Monsieur le Président, si le rapport soumis à notre approbation concerne en théorie seulement les bilans des ZAC concédées, il fut l’occasion pour votre majorité de nous présenter en commission une synthèse globale du marché immobilier sur la Métropole. C’est donc -vous l’aurez compris- sur cette synthèse globale que portera notre intervention.

Oui, effectivement, mes chers collègues, le marché immobilier de la Métropole en 2015 reflète, tant en immobilier tertiaire qu’en logement, un dynamisme qu’il convient de saluer. Vous ne manquez d’ailleurs pas une occasion de le faire, monsieur le Président, et de vous en attribuer le mérite, faisant vôtre le vieux slogan publicitaire un peu désuet “Ça vous plaît, c’est moi qui l’ai fait”.

Mais, si vous le permettez, rendons à César ce qui appartient à César. La bonne santé du marché immobilier est avant tout la conséquence de l’attractivité de la Métropole, attractivité sur laquelle les politiques menées par notre collectivité -on vient de le voir- ont certes une influence mais qui vient bien après d’autres facteurs tels la situation géographique et bien sûr le dynamisme de nos entreprises. A ce titre, je tiens à saluer les chefs d’entreprises de la Métropole qui au quotidien innovent, investissent, produisent et se démènent pour faire vivre et prospérer des entreprises dont le Gouvernement que vous avez porté aux affaires -vous aurez remarqué que je n’ose plus dire que vous soutenez- pénalise chaque jour, depuis trop longtemps maintenant, l’action et le développement.

Mais pour juger de votre action à la tête de la Métropole, monsieur le Président, je préférerai -vous m’en excuserez- m’appuyer sur des faits plutôt que des classements plus ou moins fiables. Par exemple, il est intéressant de noter que la part des entreprises venant de l’extérieur de notre

Métropole et y ayant pris à bail des locaux en 2015 est de l’ordre de 10 % ; ce niveau, modeste à première vue, est d’après vos services le niveau moyen constaté en France dans les agglomérations de taille comparable. On est étonné, à entendre votre discours, que vous puissiez vous satisfaire de cette normalité.

Quel plus bel indicateur d’attractivité en effet que ce taux qui reflète une réalité, le nombre d’entreprises ayant fait le choix de venir s’installer dans notre Métropole.

Concernant le logement, dont le niveau soutenu doit également être salué, il convient aussi d’être prudent.

Nombre d’analystes estiment en effet que le niveau historiquement bas des taux d’intérêts constaté en 2015 et amplifié sur 2016 participe en grande partie à la bonne santé de ce marché. Un retour à la hausse même minime pourrait avoir des conséquences immédiates et douloureuses sur l’ensemble du marché, dont on sait qu’il reste très fragile.

Enfin, ce rapport est l’occasion pour le groupe Les Républicains et apparentés de vous rappeler une fois encore que votre approche purement comptable de la production de logements est une approche dangereuse. Combien de fois vous ai-je dit qu’au-delà du nombre de logements produits, leur localisation, leur typologie doivent respecter les grands équilibres de notre agglomération ? Combien de fois vous a-t-on dit que, dans trop de cas, les équipements publics indispensables à ces nouveaux logements devaient être anticipés ? Et l’élu du huitième arrondissement que je suis parle de ce problème en connaissance de cause.

Et puisque nous parlons d’équilibre et pour finir sur une note positive, monsieur le Président, je voulais vous apporter tout notre soutien dans le bras de fer qui vous oppose à madame le Maire de Vénissieux. Limiter la production de logement social dans les zones déjà fortement pourvues relève en effet du bon sens. Vous y êtes revenu il y a quelques minutes en parlant de ségrégation sociale -j’ai noté votre mot-. C’est une position que j’ai défendue à de nombreuses reprises -et je vous invite à reprendre mes précédentes interventions- ; je me réjouis que vous l’ayez reprise à votre compte et vous invite également à la mettre en application partout sur l’agglomération, et notamment à Lyon où malheureusement trop souvent votre politique comptable vous amène à construire des logements sociaux dans des zones déjà pourtant fortement pourvues.

Je vous remercie.

Marché de l’immobilier métropolitain