Monsieur le Président, mes chers collègues, je tiens à rassurer immédiatement monsieur le Président : il n’est pas dans mes intentions de vous annoncer la création d’une nouvelle association à l’instar de Grand Est Métropole, dont vous connaissez d’ailleurs tous l’existence et qui voit son nombre d’adhérents augmenter jour après jour. Non, le déclassement de l’A6-A7 n’est pas à l’ordre du jour, même si cela me démange d’en parler.

Nous sommes amenés aujourd’hui à nous prononcer sur l’individualisation complémentaire d’une autorisation de programme relative à la protection du patrimoine lyonnais et ici, en l’occurrence, la place des Terreaux. Il est bien évident que notre groupe se prononcera favorablement.

La conservation de notre patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel, est une priorité tout simplement parce qu’elle est plus qu’une conservation, elle est une transmission. Et vous, monsieur le Président, qui avez été, à vos heures de gloire, professeur de lettres classiques, ne pouvez qu’en être convaincu.

Si nous sommes bien conscients que la Ville de Lyon possède de nombreux sites à la valeur exceptionnelle, chacune des Communes de la Métropole possède elle aussi des éléments patrimoniaux chers au cœur de chaque habitant. Si leur intérêt notamment historique peut sembler moindre, ils n’en revêtent pas moins une grande importance, y compris symbolique pour nos administrés. Je souhaite donc que notre assemblée, tant par le biais de la PPI que du PLU-H, y soit particulièrement attentive dans l’avenir.

En fait, notre groupe serait intéressé plus généralement de savoir comment, selon quels critères, monsieur le Président, vous opérez vos choix en matière d’aide aux projets de territoire. Quelle est votre vision ? Comment la partagez-vous ? Nous vous posons la question parce que des signes peu encourageants nous ont été adressés récemment.

Prenons le déclassement de l’A6-A7 -et oui, tout se tient !- : on ne sait toujours pas où sont les financements mais on y va tout de même ! D’autres opérations programmées à la PPI vont-elles en faire les frais ?

Autre signe peu encourageant, le positionnement de la Métropole quant à l’avenir du musée des Tissus et des Arts décoratifs. S’il est bien un musée qui témoigne de la richesse du patrimoine artistique et artisanal de Lyon, c’est bien celui-ci. L’absence injustifiée et injustifiable de la Métropole dans le tour de table initié par monsieur le Préfet de Région nous interpelle fortement. Est-ce une volonté délibérée de votre part de vous désister le jour pour le lendemain afin de ne pas participer au tour de table des négociations ? Et ne nous répondez pas que le devenir du musée des Tissus est une affaire de dépenses de fonctionnement, n’ayant rien à voir avec le sujet de ce jour qui traite de dépenses d’investissement. Notre débat porte, au-delà de la nomenclature budgétaire, sur notre patrimoine et les mesures que nous sommes amenés à prendre pour le sauvegarder et le transmettre.

En conclusion de mon intervention, si nous sommes bien évidemment prêts à vous accompagner dans la remise à niveau des espaces publics de la Presqu’île et augmenter ainsi fortement le montant total des autorisations de programme afférentes, il nous manque une vision claire et partagée des politiques globales que vous menez sur l’ensemble de notre territoire en matière d’aides aux projets, notamment patrimoniaux.

Merci.

Patrimoine et investissement