de la Métropole, il faut que, d’une part les impacts soient quantifiés mais que, d’autre part les collectivités hors de la Métropole s’engagent dans leur politique urbaine pour ne pas contrebalancer nos propres efforts. Le plus important c’est que, désormais, cette lutte contre les sources du dérèglement climatique s’accélère, qu’elle ne soit pas l’apanage de courants politiques qui, certes et il faut le reconnaître, ont beaucoup œuvré au niveau médiatique pour que cette thématique soit présente dans les débats mais qui ont aussi souvent caricaturé l’action des autres formations politiques, essayant de faire croire qu’ils étaient les seuls capables. Notre groupe rassemble des Maires qui tous peuvent être fiers des très nombreuses actions mises en place à leur niveau pour accompagner la transition énergétique. Et c’est plein d’espoir pour une transition positive et productive qu’ils continueront de s’engager. Et bien évidemment, notre groupe s’engagera avec vous dans ce plan climat air énergie territorial. Je vous remercie.
Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)