Intervention de Stéphane Guilland
  • (Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Nous parlons ici d’un quartier qui s’appelle le Grand Trou, vous me permettrez de continuer dans la veine d’humour qu’a attaqué Pierre Hémon, en disant qu’il est peu probable, en allant d’un point A à un point B, qu’on passe par ce quartier, tant il est aujourd’hui isolé de notre agglomération. Peu sur nos bancs connaissent, je pense, ce quartier plutôt bien nommé et pourtant, ce sont 15 000 habitants qui y habitent. Pierre Gouverneyre tout à l’heure parlait des habitants de Curis, je ne pense pas que les habitants du quartier du Grand Trou aient moins d’importance que ceux de nombre de communes de la Métropole. Depuis de nombreuses années, monsieur le Président, ce quartier est un quartier abandonné, tant des politiques de la Ville de Lyon que des politiques de la Métropole. Malheureusement, en février 2019, il a été victime d’un drame, un incendie criminel, qui a vu la mort d’une femme enceinte et de sa fillette de quatre ans. Ce drame a vraiment ému le quartier et, au-delà, tout l’arrondissement et la Ville de Lyon. À partir de là, tout ce que Lyon et la Métropole comptent d’élus et de politiques se sont penchés au chevet du quartier, comme on rend visite à une vieille tante hospitalisée et la délibération que nous avons aujourd’hui, malheureusement, est partielle, insuffisante et tardive et ne peut être, à elle seule, une réponse aux problématiques du quartier. Cette délibération de voirie, pour un peu plus de 1 M€ est, monsieur le Président, une délibération hors PPI. Nombre de Maires sur ces bancs apprécieront qu’on puisse dégager en urgence, 1 M€ hors PPI pour aménager des voiries. Je pense que cela a été évoqué ce matin mais je pense également qu’il faut mettre tout cela en perspective. En 2014, un certain Gérard Collomb avait un projet qui s’appelait “Aimer Lyon” en 400 pages. Je vous invite à vous plonger dans les pages 258 et 259 qui faisaient de ce quartier du Grand Trou une priorité pour les politiques publiques. Il est vrai qu’à l’époque, ce projet rassemblait beaucoup de monde sur nos bancs. Aujourd’hui, c’est une réalité plus compliquée. Six ans après, nous sommes bientôt en 2020, il est temps de faire le bilan : qu’est-ce qui a été fait sur les promesses qui étaient dans ce projet 2014 ? Rien, rien, à part les éléments privés ! Je pense au PUP (projet urbain partenarial) de Saint Jean de Dieu, au PUP Givaudan et au PUP Patay. En revanche, toutes les promesses sur des politiques publiques n’ont pas été tenues et ont été reportées ou seront reportées au mandat prochain. Nous avons beaucoup parlé, pendant notre Conseil, des projets ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Il est vrai que les projets ANRU sont importants, nous les connaissons bien dans le 8ème arrondissement et nous avons la chance, je dirais, de les voir s’appliquer. Ces projets ANRU, malheureusement, quand on les rapporte à des quartiers comme le Grand Trou, ne peuvent que nous laisser penser que la politique publique est malheureusement aujourd’hui à deux vitesses et que ces quartiers sont les délaissés de notre agglomération. Et puis enfin, je voulais mettre cette délibération en perspective, avec les propos qu’on a pu entendre sur Moncey, tout à l’heure, dans la bouche de madame Panassier ou de monsieur Le Faou. Monsieur Le Faou nous parlait d’honnêteté intellectuelle, je pense qu’il va falloir qu’on y vienne. Quand madame Panassier et monsieur Le Faou nous disent que ce qui se passe à Moncey n’est pas grave et qu’on en fait des tonnes, voire même qu’on en fait des tonnes à but électoral, je pense qu’il faut remettre en perspective, une fois encore, avec les propos qu’a pu tenir Pierre Bérat en Conseil d’arrondissement ou en Conseil municipal, à propos de Moncey, ou les propos que j’ai pu tenir à propos du Grand Trou en Conseil d’arrondissement ou en Conseil municipal. C’est bien d’en tenir compte et de ne pas attendre qu’un drame se produise pour réagir. Pour autant, les habitants du Grand Trou et l’élu du 8ème arrondissement que je suis se réjouissent que, enfin, nous ayons la volonté d’investir dans ce quartier. Je vous remercie.
Lyon 8e – Quartier Grand Trou