INTERVENTION de Chantal CRESPY

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, mes chers collègues,

En l’absence de restauration collective durant la période de confinement, vous nous proposez de voter un rapport concernant une aide forfaitaire de 100 ou 60 euros par collégien en fonction du quotient familial.
Si nous saluons cette initiative en direction des familles modestes, nous avons été surpris à la lecture du rapport de constater que les collégiens de l’enseignement privé étaient exclus de ce dispositif.

Cette surprise s’est muée en incompréhension après la commission éducation durant laquelle les raisons évoquées pour exclure les élèves des collèges privés fut toutes caricaturales et loin d’être convaincantes. Après avoir dit que les élèves sont prétendument issus de familles plus favorisées, que les parents font le choix de payer des frais de scolarité donc qu’ils doivent assumer leur choix, on a même eu droit d’entendre que la crise serait moins dure pour ces familles. Vous avez argué d’une solidarité entre familles qui existerait dans ces collèges pour expliquer votre choix, cette solidarité présupposée serait donc incompatible avec celle de la Métropole ?

Ces élèves issus du privé comme leurs collèges d’accueil sont victimes de préjugés infondés. En effet, les établissements d’enseignement privé reçoivent des élèves en difficultés familiales et scolaires dont certains sont boursiers.  Pour eux, pas d’aide de la Métropole, alors que les revenus de leurs parents sont modiques.   Il parait impensable d’exclure pour des raisons opaques, des enfants dont les familles en difficultés financières ont dû faire face à des dépenses d’alimentation imprévues, au seul motif qu’ils ne sont pas scolarisés dans les établissements publics.

 Je me permets de vous rappeler un élément fondamental : un élève quel que soit son lieu d’enseignement reste un enfant avant toute chose et doit faire l’objet d’un traitement équitable.

Cette discrimination est profondément injuste et réveille de vieilles querelles privé / public qui n’ont plus lieu d’être.  Même si notre collègue Damien Berthillet a salué cette différence d’approche comme la marque du prolongement des différences entre la Droite et la Gauche qui tend parfois à s’effacer face à d’autres enjeux.

C’est d’autant plus incompréhensible que notre assemblée a votée en conseil du 29 juin 2015 un dispositif de compensation tarifaire des demi-pensions des collèges privés sous contrat, une convention a d’ailleurs été passée entre la Métropole de Lyon et chacun des collèges privés sous contrat.

Pour réparer cette erreur notre groupe a fait le choix de déposer un amendement rétablissant l’égalité entre les enfants. Quel ne fut pas notre surprise de voir alors surgir un amendement de l’exécutif qui reprenne notre proposition.

On nous a alors expliqué que si les collèges privés n’avaient pas été intégrés c’est parce que le Diocèse n’aurait pas transmis les informations assez tôt.

Permettez-moi de sourire, Monsieur le Président, alors que durant la commission vos soutiens n’ont cessé d’exprimer que ce refus des enfants scolarisés dans le privé était un choix politique assumé. Vous avez changé d’avis, modifié votre orientation politique, rejoint la position du groupe Les Républicains.

Assumez- le sans inquiétude, cher David Kimelfeld, en ce moment c’est assez courant dans votre famille politique !

En tout cas, puisque votre position est aujourd’hui conforme à la nôtre nous voterons ce rapport.
Notre groupe rétablit l’égalité entre les collégiens du public et du privé
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