Monsieur le Président, mes chers collègues,

Voici donc le second budget de notre collectivité qui porte votre marque, Monsieur le Président, et c’est aussi en quelque sorte le dernier du mandat de cette majorité constituée en 2014.

Et ce budget, nous avons envie de le qualifier d’artificiel.

Artificiel, parce qu’en termes de fiscalité vous affichez une progression de recettes inférieure à 2% contre environ 3% les années précédentes. Chiffre que l’on retrouve si on met les recettes de Taxes d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) au même niveau que l’an passé.

Par crainte d’être amené désormais à rembourser les plaignants vous préférez vous mettre au diapason des exigences du juge administratif en diminuant cette taxe de 21 M€ (112 M€ contre 133 M€). Mais pendant des années, votre prédécesseur a préféré ignorer les décisions de justice et continuer à ponctionner toujours plus les Grands Lyonnais selon son mantra désormais bien connu « ça ne fait que quelques euros de plus ».

Parallèlement les autres recettes fiscales (hors TH et TF) explosent tout bonnement en grande partie avec les droits de mutation ou frais de notaires qui passent de 199 M€ au budget 2015 à 327 M€ au budget 2019. On pourrait se dire, c’est bien c’est de l’argent qui rentre pour la collectivité, mais c’est un raisonnement à courte vue, car si ces droits augmentent cela signifie un renchérissement du coût de l’immobilier dans notre agglomération et donc des difficultés supplémentaires pour certains de nos concitoyens à se loger. C’est aussi une recette très volatile qui peut varier fortement selon la conjoncture.

Mais nous craignons que certaines recettes soient surestimées comme celle de la taxe de séjour par exemple. Samedi après après-midi, la cohue s’est encore installée en centre-ville et cela a évidemment des conséquences sur l’activité touristique comme cela a été déjà le cas en 2018. Il y a un risque réel pour l’attractivité de notre métropole. Sans compter les impacts sur les commerces en cette période de soldes alors même que leur activité de décembre avait déjà été chaotique.

Artificiel, votre budget car vous présentez une baisse des dépenses de fonctionnement d’un peu plus de 1%. Nous étions plein d’espoir, nous pensions que vous aviez enfin décidé de couper dans des dépenses inutiles comme l’appartement de la Métropole louée rue de Villersexel à Paris dont le coût est de plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année (25 K€/mois de loyer et charges) et dont vous avez reconnu l’autre jour lors d’une interview au Figaro, qu’il ne servait plus à grand chose en l’état.

Mais non, ce n’est pas cela ! Il s’agit juste d’un transfert des subventions aux ZAC qui passent du budget de fonctionnement vers celui d’investissement. Autrement, nous serions plutôt en hausse d’un demi-point. Un avantage à ce tour de passe-passe, celui de sortir ces sommes du périmètre de la contractualisation. Nous espérons que ceci vous permettra au moins de venir en aide à notre collègue Xavier ODO qui se démène avec le déficit de 1,6 M€ de la ZAC de Chantelot, héritage de son prédécesseur,… comme du vôtre, Monsieur le Président !

Evidemment ce budget est également la traduction de l’échec des politiques gouvernementales et notamment la politique de maîtrise de l’immigration, celle de celui qui à l’automne déclarait « J’ai quitté la place Beauvau car je considérais que ma mission était terminée ». Conséquence : la politique publique « enfance et famille » bondit de plus de 23% en dépenses de fonctionnement (+ 29,43 M€), bond dû en très grande partie à l’accueil des mineurs non accompagnés (MNA). Mais cet échec politique a d’autres effets néfastes comme celui de l’embolisation de nos structures d’hébergement d’urgence et nous sommes ainsi lancés dans une fuite en avant sans que nous puissions voir une quelconque issue.

Artificiel toujours votre budget à travers ses investissements car si vous affichez une meilleure prise en compte de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), c’est du trompe-l’œil compte tenu de votre taux habituel de réalisation et du retard pris dans l’exécution de cette même PPI, vous ne pourrez pas atteindre vos objectifs. D’ailleurs à l’heure où la mobilité est une question récurrente, que constate-t-on ? Des dépenses d’investissement sur cette politique publique en baisse de près de 17% (- 32 M€)…

Enfin, ce budget ne répond toujours pas aux promesses initiales de la Métropole à savoir comme le déclarait son premier président en décembre 2014 « une plus grande efficacité pour aboutir à des redéploiements et générer des économies ».

Voilà, Monsieur le Président, les quelques remarques que nous souhaitions faire sur votre proposition de budget sur lequel nous nous opposerons.

Je vous remercie.

Laurence BALAS – Budget primitif 2019