Lors du conseil de la Métropole du 5 novembre 2018, Philippe COCHET s’est exprimé à propos du retour du fils prodigue, Gérard Collomb.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

En premier lieu, notre Groupe LR et apparentés souhaite la bienvenue au nouveau Maire de Lyon qui a été élu ce matin avec 41 voix, c’est nettement moins bien mais ça passe encore !

C’est donc le retour du fils prodige. Enfin le fils retrouvé mais pas exactement le même car.

  • Ce n’est pas celui qui a été socialiste pendant des années.
  • Ce n’est pas celui qui est devenu macroniste le temps d’un aller retour au Ministère de l’Intérieur.
  • Ce n’est pas celui qui a fait voter des lois contre lesquelles il s’était battu pendant des années les rares fois où il était présent au Sénat.

C’est plutôt celui qui sentant le retournement de l’opinion et l’amateurisme du macronisme, a choisi de revenir à Lyon prestement pour assurer une éventuelle retraite électorale.

Et là, que ne fut pas notre surprise de voir se déchirer deux camps parmi les brebis égarées qui depuis des décennies faisaient des courbettes devant celui qui faisait et défaisait les carrières politiques à gauche.

Jusqu’à voir certains courageux dirent tout haut ce que tout le monde pensait tout bas : que ce retour n’était pas le bienvenu.

Le discours du nouveau maire de Lyon de ce matin était pathétique, vous découvrez des sujets qui maintenant vous passionnent, vous essayez de compléter votre majorité avec l’opposition car vos amis s’éloignent de vous. Mais après tout ce ne sera qu’une conversion de plus comme dans la chanson de Jacques  Dutronc L’opportuniste : « moi je ne fais qu’un seul geste, je retourne ma veste, toujours du bon côté »

Par vos jeux de pouvoir, par cette majorité unie comme le costume d’Arlequin,  vous avez transformé notre Assemblée en jeu de dupes.

Dupés car la Métropole a été créée par Gérard Collomb et Michel Mercier sans concertation et sans information préalable du Conseil.

Souvenons-nous de la présentation faites à l’auditorium le 1er février 2013. Les questions légitimes posées à l’époque par le Maire de Villeurbanne et moi-même étaient les rares interrogations sur cette construction métropolitaine face à la béatitude de certains. Nous avions raison avant l’heure. Nous avions prévenu ceux qui à l’époque considéraient nos interventions comme « politiques ».

Dupés lorsque votre majorité hétéroclite a validé benoîtement vos orientations qui s’imposent dorénavant aux Grands Lyonnais : hausse d’impôts, densification, baisse des moyens en faveur des transports en commun, non accompagnement des territoires communaux dans leur croissance démographique, etc…

Dupés quand on voit que le groupe des deux présidents successifs de la Métropole est composé de gens qui ne savent plus qui ils sont et dont le mot socialiste est galvaudé par les renoncements individuels au profit de strapontins.

S’il y en a un qui ne peut pas parler de clarification c’est bien le de nouveau maire de Lyon qui à peine sorti du TGV le ramenant de son ministère parisien déclare qu’il ne sera pas un candidat étiqueté La République en Marche sous les yeux naïfs de la présidente du groupe Socialiste de notre Assemblée et accessoirement députée En Marche.

Dupés quand vous avez échafaudé un stratagème pour permettre à Monsieur Kimelfeld d’être élu à votre place en signant un accord avec Synergies-Avenir. Accord que vous n’avez pas tenu sur la représentation de toutes les communes au sein du conseil de la Métropole à partir des élections de 2020. Et dire que certains ici continuent à tenter de nous expliquer que cette Assemblée n’est absolument pas politique et qu’ils travaillent sans arrière-pensée électorale.

Dupés quand cette collectivité territoriale est la seule à ne pas appliquer la parité dans son exécutif. Quelle tartufferie de la part de certaines élues qui n’ont jamais de mots assez durs pour dénoncer l’absence de la parité ailleurs, que de les voir taire leur combat dans notre collectivité dès l’instant où elles bénéficient d’avantages à titre individuel.

Dupés quand on voit que la commission permanente n’intègre aucun représentant de l’opposition contrairement à toutes les autres collectivités départementales et régionales. Il ne faudrait donc pas de représentants de l’opposition dans les Assemblées ? Ils sont beaux les discours plein d’emphases sur le nouveau monde et sur la Métropole de Lyon comme un modèle à dupliquer en France.

Dupés quand on voit cet exécutif qui se plaint du fonctionnement de la Métropole alors qu’ils sont élus Président, Vice-présidents ou conseillers délégués. Comment ne pas s’étrangler en lisant dans la presse les propos du Président de notre institution dire que certains dossiers sont bloqués car on ne respecte pas sa volonté politique ?

Nous respectons le suffrage des urnes, nous respectons aussi les alliances qui vous donnent votre majorité car nous sommes dans le débat démocratique. Mais nous mesurons l’ampleur de ces non-dits, de ces faux-fuyants, de ces renoncements de certains au sein de cette Assemblée. Une mention particulière à ces élus qui ont soutenu monsieur Macron aux élections présidentielles et les législatives.

La clarification vis à vis des Grands Lyonnais est impérative. Il en va de la crédibilité de l’institution. Les méthodes de gouvernance sont à revoir totalement car il en va du respect et de la prise en compte des citoyens de la Métropole de Lyon. Monsieur Képénékian a évoqué ce matin un très beau mot : la sincérité, que chacun ici médite sur la définition de celui-ci.

Notre groupe Les Républicains et apparentés continuera son travail de fond et ses contre-propositions. Vous en aurez l’illustration lors des rapports que nous allons étudier.

Nous renouvelons nos félicitations au nouveau maire de Lyon pour son élection et nos félicitations au Président de la Métropole de Lyon qui a déjà intégré le non-cumul maire/président de la Métropole, même si ce choix n’en est pas vraiment un.

Philippe COCHET s’exprime sur le retour du fils prodigue