Pascal CHARMOT est intervenu en conseil de la Métropole du lundi 17 septembre au sujet du plan d’actions pour les mobilités actives.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Dans la délibération 2018-2598 de mars, portant sur l’ouverture et les modalités de la concertation préalable relative à la requalification de l’A6/A7 à l’horizon 2020, entre Limonest et Pierre-Bénite, il était question des quatre objectifs et orientations d’aménagement du projet de déclassement :

  • La voie de covoiturage : pas de problème, elle est sur l’ensemble de l’ex A6/A7

  • Le développement des transports en commun : la ligne express est essentiellement au service de Limonest/Dardilly et n’apporte quasiment rien à Ecully, Tassin la Demi-lune et Champagne au Mont d’Or.

  • La requalification des voies urbaines : les voiries concernées sont sur le territoire du 9e qui est moins concerné par le déclassement que les communes citées précédemment.

  • Pour les modes doux : impossible de faire une voie sur l’emprise du boulevard urbain dans la portion de l’ex A6 car en amont du Valvert (prévu en tranchée couverte au programme Anneau des sciences) le nombre de véhicules devrait rester trop élevé, environ 80 000 véhicules/jour (sic !).

De fait pourquoi votre plan d’action pour les mobilités actives (PAMA) ne prévoit-il pas de suppléer à ce manque ?

Une fois de plus nous constatons que comme pour le PLU-H vous ne teniez pas compte du déclassement et de certaines orientations du PDU (parc-relais de la Duchère-Sauvegarde par exemple). Prévu au schéma des grandes infrastructures routières, anticipé dans sa mise en œuvre, acté par délibération de notre assemblée en juillet 2016, sa prise en compte dans la phase 2 du PAMA était l’occasion évidente et impérative d’accompagner ce choix.

La copie rendue ne répond toujours pas aux besoins des territoires touchés par le déclassement. Il aurait été judicieux de prévoir des pistes cyclables parallèles à l’ex A6 et d’autres transversales.

Pour souhaitable que soient les opérations attendues par les communes qui en ont fait la demande et visées dans cette phase 2, le travail d’anticipation n’a pas été fait. Pourquoi ne pas anticiper la phase 3 créditée de 6 M€ pour compléter la phase 2, vu les besoins ?

Nous notons par ailleurs que le budget total du PAMA de 20M€ indiqué dans la délibération a été amputé d’un million d’euros par rapport au montant initial du plan voté en mai 2016 qui prévoyait 21M€. Pourquoi ?

Lorsque vous annoncez un objectif de 8% de part modale pour le vélo sachant que nous sommes bloqués à 2% depuis 2009, cette coupe budgétaire est un non-sens.
Le vélo PAMA aurait besoin d’une assistance, pas de dégonfler ses pneus !

L’extension du réseau cyclable structurant sur les grands axes de voiries s’avère inadéquate et sans vision stratégique.

Sur les 4 objectifs et orientations d’aménagements du projet il n’y en a qu’un, le covoiturage, qui concerne encore Ecully, Champagne au Mont d’Or et Tassin la Demi-Lune. Pour les 3 principaux ces communes sont oubliées :

  • Développer les transports en commun : la ligne express qui devait avoir un arrêt au Pérollier n’aura plus aucun arrêt entre le départ de la ligne (Vaise) et son arrivée (Dardilly), peut-être à la Sauvegarde.

  • Développer les modes doux : il n’est rien encore prévu au nord de Lyon, donc pour Tassin la Demi-Lune – le projet de l’avenue Bergeron est essentiellement celui de Charbonnières-les-Bains – pas plus pour Ecully, Champagne au Mont d’Or et autres communes au nord. Nous espérons en phase 3 pour Tassin la Demi-Lune la mise en œuvre du projet de piste cyclable avenue Victor Hugo dont le scénario est validé.

  • Engager la requalification urbaine : les seules voiries concernées sont sur le territoire du 9e et débouchent à leur extrémité sur Ecully et Champagne. Tassin la Demi-Lune compte une voie importante débouchant sur le tracé de l’autoroute, l’avenue Victor Hugo, exclue de la liste des voies spécifiques à étudier dans le périmètre de concertation relative au déclassement.

Pour conclure, au regard de l’enveloppe de 20M€ et du coût moyen des opérations individualisées de la phase 1, au nombre de 6, et celles à réaliser en phase 2, au nombre de 11, environ 8 autres pourraient compléter en phase 3 le plan d’ici 2020, soit 25 opérations au total.

Pour un territoire de 59 communes et un objectif affiché de part modale vélo à 8%, n’est-ce pas rouler en mode « petit braquet » ?

Je vous remercie.

Pascal CHARMOT – Plan d’actions pour les mobilités actives