Monsieur le Président, Mes chers collègues,
 
Cette délibération, ainsi que les suivantes, nous interpellent sur l’organisation Métropolitaine en matière de gestion de sa compétence insertion.
 
Sur la gouvernance, je dois avouer que la complexité du dispositif ne participe pas à la simplification qui nous avait été annoncée :
 
On part d’un PMI’e (Programme Métropolitain d’Insertion pour l’emploi),
et on déploie un PTI’e (Pacte Territorial d’Insertion pour l’emploi),
lui-même décliné en CTI’e (Comité Territoriaux d’Insertion pour l’emploi).
On rajoute un Bureau Stratégique qui va définir les priorités d’actions en fonction des remontées des CTI’e,
lui-même s’appuyant sur des groupes de travail d’expertises opérationelles et des comités d’orientation.
 
Avouez que « Une chatte n’y retrouverait pas ses petits ! », pour reprendre une expression de grand-mères qui décrit bien cette situation plutôt complexe.
Je ne sais pas combien de mes collègues présent ont bien compris ce schéma de gouvernance …
 
Le manque de visibilité et la multiplication des dispositifs sont une source d’incertitude pour les opérateurs, principaux acteurs des dispositifs d’insertion,  mais surtout pour les employeurs que la Métropole souhaite associer à sa politique d’insertion.
 
En résumé : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! »
 
Sur l’enjeu de la proximité et de l’ancrage territorial vous avez choisi l’échelon de la CTM en associant tous les acteurs, élus, entreprises et opérateurs qui vont œuvrer au sein des CTI’e.
 
Le comité stratégique sera lui une sorte de guichet unique qui reprendra les propositions des comités locaux pour les décliner en orientations à l’echelle de la Métropole.
 
Mais n’oublions pas de tenir compte des diversités des territoires et des compétences communales engagées sur le champ de l’emploi et de l’insertion depuis plus de 20 ans, particulièrement dans les quartiers prioritaires qui concentrent une grande partie de la pauvreté.
 
Permettez-moi également de rappeler que, si la métropole a hérité du Conseil Général le suivi des bénéficiaires du RSA, près de 60% des publics en insertion ne bénéficie pas du RSA.
 
La prise en compte de tous les publics éloignés de l’emploi doit rester un préambule à la politique d’insertion que vous déployez.
 
En matière de financement :
 
Depuis le 1er Janvier 2017, la Métropole de Lyon assure, seule, la gestion du FSE pour l’ensemble du territoire qu’elle représente.
 
Nous nous interrogeons cependant sur les moyens que la métropole va consacrer, au-delà du FSE, pour garantir ses ambitions de « chef de file » de l’insertion sur le territoire.
 
Pour cette année 2019, année de « construction » de la nouvelle organisation qui succède aux PLIE, disparus depuis le 31 décembre 2018, vous aviez rassuré les acteurs sur une enveloppe FSE globale qui serait maintenue à l’identique.
 
On se demandait bien comment vous alliez répondre à la demande des territoires qui n’étaient pas dans les PLIE auparavant …
 
La réponse est qu’ils n’auraient rien ! Ils sont simplement laissés pour compte.
 
Nous avons également été surpris de découvrir, lors de l’instance de gouvernance FSE du 22 mai dernier, que la répartition par CTM n’était plus la même : pour Rhône-Amont, nous accusions une baisse de 48K€, soit une baisse de 13%, sans savoir précisément à quoi elle était due et comment elle se répartissait entre les communes de la CTM.
 
En effet, si plusieurs coordonnateurs avaient en leur possession les tableaux des demandes des opérateurs de leur CTM, pour Rhône Amont nous n’avons eu connaissance de ces données que 8 jours plus tard.
Cette baisse auraient-elle été actée avant même que les tableaux de répartitions ne soient finalisés ?
Doit-on soupçonner une inégalité de traitement selon les territoires ?
 
Permettez-moi de vous rappeler, monsieur le Président, que dès la première année de reprise du FSE par la Métropole, la commune de Décines-Charpieu subissait une perte de son enveloppe de près de 10% …
Et ne m’en voulez pas de défendre mon territoire et ma commune qui a été, dès 1993 à l’origine de la création du PLIE Uni-Est, puis de la mise en place de la 1er Maison de l’Emploi du Rhône dès 1995.
 
Monsieur le président, nous voterons ces délibérations, mais nous resterons vigilants à l’équité du déploiement des moyens pour réussir la politique d’insertion de notre Métropole.
 
Décines et sa Maison de l’Emploi s’engageront pleinement dans cette nouvelle organisation Métropolitaine pour l’emploi, ainsi que l’ensemble des communes représentés par les maires de notre groupe.
L’objectif étant de réussir, ensemble, une politique de l’insertion qui permettra à des femmes et des hommes, fragilisés par la perte de leur travail, de retrouver leur dignité par l’accés à l’emploi.
Mohamed RABEHI – PMI’e