Monsieur le Président,

Nous avons souhaité intervenir pour vous faire part de notre inquiétude. Il n’aura échappé à personne que vous dirigez une collectivité territoriale soumise à des votes pour mettre en œuvre des politiques dans ses domaines de compétence, qui devraient être fondées sur une vision de développement et d’aménagement partagée par une majorité.

Or, depuis quelques mois, on pourrait même dire depuis le 3 octobre 2018, la Métropole fleure bon la seconde restauration avec une « chambre introuvable » où les ultras tentent de faire plus que le monarque dans un contexte de terreur blanche.

Cela avait commencé gentiment avec Roland BERNARD qui critiquait votre incapacité à assurer votre rôle de chef et évoquait une forme de trahison dans votre refus de démissionner. Cela nous avait peinés. Mais finalement comme Roland BERNARD est toujours 12e conseiller délégué on ne peut que se dire qu’il avait raison !

La charge la plus virulente est venue de Richard BRUMM qui semble mieux maitriser la langue fourchue contre ses adversaires politiques, que celle des finances publiques. Car si en commission finances ses capacités à argumenter se font rares, en parlant à votre encontre de déloyauté, de prééminence du maire de Lyon, il a montré ses grandes capacités d’analyse politique. Mais finalement comme Richard BRUMM est toujours 5e vice-président on ne peut que se dire qu’il avait raison !

Confronté à tant de défiance, Monsieur le Président nous ne comprenons pas votre refus de faire entrer les membres de notre groupe dans la commission permanente, alors que vous y avez déjà une partie de votre opposition. À n’en pas douter nous ne serions pas aussi violents que vos faux amis.

Tout cela pourrait prêter à sourire si ce n’était que la vulgate de combattants politiques dans l’arène médiatique. Mais ce qui nous inquiète ce sont les conséquences sur la vie de notre collectivité et pour les grands-lyonnais. Et j’en veux pour preuve deux exemples peu médiatiques mais si parlants.

  • La démotivation de vos troupes va aussi loin que l’organisation des réunions. Je ne reviendrai pas sur les présences en conseil d’administration des collèges où les élus de la majorité sont si souvent absents que cela vous a amené à avoir un contact direct avec les principaux de collèges. Dernièrement je citerai le report des réunions concernant les personnels comme les conseils de discipline, pour manque de quorum des élus de la majorité alors que les élus de notre groupe eux étaient présents !
  • Autre exemple, c’est le rapport 3412 de ce conseil dans lequel à la demande de la ville de Lyon on provoque la démutualisation en imposant deux conventions avec le gestionnaire des espaces publics de l’hôtel Dieu là où on avait décidé de mutualiser cette fonction. C’est l’inverse de tout ce que l’on prône depuis des années. Thierry POUZOL conseiller délégué aux « Rapprochements » aurait dû s’y opposer, mais il a pris fait et cause pour Gérard COLLOMB donc la position politique prend le pas sur l’intérêt général.

Cette situation nous inquiète pour deux raisons.

  • D’une part, notre souhait c’est que la gouvernance de la Métropole se poursuivre et que cette dernière année soit efficace. Car la Métropole au regard de ses compétences ne peut pas se permettre d’être bloquée ou même d’agir au ralenti. Si nous ne partageons pas vos orientations politiques, nous soutenons les actions d’intérêt général pour les habitants du Grand Lyon.
  • D’autre part, car chacun ici se doit d’être responsable. Face à la contestation sociale, il y a une attente fondamentale des citoyens c’est celle que les élus assument leurs choix politiques. Depuis quelques semaines on assiste au spectacle honteux de ceux qui quittent le navire pour bien se placer, ceux qui se désolidarisent de choix politiques qu’ils ont soutenu pendant des années, ceux qui nous rabâchent « je l’avais bien dit » mais qui votaient quand même !

Alors oui, les membres de la majorité actuelle, quelles que soient leurs positions partisanes devront assumer ensemble : L’augmentation des impôts ; la baisse des moyens au SYTRAL ; la densification des territoires ; la non représentativité de toutes les communes en 2020… La liste est longue

Il sera difficile pour ceux qui ont eu l’habitude du double langage de se présenter devant les électeurs en défendant l’inverse de ce qu’ils ont voté. Même si Edgar Faure précisait que ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent, nous rappelons la citation que certains peuvent méditer : les faits sont têtus.

Philippe COCHET – Question sur la majorité