Merci, monsieur le Président. Mes chers collègues, le protocole de préfiguration que nous nous apprêtons à voter marque le lancement concret de cette phase de la rénovation urbaine. Son adoption a une triple portée : évidemment concrète d’abord puisqu’il autorise le lancement d’opérations, politique ensuite car il définit les priorités du renouvellement urbain en termes d’action publique mais aussi symbolique puisqu’il permet de parler publiquement de nos quartiers populaires où vit une partie importante des habitants de notre Métropole ; ces quartiers populaires qui sont beaucoup montrés du doigt par les médias, qui font l’objet de tous les fantasmes et dont les habitants ont souvent le sentiment -loin d’être inexact- d’être abandonnés.

Nous avons la chance d’être au cœur d’une Métropole dynamique, accessible, innovante en matière culturelle, performante sur de nombreux points et nous constatons que les événements importants, les équipements d’envergure, les financements majeurs sont parfois trop centralisés. Mais nous ne sommes pas les seuls à nous en rendre compte ; les habitants de nos quartiers le voient également et il est aisé de s’apercevoir de la frustration que peut générer cette sensation de n’être pas assez considéré. C’est tout le malaise que l’on ressent dans ce territoire qui forme ce que l’on appelle aujourd’hui la “France périphérique”.

Alors autant vous dire que ce protocole est un signe important en direction de ces populations dont il doit prendre en compte les attentes qui sont fortes.

Notre groupe relève que, parmi les sept orientations du contrat de ville métropolitain sur ces quartiers, nous trouvons des thématiques intéressantes comme le logement, le cadre de vie, l’activité économique et commerciale, la transition écologique, la participation des citoyens et quelques autres alors que, malheureusement, la priorité numéro un de ces quartiers qu’est la tranquillité publique n’apparaît pas.

Aucune aide n’est proposée aux Communes en matière de sécurité alors que c’est sur ce domaine que les habitants aujourd’hui nous sollicitent le plus. Comment penser développement durable ou démocratie participative lorsque l’on craint pour son intégrité physique dès qu’on sort de chez soi ? De même, comment parler d’attractivité commerciale ou de cadre de vie quand des lieux entiers sont quasiment de fait interdits aux femmes ; je pense par exemple aux terrasses de certains cafés dans ces quartiers.

Ce rapport évoque succinctement ce sujet majeur en proposant qu’un des trois groupes ressources aborde cette thématique de la tranquillité publique, sans que cela soit bien défini d’ailleurs. La sécurité est un constat qui ne peut être que transpartisan et aujourd’hui, c’est le sujet de préoccupation numéro un de nos concitoyens avec ce que nous vivons.

Concernant le volet du logement, notre groupe se permet de souligner un point qui est loin d’être anodin puisqu’il concerne la reconstitution de l’offre sur la Métropole. En effet, le parc de logements sociaux de plusieurs

Communes, dont celui de Rillieux la Pape, est majoritairement détenu par deux opérateurs de l’Ain et un ayant son siège dans les Bouches du Rhône, qui n’ont que très peu d’opportunités de reconstituer leur offre sur la Métropole. Il est donc impératif que les opérateurs métropolitains -les autres, qui sont issus de la Métropole- jouent le jeu car sans possibilités suffisantes de reconstitution sur l’agglomération, même avec une convention ANRU ambitieuse qui prendra en compte ces écueils, il sera difficile -vous en conviendrez- d’être efficace et de rendre la rénovation concrète.

Je le répète, nous ne pouvons pas nous permettre de revivre les erreurs du passé. On ne peut plus entasser les habitants de même origine, de même religion, de même condition sociale dans des mêmes ensembles de logements. En faisant ainsi, on a démultiplié les problèmes et nous avons créé de véritables ghettos ; ce fut, à l’époque, le début du recul de la République dans ces quartiers. La mixité sociale -vous l’avez dit tout à l’heure, monsieur le Président- ne doit pas être un vain mot et nous devons nous en donner les moyens, c’est même aujourd’hui une impérieuse nécessité à l’échelle de notre pays.

Cet appel à une véritable solidarité territoriale est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. De la réalité de cette solidarité dépend l’efficacité de l’action en matière de logement. Nous ne pouvons pas nous permettre de décevoir les habitants de ces quartiers qui ont trop longtemps attendu et qui, dans certains quartiers, n’ont vu que des demi-mesures et même dans certains quartiers, comme ce fut le cas à Rillieux la Pape, n’ont pas connu de mesure du tout ; je pense au quartier des Allagniers qui est aujourd’hui un des plus pauvres, si ce n’est le plus pauvre de la Métropole.

Au-delà de cela, au vu de ce que notre pays traverse, la rénovation urbaine est un enjeu majeur pour l’avenir de la France.

Le NPNRU est ambitieux et nous voterons ce protocole mais notre groupe restera très attentif à son application et au fait que les habitants de ces quartiers voient vraiment leur quotidien changer.

Je vous remercie.

Nouveau programme national de renouvellement urbain