Intervention de Laurence Balas lors du conseil de la Métropole de Lyon du 27 avril 2018 à propos du GIP Maison métropolitaine de l’emploi

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Vous nous demandez d’approuver la modification du GIP Maison Lyon pour l’Emploi en GIP Grand Lyon insertion pour l’emploi.
Quelques remarques sur ce GIP qui s’insère dans le PTI qui fait lui-même partie du PMI’e. Avec en parallèle la gestion du RSA. Il faut presqu’un lexique métropolitain pour comprendre de quoi il s’agit et ce document est très technocratique, malgré toute la bonne volonté mise certainement à sa rédaction.

Cette proposition arrive après 2 ans de discussion, la reprise de la gestion du FSE par la Métropole et la fin en décembre 2018 des conventions pluriannuelles des 3 PLIE existants à ce jour.

Vous souhaitez donc créer une structure métropolitaine coordonnant les acteurs de l’insertion sur le territoire au service de l’emploi. C’est bien.
Vous avez décidé, après quelques hésitations, de vous appuyer sur une structure existante et qui fonctionne : bravo ! Il aurait été déconcertant de repartir de 0. Comme membre depuis 10 ans du conseil d’administration du GIP actuel, je peux témoigner des efforts qui ont été faits année après année pour optimiser sa gestion en mutualisant peu à peu les actions avec l’association ALLIES qui porte le PLIE de Lyon et la Mission locale de Lyon.

Une direction commune a été mise en place et la dernière étape de ce processus a été le déménagement dans un même lieu l’an dernier. Un partenariat de gestion avec Sud Ouest Emploi fonctionne bien depuis plusieurs années maintenant. Un gros travail a également été fait pour tisser des liens de confiance dans la durée avec les entreprises employeuses du territoire.

Cependant à la lecture du document, un regret et quelques questions auxquelles il faut nous apporter réponses :
Un regret: la sortie de la Mission locale de Lyon et de l’association ALLIES du tour de table du GIP. On va donc défaire ce qui a été construit mais j’espère que cette habitude de travail en concertation avec les autres acteurs de l’insertion perdurera et se développera à l’échelon métropolitain.

Et des questions :

1/ – La place des communes
Vous souhaitez lancer ce GIP avant de savoir vraiment combien de communes vont participer. Et pourtant leur poids global est déjà déterminé : 12% du total des voix pour l’ensemble des communes (hors Lyon) alors que la Métropole aura 48% des voix. Elles sont aujourd’hui 17. Seront-elles diluées par l’entrée de nouvelles communes ? Jusqu’à quand les autres communes peuvent-elles faire acte de candidature ?
Quel sera leur pouvoir de décision dans cette nouvelle gouvernance ?
Les actions d’insertion doivent être mises en place au plus près de leurs bénéficiaires avec des problématiques différentes selon les territoires. Il est important de ne pas perdre en efficacité en s’éloignant du terrain.
Quelles relations également avec les communes qui resteront hors du dispositif ?

2/ – La gouvernance
Attention également à ne pas recréer d’usine à gaz comme c’est souvent le cas dans notre pays : dans votre présentation en commission développement économique, vous parlez d’un bureau stratégique aux contours encore incertains sur lequel s’appuierait le PTI. Nous comprenons qu’il se placerait au niveau des CTM avec un membre par CTM. Comment ce membre sera-t-il choisi ? Quel pouvoir et quelles relations avec le GIP ? Ce n’est pas clair.

3/ – L’articulation insertion et RSA
La distribution du RSA et l’accompagnement de ses bénéficiaires reste une organisation distincte des actions d’insertion proprement dites menées par le GIP. Il est important à la fois que ces 2 circuits communiquent entre eux mais aussi que les actions menées par le GIP continuent à s’adresser à un public plus large que les seuls bénéficiaires du RSA comme c’est le cas jusqu’ici dans les PLIE (à Lyon 42% des bénéficiaires du PLIE seulement touchent le RSA).

4/ – Le financement
Comment sera financé ce GIP ? Aujourd’hui, c’est essentiellement la Ville de Lyon et l’Etat qui, s’il semble accepter de maintenir son financement pour la fin 2018, doit se retirer complètement de toutes les maisons de l’emploi en 2019 comme annoncé lors de la loi de finances pour 2018 que les parlementaires siégeant sur les bancs de votre majorité ont approuvé. Avez-vous des engagements qui permettraient de penser le contraire ?
La Ville de Lyon participait pour 55% au budget. Demain la Métropole aura 48% des voix : quel budget, quelle contribution de la Métropole ?

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La gestion du FSE vous le savez est délicate : elle entraine des décalages de trésorerie importants (près de 2 ans). Le GIP actuel avait fait le choix de ne pas porter de salariés en direct. Il semblerait que vous souhaitiez faire différemment. Aussi attention à garder une structure souple et agile qui peut évoluer rapidement pour être toujours réactive et efficace quelle que soit l’évolution des différents financeurs et des politiques publiques.
Nous sommes donc plutôt favorables à voir ce GIP entrer en action mais nous serons attentifs à sa gouvernance.
L’objectif visé étant l’insertion dans l’emploi du plus grand nombre de nos concitoyens en particulier ceux qui en sont le plus éloignés et c’est une mission essentielle.

Laurence Balas intervient sur le GIP