Monsieur le Président, Mes chers collègues,
 
Oui Monsieur Brumm, (je m’adresse à vous puisque les présidents ont changé durant ce mandat mais que le responsable des finances est resté le même),
Vous avez respecté vos engagements vis à vis de l’Etat puisque vous faites même mieux que demandé : dépenses de fonctionnement contractualisées –1,37% au lieu de +1,19% demandé. Ouf ! Vous dites avoir fait de gros efforts mais en réalité  si les dépenses réelles de fonctionnement baissent d’un petit 1%, les charges à caractère général augmentent de +1,37% soit plus que la contractualisation, et les dépenses de gestion des services sont également en légère hausse.
 
La diminution constatée ne provient que de la baisse des charges financières et exceptionnelles. Pas de la gestion de l’organisation elle même. Même si la stratégie financière est importante, beaucoup d’interrogations demeurent en cette fin de mandat sur la façon dont vous avez construit et géré cette Métropole depuis 2015 
 
Depuis 2015 notre discours a été le même : faute d’avoir pris le temps de réfléchir à l’organisation proprement dite et au delà des belles formules comme allier « l’humain et l’urbain », c’est encore et toujours une impression de navigation à vue qui domine. Je le disais déjà en 2015, vous avez décidé d’augmenter les impôts (par sécurité) sans savoir ce que vous alliez faire en face. Sans véritable projet. Monsieur Collomb, dans une interview donnée au Progrès ce week-end, c’est la première chose dont vous parlez : les rentrées fiscales en hausse !
 
Puis vous avez géré l’urgence : règlement de la dette toxique héritée du département et de son ancien président, Michel Mercier, hausse galopante des prestations sociales à verser : celles ci représentent 32% des dépenses réelles de fonctionnement contre 28% en 2015 (prestations RSA, dossier des MNA dont vous dites dans la même interview, qu’il doit être géré par le ministre de l’intérieur : un peu cocasse !). Dans le même temps les compétences originelles de la Métropole étaient un peu laissées de côté. Le lancement de la PPI a pris beaucoup de retard et même si vous avez pris conscience de cette situation et qu’une accélération est visible ces derniers mois, le retard pris ne sera pas rattrapé et conduit par ailleurs à une surenchère sur les factures par des entreprises débordées.
 
La Métropole consacre aujourd’hui plus de budget (730 M euros) en dépenses sociales (en fonctionnement) qu’en investissement structurants (659 M euros : autorisations de programme de dépenses tous budgets confondus.)
 
 
 
En terme d’organisation, vous avez repoussé l’harmonisation des régimes indemnitaires pour éviter les sujets qui fâchent (c’est en train de se faire) et vous n’avez pas construit une véritable stratégie RH pour faire travailler ensemble 2 collectivités aux habitudes et secteurs d’intervention différents. Résultat : des services qui restent encore 4 ans après côte à côte plutôt que les uns avec les autres. C’est une source de coûts et de tensions.
 
Un rapport récent du Sénat sur la création de la Métropole montre également que vous n’avez pas transféré tous les personnels prévus du Département à la Métropole (cela a été une source d’économie à court terme mais aussi de frustration et de moindre efficience dans la durée). Aujourd’hui vous accordez des primes pour compenser mais cela ne règlera pas tout et ne remplacera pas une véritable réflexion sur l’organisation des moyens humains.
 
Les mutualisations promises tardent à se mettre en place et ne suivent pas une stratégie précise : les 2 principales:
 

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Le rapprochement des antennes solidarités du CCAS Lyon avec les Maisons de la Métropole (MDM) en 2018 mais pas de retour encore sur cette expérience tout comme celle de Feyzin.
 

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La MMIE en 2019. Décidée soudainement en 2018, elle se construit pas à pas et c’est un beau défi (je le dis d’autant plus que j’y participe avec beaucoup d’intérêt). Je pose cependant la question : si le PLIE Uni Est n’avait pas eu les problèmes que l’on connaît, est-ce qu’elle serait née aussi rapidement ? et là aussi, elle a été lancée sans véritablement maitriser tous les paramètres, un peu comme un saut dans le vide.
 
En commission finances, il a été dit par vos services que l’utilité de la Métropole a été d’assurer la pérennité du financement des dépenses sociales assurées historiquement par le Département et moi j’ajoute, de préserver l’avenir de Michel Mercier et de trouver une porte de sortie pour des dossiers épineux comme la gestion de la dette toxique ou le musée des Confluences. C’est certes une raison mais je ne trouve pas très enthousiasmant comme ambition de se dire que nous serions le département de France le plus solide financièrement (après la Haute-Savoie). Le rapport du Sénat dit d’ailleurs clairement que le modèle lyonnais n’est pas reproductible tant il a été taillé sur mesure.
 
La construction de cette Métropole s’est donc faite un peu au jour le jour sans vision sans direction. Vous allez dire que je vois les choses en noir (et je ne nie pas qu’un énorme travail a été réalisé depuis 2015) mais un des grands enjeux du mandat prochain sera de réellement mener à bien cette construction. Avoir une vision et se donner les moyens pour y arriver, ce sera l’enjeu. Que veut-on pour notre Métropole en 2030, 40 ?
 
Au risque de devenir une grosse machine administrative sans lisibilité et sans utilité pour nos concitoyens, la Métropole à construire devra être non pas un département financé mais vraiment une collectivité avec une mission, des objectifs et une méthode de travail.
 
Quels sont les sujets prioritaires ? Comment travailler dans l’efficacité et garder la proximité ? Autant d’enjeux passionnants à traiter sous le prochain mandat faute d’avoir été traités sous celui-ci.
 
Ce CA 2018 comme les précédents, ne nous semble pas avoir préparé cet avenir proche et plus lointain. C’est pourquoi nous voterons contre.
Laurence BALAS – Compte Administratif 2018