intervention liminaire de Philippe Cochet lors du Conseil de la Métropole du 13 mai 2020
Monsieur le Président, Mes chers collègues,
 
S’il y a bien une chose que la Métropole de Lyon ne connait pas c’est l’ennui ! A chaque conseil on peut commenter son actualité politique.
 
Et celle-ci est toute empreinte à la vague du Surréalisme. Attention… Ne vous attendez pas non plus à une fresque de Luis Buñuel, on est plutôt dans le navet !
 
Lors de notre dernier conseil je vous faisais part de notre crainte sur l’inaction de notre collectivité au regard de votre opposition avec Gérard Collomb et des conséquences sur le délitement de votre majorité. Vous aviez répondu devant cette Assemblée : circulez il n’y a rien à voir.
 
Nous aurions aimé vous croire car comme nous l’indiquions, nous souhaitons que vos derniers mois de présidence soient utiles à la Métropole et aux habitants du Grand Lyon.
 
Mais force est de constater que votre réponse du tout va bien était plutôt une méthode Coué qui n’était pas partagée par le principal intéressé, qui expliquait le 17 avril dernier qu’il allait je cite vous mater par la douceur. « Vous connaissez les poulains, ça se cabre un peu de temps en temps »
 
En même temps vous êtes toujours là, nous pourrions donc être rassurés. Mais non, car on a du mal à comprendre qui gouverne dans cette maison.
 
D’un côté le Vice-président aux finances, grand afficionados de Gérard COLLOMB, nous a présenté en commission les grandes lignes du plan de rigueur imposé aux finances de la Métropole pour nous démontrer combien la collectivité est économe. Mais dans le même temps vous annoncez des dépenses non prévues : La relance du plan 3A ; des nouvelles primes pour acheter la paix sociale, la majoration du plan Eco Rénov, la relance des investissements pour les transports en commun, l’accélération de la PPI avant les élections…
 
Nous sommes d’accord avec de nombreux choix cités si ceux-ci entrent dans une stratégie globale d’investissement. Mais quelle est la vraie vision budgétaire de la Métropole ? Personne n’est capable de le dire.
Aussi, nous nous interrogeons sur les moyens dédiés à nos communes pour faire avancer nos projets. La purge que vous effectuez actuellement au sein des services n’est pas non plus sans nous interroger sur les capacités futures de la Métropole à fonctionner normalement.

Et puis, qui représente notre territoire dans les compétences de la Métropole ? Nous avons des doutes lorsque nous constatons que Only Lyon, organisme financé par la Métropole, annonce dans un communiqué officiel que Gérard COLLOMB Maire de Lyon se rendra en visite officielle au Japon du 20 au 25 mai pour, je cite : « promouvoir les secteurs d’excellence de l’agglomération lyonnaise ».
 
Monsieur le Président vous êtes notre représentant à l’international et dans la mise en œuvre de la politique économique de la collectivité. Comment alors comprendre que cette représentation soit exercée par un élu métropolitain n’appartenant pas à l’exécutif, sous couvert d’un organisme officiel de la Métropole alors même que le service des relations internationales est une des rares mutualisations de la Métropole ? Quand Gérard COLLOMB indique que le Président a besoin de lui. Est ce Monsieur MACRON ou Monsieur KIMELFELD ?
 
La confusion est totale et ce ne sont pas vos soutiens qui apportent vraiment l’apaisement. Je ne résiste pas à citer notre collègue Max VINCENT qui parle de ses amis Synergies-Avenir devenus dissidents : « Il y a des opportunités politiques. Il y en a certains qui doivent leur poste à Gérard COLLOMB donc ce sont des affidés. Ils ne peuvent pas le trahir ».
 
Donc si on comprend bien, pour les autres membres du groupe la trahison est légitime !
 
Remarquez, ce n’est pas vraiment une découverte, car on avait déjà pu le constater vis-à-vis des électeurs ! Gérard COLLOMB doit regarder ces défections, ces désertions, ces trahisons avec la même intensité que lorsque lui a trahi le Parti Socialiste et vous-même qui étiez l’un et l’autre premier secrétaire du PS du Rhône.
 
Monsieur le Président, nous nous attendions à un rebond politique sur grand écran, à une Renaissance peut-être, pour reprendre le mot à la mode de votre parti politique La République en Marche. Malheureusement, on devra se contenter de poursuivre à regarder une série B sur petit écran.
Philippe COCHET – Vers une Métropole paralysée ?