Monsieur le Président, mes chers collègues,

Le Président de la COP 24 déclarait lundi 3 Décembre 2018 « Nous n’allons pas dans la bonne direction. Le dérèglement climatique va plus vite que nous ».

Compte tenu du retard pris, une ambition métropolitaine aurait mérité un plan d’actions d’urgence. Nous nous contenterons, aujourd’hui, d’un rapport sur le développement durable, assorti d’un diagnostic et de bonnes intentions.

Le titre du document de synthèse remis en commission est sobre comme notre défi environnemental: « Où en est le territoire de la Métropole de Lyon ? ».

À défaut d’accélérer le développement durable de la Métropole pour une urgence climatique, nous actons votre constat et nous mesurons avec vous, les marges de progression de la Métropole sur le développement durable.

Les métropolitains seront certainement rassurés, avec la création d’un « nouvel observatoire d’un développement durable ». C’est mieux qu’une commission et mieux vaut tard que jamais.

Ensuite, votre document précise, que si chaque habitant vivait comme un Lyonnais, il faudrait 3 planètes… !

Reconnaissez, Monsieur le Président, qu’en termes de pédagogie, l’entrée en matière est un peu abrupte. Cette formulation reste à la fois, dogmatique et culpabilisante.

Avons-nous besoin d’une décroissance, comme le suggère votre titre en page 11 : « le développement de la Métropole est-il soutenable par rapport aux bio capacités de la planète ? ».

Votre scénario de décroissance n’est pas adapté aux besoins de l’économie française, ni aux attentes des citoyens.

Votre raisonnement conduit aux dommages d’une fiscalité écologique punitive, qui fragilise les citoyens les plus vulnérables.

L’économie du XXIe siècle doit tendre à la décarbonation, ce qui ne signifie, ni la décroissance, ni la diminution drastique de la consommation d’énergie.

La Métropole a besoin d’un plan d’actions d’urgence, avec des priorités de développement durable, d’un calendrier et des indicateurs précis d’amélioration.

  • Où allons-nous tous ensemble et non les uns contre les autres ?
  • Quelles sont vos marges de manœuvre, pour une métropole plus sobre en ressources, en dernière année du mandat ?

Prenons 3 exemples : Urbanisme, déplacements et espaces verts

  • D’abord, l’urbanisme. Votre stratégie d’étalement urbain répond-t-elle au développement durable et au réchauffement climatique, avec des trajets domicile travail de plus en plus longs ?
  • Ensuite, les déplacements. La Métropole réduit sa subvention au Sytral de 3 % par an.

Par conséquent, chaque année, le désengagement de la Métropole oblige le Sytral à augmenter sa tarification. Alors que la fin du mois est aussi pénible que la fin du monde, votre méthode est punitive. Une fois encore, vous pénalisez les plus fragiles.

Le transport par câble pourrait être adapté à certains endroits. Vous l’avez écarté du plan des déplacements urbains.

Le transport fluvial soulagerait la voirie. Vous l’avez écarté du plan des déplacements urbains.

Pour nos déplacements, la seule énergie positive est la marche à pied. 10 000 pas/jour c’est bien pour notre santé. Est-ce le seul message à envoyer aux citoyens les plus vulnérables ?

  • Enfin, les espaces verts. Votre diagnostic acte la carence végétale de nombreux secteurs.

Mais dans les territoires périphériques, il se passe des choses et vous n’y êtes pas. Ainsi, plus de 320 personnes ont participé à une réunion publique à Francheville, sur les enjeux environnementaux, le 15 novembre dernier. Vous avez préféré décliner votre participation, avec des métropolitains qui ont un vrai attachement à notre patrimoine végétal.

La Métropole plante 3 000 arbres/an. Mais vous vous apprêtez à en détruire autant, à Francheville, sur un parc boisé de 4 hectares à 6 km de la place Bellecour pour construire un barrage.

En conclusion, Bruno Charles soulignait que : « Si nous réussissons notre transition énergétique, nous aurons le climat de Madrid. Si nous ne la réussissons pas, nous aurons en 2100 le climat d’Alger ». La canicule de 2003 semblera un été frais …

Depuis 25 ans, on en a eu des alertes : du protocole de Kyoto au sommet de la Terre, là même où le président Chirac se désolait en 2002 de voir notre planète brûler, alors que nous regardions ailleurs.

Monsieur le Président, vous mettez en place un dispositif d’ambulance, alors que la Métropole a besoin du SAMU.

La transition écologique a vocation à être réintégrée dans la politique économique, ce qui implique d’ériger en priorité absolue, la baisse des dépenses publiques. Elle conditionne durablement la diminution des impôts, dont dépend la soutenabilité politique et sociale de la taxe carbone.

Au final, Monsieur le Président, partageons-nous la même urgence, d’être la dernière génération à pouvoir agir contre le réchauffement climatique ?

Michel Rantonnet – Rapport annuel développement durable