Monsieur le Président, mes chers collègues,

La présentation du rapport sur l’égalité homme-femme est une obligation légale, mais il n’en perd pas moins de son intérêt pour assurer une société plus juste.

Le rapport fait comme chaque année un état des lieux de la situation dans notre collectivité en étudiant le rapport homme-femmes de nos agents.

Cette année, le rapport nous demande aussi de valider la participation de l’appel à projet « Promouvoir et favoriser l’égalité et la mixité professionnelle entre les femmes et les hommes » et là nous nous sommes dit : « ouf ! » on n’est pas passé loin de la correctionnelle.

Imaginez un peu si l’appel à projet avait été intitulé : « promouvoir et favoriser l’égalité et la mixité de votre structure entre les femmes et les hommes », et bien là nous n’aurions pas pu répondre !

Oui car notre collectivité est loin de montrer l’exemple. Surtout, la tête de l’exécutif qui a fait le choix de s’asseoir sur l’égalité homme-femme car la parité de l’exécutif ce n’est pas une obligation légale à la Métropole de Lyon ! Donc comme ce n’est pas obligatoire vous ne faites pas le choix de respecté la parité, on voit bien comment vous pensez l’égalité homme-femme : un carcan législatif plutôt qu’une chance d’une société fondée sur des valeurs de respect.

Alors on a essayé de comprendre pourquoi ?

Le conseil de la Métropole n’est pas mixte, mais cela, Monsieur le Président vous n’y pouvez rien puisque c’est la conséquence du système d’élection. Cela évoluera en partie en 2020. Et encore pas complètement car sans entrer dans des considérations trop techniques, le fait que M. Collomb ait créé des circonscriptions avec un nombre impair de représentants favorisera mathématiquement un sexe selon le choix des têtes de liste. En clair, si on favorise les têtes de liste hommes dans ces circonscriptions, mathématiquement les hommes seront surreprésentés.

En revanche, votre exécutif n’est pas paritaire et cela relève bien de votre seul choix puisqu’il est issu d’une élection uninominale.

À l’époque du Président Collomb nous avions eu une explication peu satisfaisante mais qui avait au moins le bénéfice de l’honnêteté. Les accords politiques passés avec des groupes exclusivement masculins et d’autres où les hommes sont surreprésentés, empêchaient la parité. L’intérêt électoral et partisan justifiait le renoncement à la parité.

Avez-vous la même explication Monsieur le Président Kimelfeld ?

Et bien non, car vous avez en la personne de Monsieur Renaud George un digne porte-parole qui nous a expliqué en commission sociale pourquoi la parité n’avait pas pu être respecté au sein de la commission permanente.

S’agissant non pas d’une vraie commission permanente mais en fait d’un exécutif déguisé, il apparaissait normal que celle-ci soit constituée autour de personnes qui cumulent à la fois la confiance du Président de la Métropole et des compétences pour assurer les fonctions de l’exécutif.

Et donc au regard de ces deux critères, Monsieur George nous a expliqué qu’il était normal qu’il y ait moins de femmes car c’est plus dur pour elles de remplir ces deux critères !

Il y a eu des réactions un peu mouvementées au sein de la commission.

On savait déjà que le nouveau monde n’avait rien à envier à l’ancien monde et c’est finalement pire, il peut aussi n’avoir rien à envier au Moyen-Âge !

Philippe Cochet – Rapport sur l’égalité Femmes Hommes