Laurence FAUTRA est intervenue en conseil de la Métropole du 17 septembre 2018 au sujet des subventions sur le patrimoine et le devoir de mémoire.

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Mon intervention portera sur deux points distincts.

D’abord sur un plan de gouvernance, cette délibération prévoit encore une fois une nouvelle délégation de vote à la Commission permanente.

Nous avons bien noté que cette délégation ne concerne que la répartition d’une faible somme votée en faveur de la fondation du patrimoine qui proposera une liste de particuliers pour les aider dans la rénovation de leurs bâtiments.

Mais la question de gouvernance de notre institution ne se mesure pas au regard du montant de la subvention déléguée, il s’agit bien d’une position de principe. En refusant de respecter la diversité de la représentation politique au sein de cette commission vous avez confisqué notre droit de vote et de contrôle sur les politiques métropolitaines. C’est un choix antidémocratique des membres de votre majorité et nous le combattons.

Nous vous demandons donc un vote dissocié pour cette délégation de compétence à la Commission permanente.

Mon deuxième point concerne vos choix politiques d’aide aux associations de la Mémoire et plus particulièrement la subvention de 15 000 € au Centre national de la mémoire arménienne. C’est peu au regard de la dimension de notre Métropole de Lyon, soit 59 communes et un budget de 3,4 milliards d’euros.

C’est même faible si on compare ce montant à ce qui est accordé par la Région ou même la commune de Décines-Charpieu, dont je suis maire, ou celle de Meyzieu. Pour rappel, la région donne 45 000 €, la ville de Meyzieu apporte son soutien à hauteur de 10 000 € et notre seule commune octroie une subvention de 20 000 €, si nous devions comparer le pourcentage de cette somme au regard de nos deux budgets de fonctionnement, Monsieur le Président, cette fois c’est la commune que je représente qui gagnerait face à la Métropole !

Car si le CNMA est basé à Décines-Charpieu sa dimension métropolitaine ne fait aucun doute.
Son action de transmission de la mémoire d’un peuple ayant souffert fait aussi partie de l’histoire et du patrimoine de notre Métropole, notre Région et même de la France par la reconnaissance du génocide arménien.

Le travail du centre a aussi une portée internationale et il participe à la renommée de notre territoire et à son ouverture aux autres cultures. En cela il est aussi un facteur de communion des communautés, d’intégration et donc participe à la création de notre cohésion nationale.

Vous nous proposez lors de ce conseil de voter de sommes bien plus importantes pour des projets certainement tout aussi pertinents mais de dimension moindre. Comme je l’ai fait l’année dernière, j’attire encore votre attention sur le CNMA et vous invite à mieux étudier et à mieux connaître son travail afin d’envisager pour l’année prochaine une subvention plus en adéquation avec la portée de l’association.

Laurence FAUTRA – Patrimoine et devoir de mémoire