Monsieur le Président, je souhaite intervenir sur la vie de notre collectivité et je vous remercie de m’en laisser l’opportunité en début de ce Conseil.

Ce qui m’amène à parler de la Métropole est un constat que nous avons fait à l’issue des nombreuses cérémonies de vœux auxquelles nous avons tous assisté et aussi de l’actualité politique, notamment en perspective des élections nationales à venir, en 2017.

Chacun sait que la vie des collectivités n’est pas un long fleuve tranquille et que l’unité politique n’est pas toujours aisée à construire. Pour autant, il y a un devoir quand on gère une collectivité, c’est celui de respecter les citoyens dans la mise en œuvre des décisions pour lesquelles on s’est engagé en sollicitant leurs suffrages.

A l’occasion de ces cérémonies de vœux, nous avons entendu de manière quasi unanime, dans les Communes des élus membres du groupe Synergies-Avenir, des critiques fortes sur la gouvernance de notre collectivité. Si je ne cite que le premier d’entre eux, le Président Marc Grivel, il évoquait votre choix du futur mode électoral de la Métropole en ces termes -je cite- : “injuste et inacceptable”. Et il décrivait avec lucidité votre méthode de travail imposée pour 2020, sans concertation, dans le secret des Ministères parisiens et Cabinets lyonnais -je pense qu’il parlait du vôtre-.

Nous parlons de la quasi-unanimité des communes de Synergies-Avenir car il est vrai que certains membres n’oseront pas apporter de critiques aussi ouvertes car, malgré les engagements d’exclusion de toute logique partisane, les accointances politiques ont repris le dessus mais ce ne sont pas les seules.

Dans une interview récente, Jean-Paul Bret nous disait tout et son contraire sur la majorité politique à la Métropole. Parlant des membres de son groupe, il explique -je cite- : “Nous faisons partie de la majorité et nous n’avons jamais fait défaut.” Mais de quelle majorité parle-t-il ? Alors qu’il ne peut pas soutenir quelqu’un comme monsieur Macron qui se dit ni de droite ni de gauche mais des membres de son groupe peuvent le faire, à côté de membres du groupe Socialistes et républicains métropolitains ; mais faut-il encore l’appeler Socialiste ? Comprenne qui pourra car, comme l’écrit l’académicien Jean d’Ormesson, entre l’électeur de gauche et l’électeur de droite qui vote pour monsieur Emmanuel Macron, l’un des deux sera forcément cocu.

Cela rappelle un vote qui s’est tenu en 2014 dans cet hémicycle. Les électeurs de la droite et du centre s’en souviennent encore. C’est de la tambouille politique et ce ne serait pas grave si elle n’avait pas d’incidence sur les orientations de la Métropole. Sauf qu’aujourd’hui, la composition des groupes politiques et de la majorité donne une image désastreuse de l’engagement politique au service des citoyens.

Personne ici ne peut définir ce que sont les valeurs et les convictions qui portent votre soi-disant majorité de projets. Pour voter les projets un par un, on trouvera toujours des majorités de circonstances. Notre groupe y participe car nous ne faisons pas d’opposition systématique. Nous votons de nombreux projets proposés par l’exécutif lorsque nous estimons que ceux-ci vont dans l’intérêt des Grands Lyonnais.

Mais sur quel modèle d’organisation territoriale la majorité actuelle est-elle d’accord ? Le vôtre, monsieur Collomb, qui veut faire des Communes des arrondissements de la Métropole ? Celui du groupe Synergies-Avenir qui veut retrouver le scrutin électoral de la Communauté urbaine ? D’ailleurs, nous avons lu avec intérêt le Manifeste des 30 présenté lors des vœux du groupe Synergies-Avenir et les nombreuses signatures d’élus de cette assemblée qui siègent à vos côtés. Nous avons noté le soutien de l’association des Maires de France à cette démarche et nous nous étonnons d’ailleurs de ne pas avoir vu la signature de notre collègue communiste, monsieur Martial Passi, pourtant Vice-Président de l’Association des maires de France.

Quelle répartition de la population, des logements et des services ? Quelles orientations de développement économique ? Quelle priorisation dans le développement des transports collectifs ? Quelle politique culturelle au- delà des frontières de la ville centre ? Quel équilibre de l’action sociale pour favoriser les territoires les plus touchés par le déclassement économique ? Rien n’est défini, rien n’est débattu.

Aujourd’hui, les Grands Lyonnais sont floués. On a voulu leur faire croire qu’il existait une majorité de projets qui dépasserait leur positionnement politique. Or, cette majorité d’intérêt général n’existe plus. En revanche, on se complaît dans les petites logiques partisanes, derrière des paravents de charte ou de ligne pseudo-politique que l’on affiche mais que l’on troque contre un strapontin.

Notre collectivité gagnerait à assumer un vrai engagement politique qui puisse définir une stratégie claire et transparente du développement de notre territoire. Dans l’attente -et le Conseil d’aujourd’hui en est la preuve désolante avec le budget 2017 et le rapport sur le déclassement -, nous allons poursuivre nos votes à la petite semaine.

Nous avons une autre ambition au service des habitants de la Métropole de Lyon et, pour cela, nous voterons comme toujours pour que nos actes en cohérence avec nos paroles. Il nous semblait utile de le rappeler en ce premier Conseil de l’année 2017.

Une Métropole, pour quoi faire ?