Philippe Cochet

Philippe COCHET
Député-Maire de Caluire-et-Cuire Président du groupe “les Républicains et Apparentés” 

Monsieur le Président et chers collègues, qu’il fait bon de siéger au Grand Lyon ! Une ambiance calme et détendue où l’on ronronne sur des dossiers très souvent votés par consensus. Pour un peu, monsieur le Président, vous parviendriez à nous faire croire que la machine tourne toute seule et que l’on peut regarder ailleurs car vous vous occupez de tout !

Pourtant, à l’extérieur, on entend des grondements différents. Les agents sont en attente de réponse sur leur évolution statutaire, les Vice-présidents traitent des dossiers sans avoir l’air de savoir vraiment ce qu’il en adviendra au 1er janvier prochain et vous, monsieur le Président Collomb, vous êtes muet, mais seulement sur les sujets importants. En revanche, le Préfet, lui, parle à la place des élus en responsabilité. Selon lui, il ne resterait -je cite- “que quelques petits points à régler” a-t-il annoncé lors d’un déjeuner de presse. Je m’interroge et je pense que tous les collègues ici présents qui sont exclus de ces informations font de même.

Le cas des emprunts toxiques serait donc réglé, les coûts de fonctionnement du musée de la Confluence aussi, sauf à ce que vous reconsidériez, à l’instar du préfet, que ce sont de petits points.

On pourrait trouver des explications à ce mutisme et à cette berceuse que l’on nous joue depuis des semaines. Je n’oublie pas que, dans quelques jours, il y aura des élections sénatoriales où vous êtes candidat et donc il y a de grands électeurs à ne pas heurter et, à cause de cela, vous ne souhaitez pas avoir un discours de vérité.
Mais à ce jeu politicien se rajoute un élément plus grave : c’est la préparation de la Métropole et c’est l’absence de vision à long terme car, en vérité, les discussions ne sont pas encore abouties et ce sont les points durs qui restent à régler. Vous l’avez d’ailleurs annoncé vous-même en Bureau de la Communauté
urbaine et vous venez de le rappeler à l’instant lors de la commission générale.

J’en veux pour preuve les dossiers que l’on égrène petit à petit pour que cela ne se voie pas trop : deux petits rapports du Bureau du 8 septembre 2014 sur l’achat du matériel informatique par lesquels on adopte des avenants d’un montant de 1,2 M€ pour financer les surcoûts de la Métropole.

Ce rapport  numéro 2014-0271 sur les travaux de génie civil, sur lequel les services ont bien été obligés d’indiquer en commission qu’ils avaient dû adopter une majoration à la louche de 50 %, pour financer les ouvrages futurs du Conseil général. Nous verrons tout à l’heure les rapports numéros 2014-0310 et 2014-0311
pour des prestations informatiques, pour lesquels on nous a dit avoir majoré des montants en prévision de la Métropole mais sans savoir vraiment combien car, de l’aveu du Président de la commission, c’est un exercice difficile. Vous le savez, on s’en était rendu compte ! Soyons un peu sérieux, chacun comprend ce que cela veut dire.
Il faudra annoncer aux Maires les coûts budgétaires sur les investissements. Ce n’est pas un hasard si la programmation pluriannuelle des investissements ne sera votée qu’en 2015. Sur ce sujet d’ailleurs, vous entretenez un flou permanent pour à la fois tout promettre individuellement aujourd’hui et demain
tout refuser collectivement. Car qui décide des inscriptions ? Selon quels critères ? Quelles sont les enveloppes globales par compétence ? Quelles sont les répartitions territoriales ? Dites‑nous seulement quel est le calendrier officiel pour la préparation de cette programmation pluriannuelle des investissements
! Je pense que nombre de mes collègues ici seraient intéressés de mener un travail consciencieux et efficace pour définir le développement de leur Commune dans les années à venir. J’attends des réponses précises.
Mais il n’y a pas que des questions budgétaires. Il faudra aussi trancher les choix de gouvernance, notamment pour les Conférences des Maires. Je pourrais aussi parler de la définition des compétences communales au sein de la Métropole, ce qui n’est ni plus ni moins que de dire sur quoi et comment les Maires continueront à exercer leur mandat de manière différente de ce pour quoi ils ont été élus.
Pour toutes ces questions qui mériteraient des débats et des confrontations, on cherche à nous rassasier avec des présentations aseptisées. Mais ne nous y trompons pas ! On vit en fait dans une baronnie où l’on discute dans des alcôves entre “sachants”, faisant fi des élus locaux. Au-delà de notre propre mandat, vous avez oublié, monsieur Collomb, que ce projet n’est pas le vôtre, il est avant tout celui des habitants du Grand Lyon à qui il conviendra bien un jour de dire la vérité.

Mise en place de la Métropole : informez-nous !
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