LYON CAPITALEL’élection de la commission permanente de la nouvelle permanente a permis à Gérard Collomb de renforcer sa majorité en s’ouvrant à un élu UMP et à d’autres partenaires politiques jusqu’à présent à la frontière de son exécutif. Philippe Cochet, président du groupe UMP, a dénoncé des “débauchages”.

L’histoire retiendra que les premiers votes de la métropole auront été consacrés à des questions très politiciennes  : l’élection de la commission permanente, cinquante élus qui ont un pouvoir délibératif supérieur aux autres conseillers métropolitains. Cette distinction a mis le feu aux poudres. La proposition de Gérard Collomb faite à tous les présidents de groupe d’intégrer la commission permanente et par conséquent l’exécutif n’a pas été entendue par tous. Le Gram de Nathalie Perrin-Gilbert, les communistes de Vénissieux, l’UDI ou l’UMP ont ainsi refusé.

Et Philippe Cochet, président du groupe UMP s’en est expliqué dans une longue charge contre Gérard Collomb et sa gouvernance de la toute nouvelle métropole  : “quel décalage entre les grands discours et la réalité. D’un côté on présente une réforme politique sans précédent (…) et on s’attendait à vivre dans une assemblée de projet. D’un autre côté, chacun d’entre nous vit en fait la réalité de cette enceinte qui se contente d’être une chambre d’enregistrement et de gestion des aspects techniques”.

Il critique surtout les “débauchages” d’élus de centre-droit qui intègrent la nouvelle commission permanente  : “vous n’hésitez pas à flouer les intérêts des communes et des habitants pour vous assurer une majorité politique qui vous maintienne dans vos fonctions. Vous maniez les majorités politiques comme un réseau hiérarchisé où l’allégeance doit remplacer les convictions et où l’intérêt général a perdu toute sa place. Car malheureusement on achète les voix par une promesse d’investissement sur une commune ou pire par une pression en laissant entendre que la programmation d’investissement pourrait être moins intéressante si on ne vote pas votre budget”.

Le retour d’un UMP dans l’exécutif

Philippe Cochet a étayé son raisonnement en avançant que les élus de la commission permanente verront leurs indemnités passer de 1100 euros à 2400 euros. Une assertion contestée par des élus de la majorité. Philippe Cochet a ensuite essayé de semer la zizanie dans la majorité de Gérard Collomb en affirmant que le président du Grand Lyon aurait pu évincer certains vice-présidents pour faire de la place à des élus UMP. Une charge violente qui avait aussi vocation à atténuer le fait qu’un membre de son groupe avait accepté, comme lors du mandat précédent, de rallier Gérard Collomb.

Et le député-maire de Caluire et président du groupe UMP de conclure  : “avec l’élection à venir de la commission permanente nous verrons se poursuivre le mariage de la carpe et du lapin. Tant mieux pour vous, cela vous assure une stabilité politique qui vous permettra encore de décider et d’agir sans contre-pouvoir. Tant pis pour les habitants de la métropole qui ont déjà vu que la grande ambition réformatrice s’est muée en une petite coopérative de gestion publique dont les relents d’une organisation pensée comme sous la IIIe République permettront à chacun de ronronner dans le marasme d’un consensus sans ambition”.

Les prises de guerre

Parmi les nouveaux élus de la commission permanente, Gérard Collomb fait entrer des élus de certains groupes qui se trouvaient en lisière de sa majorité comme Thérèse Rabatel (conseillère lyonnaise), Nathalie Frier (maire divers droite de Saint-Fons), Émeline Baume (conseillère lyonnaise Europe Écologie-Les Verts). Pour certains socialistes qui n’avaient pas obtenu de délégations en avril dernier, la constitution de la commission permanente s’apparente aussi à une session de rattrapage  : Georges Kepenekian, Thomas Rudigoz, Anne Brugnera. Le 26 janvier, une dizaine de ces élus pourraient devenir des conseillers délégués.

La charge de Philippe Cochet contre Gérard Collomb
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