Monsieur le Président, chers collègues, l’objet de mon intervention n’est pas de
revenir sur le sujet global de la ligne C3, nous avons déjà beaucoup disserté, les travaux ont débuté et il faut
maintenant que leur réalisation se passe dans les meilleures conditions. A titre personnel et avec les élus de mon
Conseil, nous avons beaucoup oeuvré dans l’accompagnement humain de tous les interlocuteurs impactés par
les travaux, y compris pour des interlocuteurs du troisième arrondissement.
D’un tempérament plutôt pragmatique, nous n’allons pas utiliser ce sujet pour faire de la politique mais plutôt pour
chercher des arguments afin d’apaiser de nombreuses inquiétudes. Nous sommes bien conscients qu’il fallait
faire quelque chose sur cet axe. Après, effectivement, entre le moment où on a décidé et le moment où cela a
démarré, cela a été un peu pénible.
Le projet de délibération du Conseil d’aujourd’hui nous rappelle que cette ligne est inscrite au plan de
déplacements urbains depuis 1997, soit dix ans avant le raccordement de la ligne 1 et de la ligne 51. Je vous
précise de nouveau ces quelques éléments pour vous confirmer que nous étions tous d’accord pour une
reconfiguration complète de la ligne C3.
Nous avons plusieurs fois eu l’occasion, à la fois au Conseil municipal de la Ville de Lyon et dans cet hémicycle,
de préciser que nous n’étions pas favorables à ce projet. Compte tenu de l’évolution du territoire métropolitain
depuis vingt ans, des nouveaux aménagements déjà planifiés -je parle du secteur Part-Dieu, par exemple, où il y a de nombreux projets, de la rue Garibaldi qui est en cours d’achèvement, la réhabilitation des blanchisseries des
HCL ; enfin, je passe tous les projets qui sont autour de cet axe et je parle du secteur de la Ville de Lyon mais
pas des autres Communes- et des besoins futurs identifiés sur cette ligne, il était à mon avis urgent de réfléchir
plus globalement.
Donc on peut aussi regretter que, sur la partie de trajet la concernant, la Ville de Lyon n’a pas bénéficié de
budgets complémentaires pour l’aménagement autour de ces travaux alors que d’autres Communes ont pu
obtenir des financements métropolitains sur ce sujet. En résumé, nous avons tous les impacts sur la Ville de
Lyon, négatifs pour le moment, financiers, structurels, humains, logistiques et environnementaux, et pas la plusvalue
espérée.
J’espère que vous n’oublierez pas de revoir le sujet de la place de l’Europe notamment, puisque nous avons la
base de vie qui s’installe. C’était de longues discussions. Nous avons fini par accepter pour faciliter ce chantier
mais il faudra tout de même aussi penser à rénover cette place qui, pour le moment, est toujours un parking
payant qui ressemble à un terrain vague.
Alors, bien sûr, le savoir-faire du SYTRAL et de la Métropole nous permettra de réaliser correctement cet
aménagement et l’ensemble des intervenants fera tout son possible pour tenir les objectifs annoncés de ce projet.
Mais, sur le fond, quand on décide d’un projet trop tard ou plus adapté aux nouveaux besoins, à son
environnement ou tout simplement à son évolution future connue, alors on sera forcément en décalage. Les
collectivités n’ont plus les moyens aujourd’hui de financer des projets court-termistes. Nous devons avoir une
vision à vingt ans.
Monsieur le Président, vous qui êtes un philosophe averti, je vous propose cette citation de Gaston Berger, en
cette veille de vacances, qui illustre bien la problématique en question : “Demain ne sera pas comme hier. Il sera
nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer”.
C’est pour toutes ces raisons que nous voterons contre ce projet.
Je vous remercie.

Ligne C3