Intervention de Pascal Charmot lors du conseil de la Métropole de Lyon du 27 avril 2018 à propos de l’aide métropolitaine aux investissements sportifs

Par cette enveloppe financière d’un montant moyen de subvention de 1913 € par dossier retenu, la Métropole souhaite, entre autre, inciter les clubs sportifs de bassin de vie à une plus forte mutualisation des moyens et équipements.

C’est une orientation louable et je crois admise désormais par tous les acteurs publics et associatifs locaux, tant il est vrai que de nouvelles coopérations sont nécessaires pour éviter de disperser les ressources, en particulier financières, devenues de plus en plus contraintes.

Cependant, pour louable qu’elle soit, cette orientation aurait besoin d’un engagement plus volontariste et plus conséquent de la Métropole tant auprès des clubs locaux qui animent le territoire et offrent une diversité de pratiques, que des communes dont dépend exclusivement en définitive la réalisation de ces équipements sportifs.

Et là, force est de constater que l’offre de la Métropole aux communes est bien décevante et manque réellement d’ambition.
Dans le Pacte de cohérence métropolitain présenté comme un contrat modèle, à imiter, de partenariat gagnant/gagnant, cela se résume à un support en ingénierie. Rien sur le financement des projets. Ce n’est pas prévu dans le contrat.

Rien en matière de politique foncière par exemple. Alors que bien des communes sont en tension sur ce sujet, ne disposent pas ou très peu de capacité, elles sont confrontées à des coûts très élevés d’achat du foncier.
Là encore, aucun moyen n’est engagé pour identifier les potentiels sites d’implantation ou à restructurer dans les bassins de vie et mobiliser les outils réglementaires en ce sens.

Tout au plus, le cadre réglementaire du droit des sols de compétence métropolitain, autrement dit le PLU, futur PLUH, prévoit des dérogations en principe destinées à sécuriser les autorisations d’urbanisme pour que la commune puisse agir sur du foncier très contraint et ainsi réaliser des équipements publics, sportifs, en s’appuyant sur l’intérêt collectif de ceux-ci.
On en connait déjà les limites car dans certains cas, la justice fait fi des validations de ces dérogations, au mépris du bon sens et balaie d’un revers la cause du sport et surtout de l’intérêt général. C’est préoccupant.

Rien en matière de financement des équipements. Même pas pour les investissements dans des équipements sportifs dédiés au sport des collégiens. Et pourtant, ce ne sont pas les besoins qui manquent notamment pour les gymnases par exemple. Je connais une commune où le Maire n’a d’autre choix que d’échanger du foncier municipal avec la Métropole pour envisager de reconstruire ensuite le gymnase au bénéfice du collège de compétence métropolitaine.
C’est un comble tout de même !

Je sais ce que M. Brumm répondrait : la PPI ne prévoit pas d’aide à l’investissement local. Oui, à l’inverse du Département qui lui participait à l’investissement communal justement pour ne pas créer de distorsion entre territoires et pour plus d’équité, d’équilibre. Mais pour le sport dans les collèges, je pense qu’il est possible de faire un effort.

Le sport amateur, c’est la vitalité de notre sport. La base de tout. Ce sont les millions de Français. Il faut plus de liens avec l’école. Il faut avoir des infrastructures de niveau. Tout ce qui a été lancé doit être démultiplié et il faut moderniser certains équipements.
Ce propos est du Président de la République au sujet du lien entre l’école et le sport. Vous le voyez, même lui le dit.

L’enjeu est capital pour l’avenir du sport et des clubs d’envergure locale dans les bassins de vie. Car ce sont ces clubs et ces communes qui créent le lien générationnel, la dynamique sportive et demain pourront non seulement fournir les futurs compétiteurs de haut niveau mais surtout permettront de maintenir une offre sportive de proximité, pour nos jeunes, pour favoriser le sport et le handisport pour tous.

Enfin, c’est un enjeu économique comme il est indiqué dans le rapport pour une pérennisation des emplois. Je parlerai aussi de leur développement imposé aux clubs car nous le savons bien, le bénévolat devient de plus en plus difficile à susciter, à pérenniser. Sans bénévole, sans cette ressource, cette richesse, il faudra bien se tourner vers des salariés donc donner aux clubs la capacité de les embaucher.

En conclusion, je citerai le philosophe et grand sportif qu’est Franck Ribéry: “c’est des petits détails qui sont très importants”.

Je vous remercie.

Pascal Charmot intervient sur l’aide métropolitaine aux investissements sportifs